Délai refusé à un accusé souffrant d'une maladie incurable

La juge Johanne Roy a refusé vendredi la demande de l'avocat d'un sexagénaire accusé de conduite avec facultés affaiblies, qui souhaitait que la cause de son client atteint d'une maladie incurable soit remise dans un an.
En janvier 2014, Daniel Grenier, 60 ans, avait reçu un diagnostic de fibrose pulmonaire, une maladie dégénérative très grave lui laissant de trois à cinq ans à vivre s'il ne reçoit pas une greffe des poumons. L'accusé vit également un grand stress lié à sa condition médicale et aux procédures judiciaires et s'était écroulé il y a quelques semaines avant sa comparution.
Grenier étant toujours absent pour des raisons de santé, son avocat, Me Sarto Landry, aurait voulu que la cause soit remise à dans un an. «Il se pourrait alors qu'il ait reçu un nouveau poumon. Présentement, il est incapable de travailler et passe ses journées couché. On pourrait reporter au moins un an pour voir ce qui va arriver ou peut-être qu'il ne sera plus sur la carte», a-t-il plaidé.
Demande jugée exagérée 
Même si elle a démontré de la compassion envers Grenier, indiquant que sa situation était critique et qu'elle ne souhaitait pas contribuer à augmenter son stress, la juge Roy a tout de même souligné que la demande de l'avocat était exagérée.
«Un an, c'est déraisonnable», a-t-elle déclaré, notant au passage l'arrêt Jordan alors que la cause de Grenier est au rôle depuis novembre 2015. «Une façon de soulager Monsieur de son grand stress ne serait-elle pas de régler le problème?» a-t-elle poursuivi.
Alors que la Couronne, représentée par Me Jean-Simon Larouche, était prête à procéder, la juge a finalement fixé une date en octobre pour le dépôt des requêtes préliminaires et une autre en novembre pour leur audition.