Les deux producteurs laitiers ont fait analyser la moulée et ont constaté une contamination avec un agent antibiotique toxique pour les vaches.

Deux fermes ébranlées par une moulée contaminée

Des producteurs de lait de Saint-Flavien dans Lotbinière et de Saint-Anselme poursuivent l'entreprise qui leur a livré une moulée contaminée, la tenant responsable, pour l'un, de la mort de 13 de ses 45 vaches, et pour l'autre d'une grosse baisse de production.
Le 28 février 2014, l'entreprise Alfred Couture ltée de Saint-Anselme livre plus de 4000 kg de moulée à la Ferme B.D. d'Yves Bédard à Saint-Flavien. Le vendeur de produits alimentaires pour animaux fait une autre livraison de 5000 kg le même jour à la Ferme François Rouillard, qui s'est depuis fusionnée à la Ferme Montherri de Saint-Anselme.
Dès le lendemain, après avoir commencé à manger la moulée, les vaches d'Yves Bédard ont des symptômes qui inquiètent les producteurs laitiers; fièvre, perte d'appétit, diarrhée. Les pattes des vaches montrent des signes d'inflammation et leur lait devient grumeleux.
À la Ferme François Rouillard, les vaches goûteront à la nouvelle moulée seulement le 7 mars. Le lendemain, les animaux refusent de manger, restent couchés au sol et boudent le robot de traite. La production laitière va chuter drastiquement au cours des jours suivants, allègue-t-on dans la poursuite déposée en Cour supérieure cette semaine.
À Saint-Flavien, la situation est encore plus dramatique; malgré les soins des vétérinaires, plusieurs vaches dépérissent à vue d'oeil, décrit-on dans la poursuite.
Les deux producteurs laitiers font analyser la moulée et constatent une contamination avec un agent antibiotique toxique pour les vaches, allèguent-ils dans leur poursuite. 
Ils alertent rapidement le vendeur de moulée. L'entreprise Alfred Couture ltée remplace la moulée chez Yves Bédard le 4 mars. 
Décès et encan
Mais le mal était fait, disent les producteurs laitiers. À Saint-Flavien, 13 des 45 vaches sont mortes des suites de la contamination, allègue-t-on. Les autres ont été vendues à l'encan, car elles ne produisaient plus de lait.
Yves Bédard allègue que la perte de son troupeau lui a causé des dommages de plus de 100 000$, dont moins de la moitié étaient couverts par les assurances. Il réclame aussi les pertes d'exploitation, les frais de vétérinaire et des dommages pour le stress et les inconvénients pour lui, sa conjointe et son fils, soit un total de près de 200 000$.
À la Ferme François Rouillard de Saint-Anselme, le producteur note une baisse de la quantité de lait, des problèmes de mammites (inflammation de la mamelle) et de reproduction.
Au fil des mois, François Rouillard a dû acheter plusieurs vaches pour tenter de maintenir la production.
Au total, François Rouillard et la Ferme Montherri évaluent les dommages à un peu plus de 80 000$.