Les constables spéciaux du palais de justice de Québec seront équipés de téléavertisseurs leur permettant de recevoir le signal de détresse envoyé par un juge ou une greffière.

Des «boutons panique» au palais de justice

Toutes les salles d'audience du palais de justice de Québec viennent d'être équipées d'un «bouton panique» qui permettra à la greffière ou au juge d'appeler des renforts en cas de grabuge, a appris Le Soleil.
La plupart des journées se déroulent placidement dans une salle de cour, avec l'ennui comme principale menace.
Mais il suffit d'un accusé ulcéré de la peine qu'on lui impose, d'un autre qui veut s'enlever la vie ou d'un troisième qui fait un malaise cardiaque pour que tout bascule. Et dans ces moments, l'unique constable spécial présent dans une salle d'audience peut avoir besoin de l'aide de ses collègues. Rapidement.
Et comme, en pleine intervention, il peut être difficile pour le constable spécial d'appeler des renforts, la greffière et le juge pourront désormais le faire grâce aux nouveaux boutons, en fonction depuis lundi dans toutes les salles d'audience, au criminel comme au civil. Un bouton vert pour les cas d'assistance et un bouton rouge pour les cas d'urgence.
Le signal est aussitôt transmis par téléavertisseur à tous les constables spéciaux sur le plancher avec le numéro de salle d'audience et le niveau d'alerte.
Technologie en place à Montréal
Au palais de justice de Montréal, la technologie a été implantée il y a déjà quelque années et fonctionne généralement bien, indique Frank Perales, président du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec. 
À Montréal, les constables spéciaux reçoivent en moyenne une ou deux alertes par semaine grâce aux «boutons panique». Leur délai d'intervention varie entre 30 et 45 secondes.
L'agent Perales voit surtout la pertinence des «boutons panique» dans les salles d'audience où sont entendues les causes civiles et matrimoniales, souvent lieu de vives tensions. «Comme il n'y a pas de constables spéciaux dans ces salles, c'est là qu'il faudrait mettre les boutons en priorité», estime-t-il.
Le Syndicat des constables spéciaux craint encore qu'avec l'ajout des boutons panique, le gouvernement en vienne à retirer les agents de la paix des salles d'audience. 
Jusqu'à maintenant, la magistrature s'est toujours farouchement opposée au retrait des constables spéciaux et même à leur remplacement par des agents de sécurité.
En plus d'assurer la sécurité, le constable spécial a pour tâche de veiller au respect du décorum dans la salle d'audience.
Le MSP muet
Au ministère de la Sécurité publique, chargé de la sécurité dans les palais de justice, on refuse de dévoiler le moindre iota d'information concernant l'ajout des boutons d'assistance à Québec. 
Impossible donc, pour l'instant, de savoir combien a coûté cette technologie aux contribuables, qui en avait fait la demande à l'origine et si d'autres palais de justice de la province en seront équipés.