Le palais de justice de Québec
Le palais de justice de Québec

De la désinformation à la menace de mort

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Adam Petitclerc est le parfait exemple d’un homme désinformé par les réseaux sociaux. C’est son avocat qui le dit.

Petitclerc, 35 ans, de Québec, installe des équipements d’air climatisé. Il traîne quelques antécédents criminels, mais rien de trop majeur.

À l’automne 2018, il devient de plus en plus irrité par tout ce qu’il lit sur Facebook sur des crimes commis par des immigrants, illégaux ou non. Ce qui le choque surtout, c’est la façon dont les grands médias négligent ces histoires.

Il atteint le sommet de sa colère le 3 septembre 2018, lorsqu’il lit à propos d’une adolescente canadienne d’origine chinoise qui aurait été violée et tuée près de Vancouver un an plus tôt par un réfugié d’origine syrienne.

Message à TVA Nouvelles

Adam Petitclerc va saisir son clavier et écrire un mot sur le Messenger de TVA Nouvelles, une boîte courriel privée. Il demande pourquoi les médias ne rapportent pas, selon lui, les crimes commis par des immigrants et par des musulmans. Le traitement médiatique serait le même si lui se mettait à «égorger», selon son expression, des musulmans. L’internaute va aussi en appeler à la démission du premier Justin Trudeau, qui permet, ajoute-t-il, l’arrivée de migrants.

Le réseau de télévision va dénoncer les propos à la police et Petitclerc sera arrêté quelques jours plus tard.

Il a plaidé coupable en mai à une menace de mort envers un groupe identifiable, à savoir les musulmans. Adam Petitclerc a depuis fait une thérapie fermée pour régler un problème d’alcool.

Il dit avoir compris que ses propos, même s’ils n’étaient pas sur un site public, étaient inacceptables. Il admet qu’il manquait d’information et ne sait pas, par exemple, quelles vérifications sont faites par les autorités avant de permettre à un immigrant d’entrer au Canada.

Son avocat Me Serge Matte voit son client comme l’illustration malheureuse de ce qui se passe sur les réseaux sociaux «où tout le monde lit un peu n’importe quoi et croit n’importe quoi». L’avocat de la défense demande au juge de surseoir au prononcé de la peine.

La procureure de la Couronne Me Geneviève Baril s’inquiète du potentiel de récidive de l’individu et de la sincérité des remords. Elle suggère une peine de détention de 30 jours. Le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec rendra sa décision en mars.