L'accusé avait été formé comme émondeur par Hydro-Québec. Il grimpait dans les poteaux avec des grappins et un harnais de sécurité pour couper les fils électriques et les voler.

D'émondeur pour Hydro à voleur de fils électriques

Formé par Hydro-Québec à titre d'émondeur sous-traitant, Yves Joncas a décidé d'utiliser ce savoir-faire pour participer activement à un réseau de malfaiteurs qui dérobait des fils de cuivre aux installations de la société d'État.
Joncas, un résidant de Saint-Patrice-de-Beaurivage, recevait sa peine mardi au palais de justice de Québec après avoir plaidé coupable à des accusations de vol, méfait, possession de stupéfiants et possession d'une arme prohibée.
La juge Réna Émond a imposé une peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité à l'homme de 42 ans qui disait avoir commis les crimes par appât du gain afin de nourrir sa famille durant une période de précarité financière.
La juge a tenu compte des regrets et des remords exprimés par Joncas, du fait que ses derniers antécédents judiciaires remontaient à plus de 20 ans et de son emploi actuel dans une entreprise d'arboriculture pour justifier la peine dans la collectivité assortie de 240 heures de travaux communautaires.
Il avait joint le réseau dirigé par son cousin Daniel Miville, également émondeur et âgé de 44 ans, en 2014. Ce dernier a écopé de 29 mois et 20 jours de prison après avoir plaidé coupable dans ce dossier en mars 2015.
Très dangereux
Joncas avait réalisé à lui seul près du quart des vols attribués au réseau. Il grimpait dans les poteaux d'Hydro-Québec avec des grappins et un harnais de sécurité, coupait les fils électriques et les volait alors que d'autres personnes se chargeaient de les détorsader pour les revendre. 
«Ce n'est pas n'importe qui qui peut faire ça!» a fait remarquer l'avocat de la Couronne, Me François Godin. «Monter dans les poteaux et couper les fils, c'est extrêmement dangereux. Ça prend une formation et il a été formé par Hydro-Québec. C'est Hydro-Québec qui l'a formé et lui a montré comment faire.»
L'avocat estimait que les facteurs de dénonciation et de dissuasion justifiaient une peine d'emprisonnement ferme. «Il y a maintenant 100 000 $ de pertes associées aux six vols que M. Joncas a commis, et c'est la société qui paie pour tout ça. Il faut montrer que si vous avez une capacité particulière, vous devez vous en servir à bon escient et non pas pour commettre des crimes.»
Joncas avait été arrêté en novembre 2014 après une enquête de plusieurs mois de la Sûreté du Québec qui avait permis de démanteler un réseau de vol de cuivre qui comptait sept malfaiteurs et dont les principaux acteurs étaient originaires de Saint-Patrice-de-Beaurivage.
Le réseau avait été actif pendant une période de neuf mois dans Lotbinière, de même que dans les régions de la Beauce et de Thetford Mines, réalisant 26 larcins. Les malfaiteurs visaient principalement les installations d'Hydro-Québec et auraient ainsi causé des pertes de plus d'un demi-million de dollars à la société d'État en additionnant la valeur des fils et les coûts de reconstruction du réseau.
La juge Émond a également fait remarquer les dangers de dommages matériels et de chocs électriques causés par les vols de fils, notant que plusieurs fils de mise à la terre avaient été dérobés par le réseau. «M. Joncas a démontré un mépris flagrant pour sa vie et celle d'autrui. Il aurait dû savoir les dangers de tels gestes, vu sa formation», a-t-elle souligné.