Spartacus Miclescu, 36 ans, et sa femme Valoerea Mitita, 33 ans, résidents de la région de Toronto, sont débarqués à Québec en mars 2017 avec des sacs pleins de bijoux rutilants.

Des Roumains coupables d'avoir vendu des bijoux en toc à Québec

Le Canada est une terre d’accueil pour les réfugiés politiques. Mais en retour, les Canadiens s’attendent à ce que les migrants fassent preuve d’honnêteté. C’est le message que le juge Jean Asselin voulait passer à un couple de Roumains coupables d’avoir vendu des bijoux en toc à des gens de Québec.

Spartacus Miclescu, 36 ans, et sa femme Valoerea Mitita, 33 ans, résidents de la région de Toronto, sont débarqués à Québec en mars 2017 avec des sacs pleins de bijoux rutilants.

Ils ont d’abord ciblé un chauffeur de taxi en lui confiant qu’ils n’avaient plus d’argent pour faire le plein. Miclescu offre de vendre deux bagues et une chaîne dorée pour 250 $. Le chauffeur de taxi négocie pour 200 $ et donne la somme au couple.

Il se rend compte rapidement que les bijoux sont faux.

Le couple répète son manège quelques jours plus tard à Sainte-Foy avec une dame d’origine marocaine. La plaignante expliquera aux policiers qu’au Maroc, il est coutumier d’acheter des bijoux en or. La dame, mise en confiance par le couple, finit par se rendre avec eux au guichet automatique et va acheter pour 660 $ de bijoux qu’elle croit en or véritable. Elle réalise qu’elle a elle aussi été flouée.

Un troisième plaignant sera abordé par le couple de réfugiés roumains. Cette fois-ci, Miclescu et Mitita affirment qu’ils ont besoin d’argent pour aller en Californie.

Charitable, l’homme offre 20 $ au couple. Spartacus Miclescu se fait soudainement autoritaire, prend le cellulaire de sa victime et réclame plus d’argent.
Terrorisée, la victime va remettre 100 $. Le couple de réfugiés veut le convaincre d’acheter, pour 10 000 $, un sac de bijoux qui en vaudrait 30 000 $.

Les Roumains vont amener leur victime jusqu’à la banque, où l’homme réussira à demander de l’aide. Les réfugiés ont été arrêtés peu de temps après par les policiers de Québec.

Ils ont plaidé coupable cette semaine à une accusation de fraude de moins de 5000 $ et d’intimidation.

L’avocat des Roumains, Me Vincent Montminy, et la procureure de la Couronne Me Geneviève Bédard ont proposé à la cour une peine de six mois moins un jour à purger dans la collectivité.

Ce châtiment permettra au couple, en attente d’une audience pour demander l’asile politique au Canada, de préserver son droit d’appel.

Avec une peine de détention plus lourde, ils auraient perdu toute chance de pouvoir demander la révision d’une décision de la commission sur le statut de réfugié.

Miclescu et Mitita, parents de deux enfants, seront assignés à domicile durant la première moitié de leur peine. Ils auront l’interdiction de revenir à Québec et ont remboursé les victimes.

Le juge Jean Asselin de la Cour du Québec a accepté cette proposition de peine, clémente, mais non déraisonnable, a-t-il estimé. Par le biais de l’interprète, il a servi un message aux deux accusés.

«La société canadienne est une société accueillante et tolérante pour des gens d’origine étrangère qui vivent des difficultés et qui sont souvent des réfugiés politiques, a fait remarquer le juge. Lorsque la société accueille ces migrants, la société est en droit de s’attendre à ce qu’ils se conforment aux valeurs de notre société. Et l’une de ces valeurs est l’honnêteté.»