Audrey-Anne Bourgoin, 17 ans, a été happée mortellement par une camionnette sur le boulevard Sainte-Anne le 31 juillet 2017.

Décès d'une piétonne sur le boulevard Ste-Anne: pas un suicide, dit le coroner

Le coroner Luc Malouin a écarté la thèse du suicide dans le dossier d’Audrey-Anne Bourgoin, cette adolescente de 17 ans heurtée à mort par une camionnette sur le boulevard Sainte-Anne, à L’Ange-Gardien, le 31 juillet 2017.

«Il n’y a aucun élément au présent dossier qui me laisse penser qu’il pourrait s’agir d’un geste volontaire. Audrey-Ann Bourgoin allait bien, et il n’y a pas d’élément récent dans sa vie qui indique qu’elle aurait voulu y mettre fin», écrit le coroner Malouin dans son rapport rendu public jeudi, tout en précisant que l’adolescente est décédée d’un «polytraumatisme consécutif à un accident de la route».

Audrey-Anne Bourgoin avait passé la soirée du 30 juillet avec des amis dans une résidence située près du boulevard Saint-Anne, à L’Ange-Gardien. Le coroner précise que l’adolescente avait consommé des boissons alcoolisées et qu’elle «supportait très mal l’alcool». 

Vers 1h, le 31 juillet, le groupe d’amis est allé dormir au sous-sol de la maison, à l’exception d’Audrey-Anne Bourgoin, qui est demeurée dans la salle de bains «car elle disait se sentir mal», rapporte le coroner. 

Vers 3h, un de ses amis s’est réveillé. Ne trouvant plus Audrey-Anne, il a fait le tour de la résidence, pour constater la présence de véhicules d’urgence sur la route devant la demeure. Audrey-Anne Bourgoin venait d’être heurtée par un véhicule.

Audrey-Anne Bourgoin

L’enquête policière a révélé que le conducteur d’une camionnette avait frappé accidentellement Audrey-Anne Bourgoin vers 2h, alors que l’adolescente était au sol. 

«Le conducteur n’a jamais réalisé qu’il s’agissait d’une personne. Croyant avoir frappé un animal, il s’est arrêté plus loin et est revenu sur les lieux pour vérifier le tout et dégager la route. C’est à ce moment qu’il a réalisé qu’il venait de frapper une personne. Il a stationné son véhicule de façon à protéger le corps et a demandé des secours», relate le coroner Malouin.

Toutefois, quelques secondes après le premier impact, un deuxième véhicule a frappé Audrey-Anne Bourgoin, mais ne s’est jamais arrêté. «Les policiers ont retracé le conducteur de ce deuxième véhicule, et ce dernier a expliqué avoir cru qu’il s’agissait d’un animal gisant sur la chaussée. C’est la raison qu’il a donnée aux policiers pour ne pas s’être immobilisé après l’impact», rapporte encore le coroner. 

L’investigation n’a pas permis d’expliquer pourquoi l’adolescente était au sol au moment où elle a été heurtée mortellement. «Il est possible qu’elle ait décidé de retourner à son domicile, car, pour ce faire, elle devait traverser le boulevard Sainte-Anne et s’engager sur la rue Casgrain. Est-elle tombée sur le sol accidentellement à cause de son état d’intoxication? A-t-elle eu un malaise quelconque dû à son intoxication? Il est impossible de le dire», écrit le coroner Malouin.

Les analyses toxicologiques ont révélé un taux d’alcoolémie de 186 mg/dL. La présence de quelques traces de médicaments a été détectée, mais sans lien avec le décès. «Aucune autre substance ou drogue usuelle d’abus n’a été relevée», précise le coroner. 

Une marche silencieuse s'était tenue à L'Ange-Gardien quelques jours après le drame pour rendre hommage à la jeune victime.