Deux commerces de jardinage en procès pour production de «pot»

Les policiers n'ont trouvé aucun plant de «pot» en fouillant les boutiques Hydrobec et Hydro Rive-Sud. Pas davantage chez le patron ou les employés. Mais tout ce beau monde subit son procès pour production de cannabis par complicité parce qu'ils ont vendu de l'équipement et des engrais en plus de prodiguer des conseils.
Le projet Moisson de la Sûreté du Québec a germé à l'été 2013 lorsque des sources codifiées et des producteurs de marijuana se sont mis à nommer les commerces d'équipements de jardinage Hydrobec du parc industriel Jean-Talon et Hydro Rive-Sud, à Lévis, comme fournisseur de matériel et même de boutures de plants de cannabis.
L'enquête n'a pas été très compliquée. Les policiers se sont tout simplement mis à surveiller chaque voiture qui arrivait et repartait, le coffre plein, des deux commerces.
Lorsqu'ils arrivaient à une adresse, les policiers vérifiaient avec Hydro-Québec s'il y avait une surconsommation d'électricité, indice de la présence d'une serre hydroponique.
Cette filature ainsi que le travail de trois agents d'infiltration a permis aux policiers de mener 35 perquisitions en mai 2014 et d'arracher 11 000 plants de cannabis, en plus de 150 kg de cannabis.
Le propriétaire des deux commerces Dany Belley et ses trois employés Mathieu Deblois, Jonathan Dion et Tommy Chouinard ont été arrêtés ce jour-là.
Louis-Philippe Gingras a été arrêté un mois avant la rafle finale. Le restaurateur de 33 ans avait eu l'idée - «pour faire de l'argent» - de monter une serre dans le sous-sol de sa luxueuse maison de Stoneham. Il a fait pousser 1700 plants de cannabis dans cinq pièces.
Gingras s'est d'abord équipé dans un commerce des Laurentides. Puis, après avoir fait une recherche sur Internet, il a visité Hydrobec où, à environ 5 reprises, il s'est procuré de coûteux engrais et divers équipement. 
Production artisanale
Louis-Philippe Gingras payait comptant - «pour ne pas laisser de traces sur mon relevé de carte de crédit» - et s'arrangeait pour repartir le plus vite possible, avec sa marchandise bien emballée dans des boîtes en carton. «Je ne voulais pas être vu sur place, j'ai des commerces», témoigne-t-il, d'une voix étouffée. 
Lorsqu'il avait des questions, les employés d'Hydrobec étaient là pour le conseiller, affirme-t-il.
L'homme de 33 ans a plaidé coupable pour la production de cannabis et recevra une peine de deux ans moins un jour de prison. 
Le procès des deux entreprises, de leur propriétaire et des quatre employés est prévu pour deux semaines.