La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a annoncé mardi la reconduction du protocole nommé Parentalité-Conflit-Résolution, qui permettra à 80 familles à haut risque de conflit d’obtenir l’aide de psychologues.

De l’aide pour les familles déchirées

Au lieu de s’entre-déchirer en salle de cour, les parents à haut niveau de conflits recevront davantage d’aide pour recoller des morceaux de famille brisée et protéger les enfants.

La ministre de la Justice Stéphanie Vallée, ancienne avocate en droit de la famille, a annoncé mardi la reconduction dans le district judiciaire de Québec d’un protocole nommé Parentalité-Conflit-Résolution et un investissement de 180 000 $. Au moins 80 familles seront admissibles.

Le protocole est né modestement à Québec en 2015 d’un projet-pilote imaginé en chambre familiale à la Cour supérieure. Une dizaine de familles, volontaires et accompagnées d’avocats, ont pu bénéficier d’accompagnement et d’aide psychologique. 

La Cour supérieure avait sélectionné les familles aux prises avec les plus graves conflits et assigné un même juge à chaque famille pour décider des ordonnances de garde et des autres mesures légales.

Cette nouvelle façon de faire permet de minimiser les procédures judiciaires et de raccourcir les auditions, estime le juge en chef associé Robert Pidgeon. Et surtout de mettre des petits à l’abri, ajoute le juge Pidgeon, en perdant son proverbial sourire.

«J’ai parlé à des juges qui ont rendu des décisions sur des gardes d’enfant dans des cas où les parents se sont suicidés avec un ou des enfants, relate le juge Pidgeon. Pour un juge, c’est dévastateur. Donc, si on est capable par le travail qu’on fait, avec l’aide des psychologues et des chercheurs, de sauver un ou deux enfants, ça va faire mon bonheur.»

Reprise de contact

La ministre Vallée dit avoir été impressionnée de constater la reprise de contact entre les enfants et les parents qui ont participé au protocole. Grâce à l’aide des psychologues, les parents ont appris à développer des relations axées sur la coopération et non sur la confrontation.

Ce protocole destiné aux familles à haut niveau de conflit pourrait s’exporter ailleurs au Québec, a indiqué la ministre Stéphanie Vallée, sans en faire un engagement formel.

+

COUPABLE DE MENACES ET DE HARCÈLEMENT INCESSANT ENVERS SON EX

Les menaces et le harcèlement d’Alain Chenel envers son ex-conjointe tiennent sur 260 pages de messages-textes. Sans compter les CD des conversations téléphoniques et les appels via Facetime. 

«J’ai péché par excès», a laissé tomber l’homme de 42 ans, en plaidant coupable mardi devant le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec.

Après avoir entretenu une liaison extraconjugale, Chenel s’est séparé, à l’été 2016, de sa conjointe des 10 dernières années, mère de ses deux filles. Pour expliquer le contexte acrimonieux, il a dit avoir à cette époque perdu la garde de ses enfants.

Les mois de harcèlement qui ont suivi, entre avril et novembre 2017, montrent que l’individu sans antécédent judiciaire n’a jamais accepté la rupture.

«Si tu ne reviens pas en famille avec moi, je te tue de mes propres mains, a dit Alain Chenel. Tes enfants, tu ne les auras plus, je vais te les enlever.»

Durant des jours, l’ex-conjointe s’est fait insulter et menacer. «Si tu continues comme ça, il ne t’en reste pas long à vivre». «Ça ne me dérange pas de faire de la prison.» «Même si je suis à Las Vegas, j’ai juste un téléphone à faire et quelqu’un va te faire la peau.» «Dans six mois, un an, 10 ans, c’est sûr que tu vas crever ma tabarnak.» «Je suis en train de tout démolir dans la maison et après, ce sera toi.» La Couronne a lu les principales menaces pendant près de 30 minutes.

Identifié à Guy Turcotte et à Ugo Fredette

Alain Chenel s’était identifié à l’ex-cardiologue Guy Turcotte, qui a assassiné ses deux enfants après une rupture, disant le comprendre même si lui n’irait jamais aussi loin.

Chenel avait aussi envoyé à son ex-conjointe des coupures de presse relatant la cavale d’Ugo Fredette, accusé notamment du meurtre de sa conjointe, du meurtre d’un témoin et d’avoir enlevé un enfant de six ans lors d’une interminable fuite.

L’ex-conjointe avait si peur qu’elle a rédigé une déclaration assermentée pour relater toutes les menaces subies. Malgré sa crainte des représailles, elle a fini par porter plainte en novembre 2017. Chenel a été arrêté et est demeuré détenu durant les procédures, un juge estimant qu’il représentait un trop grand risque.

Aujourd’hui, au moment de recevoir sa peine, l’accusé se montre repentant. Il reconnaît le harcèlement, mais l’attribue en partie au sevrage d’antidépresseur et au fait que son ex-conjointe ne respectait pas leur entente.

L’accusé a déjà purgé l’équivalent de 12 mois de détention provisoire. Son avocat, Me Stéphane Harvey, estime que le juge devrait imposer quatre mois supplémentaires. La procureure de la Couronne Me Geneviève Blouin réclame la confection d’un rapport présentenciel avant l’imposition de la peine pour mieux cerner l’individu.