Nadia Gagnon a plaidé coupable, au palais de justice de Mont-Joli, à des accusations d'avoir volontairement administré du poison à rat à son conjoint.

Coupable d'avoir administré du poison à rat à son conjoint

Nadia Gagnon a enregistré un plaidoyer de culpabilité, mardi, au palais de justice de Mont-Joli. La résidente de 37 ans de Métis-sur-Mer avait été accusée, en décembre, d'avoir volontairement fait prendre du poison à une personne avec l'intention de l'affliger ou de le tourmenter.
La femme et sa présumée victime, un homme de 42 ans, étaient en couple depuis près de neuf ans. Ils vivaient avec leurs enfants respectifs dans une maison qu'ils avaient louée à Métis-sur-Mer. L'homme prenait des médicaments depuis deux ans pour soigner son anxiété.
Dans les jours précédents les faits, Nadia Gagnon avait fait part à son conjoint qu'elle avait l'intention de le quitter. «Pendant qu'ils entraient du bois, l'homme a constaté, sur des planches de bois, la présence de poison à rongeurs, a relaté la procureure de la Couronne, Me Éliane Beaulieu. Deux jours après, en prenant sa médication, il remarque qu'elle était plus foncée que d'habitude. Il ouvre la pilule et remarque une substance brunâtre qui ressemblait au poison à rongeurs qu'il avait vu.»
«Rendu à la pharmacie, où travaillait d'ailleurs l'accusée, il lui fait croire qu'il a échappé ses pilules dans la toilette, continue l'avocate. Une fois dans son véhicule, il ouvre un comprimé et constate qu'il n'y a pas de substance brune à l'intérieur. Monsieur se rend consulter le médecin à l'urgence, qui lui confirme que les comprimés ne sont pas normaux et qu'il devrait dénoncer la situation à la police.» Nadia Gagnon sera arrêtée le 7 décembre par la Sûreté du Québec, puis remise en liberté sous certaines conditions.
Prélèvements sanguins
Ayant ingéré le médicament, le quadragénaire s'est soumis à des prélèvements sanguins. On lui a alors confirmé la présence d'une substance communément appelée «mort aux rats». Un chimiste du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale a décelé du rodenticide. 
Nadia Gagnon aurait fini par avouer son geste à son conjoint, en lui disant qu'elle savait que le poison à rat n'allait pas le tuer, mais seulement le rendre malade. Selon la Couronne, l'homme vit encore avec les conséquences de ce geste. «Ma cliente est sans antécédents judiciaires et elle reconnaît les faits», a précisé l'avocat de la Défense, Me Pierre Gagnon.
La juge Andrée St-Pierre a ordonné la confection d'un rapport présentenciel qui devra être déposé avant le 31 mai. Elle a fixé les représentations sur la peine au 7 juin.