Le 6 février dernier, Nadim Haj Hattab avait attaqué violemment les journalistes Martin Everell de TVA et Yannick Bergeron de Radio-Canada qui filmaient, à partir de la zone réservée aux médias, son arrivée à son procès pour agression sexuelle.

Coupable d'agression sur les journalistes

L'accusé hautement colérique Nadim Haj Hattab a plaidé coupable à des accusations de voies de fait sur des journalistes judiciaires et des constables spéciaux.
Vendredi, Nadim Haj Hattab, 42 ans, a été condamné à une peine de 23 mois de prison pour des agressions sexuelles commises sur trois des clientes de son salon de massage, à Sillery.
L'air abattu, il a décidé lundi de régler tous ses dossiers judiciaires.
Le 6 février dernier, Nadim Haj Hattab a attaqué violemment les journalistes Martin Everell de TVA et Yannick Bergeron de Radio-Canada qui filmaient, à partir de la zone réservée aux médias, son arrivée à son procès pour agression sexuelle.
Complètement hystérique, Haj Hattab a alors tenté d'arracher la caméra portable du journaliste de TVA. Yannick Bergeron a dû le maîtriser avant l'arrivée des constables spéciaux. Haj Hattab a réussi à lancer le téléphone cellulaire du journaliste de Radio-Canada quatre étages plus bas.
Les deux journalistes d'expérience sont ressortis ébranlés de l'événement. «Maintenant, quand je vois quelqu'un d'agressif, je n'hésite pas à demander aux constables de se tenir proche», a indiqué Martin Everell.
Des excuses
D'une voix faible, Nadim Haj Hattab a présenté ses excuses aux journalistes. L'homme a indiqué qu'il ne voulait pas les attaquer eux, mais bien la caméra.
Stressé au plus haut point par le début de son procès et par l'hospitalisation de ses poupons, Haj Hattab explique qu'il n'a pas été capable de se contrôler lorsqu'il a vu les journalistes le filmer.
La procureure de la Couronne Me Mélanie Tremblay a insisté sur le fait que les journalistes ne faisaient que leur travail. «Couvrir le palais de justice ne devrait pas inclure de se faire attaquer par du monde qui ne veulent pas se faire filmer, souligne Me Tremblay. Ce n'est pas un risque inhérent à la profession et ça ne fait pas partie de leur description de tâches.»
Haj Hattab a aussi plaidé coupable à une accusation de voies de fait et d'entrave au travail des constables spéciaux. 
Lorsque la juge Chantale Pelletier l'a déclaré coupable le 7 juillet, Haj Hattab a complètement perdu les pédales en salle d'audience et a dû être arrêté par les constables. Une constable a été projetée sur un banc par la chute de l'accusé.
Aux yeux de l'avocat de défense Me Jean Petit, Nadim Haj Hattab était à ce moment un homme en dépression majeure, dont le monde venait de s'effondrer. «Il répétait en langue arabe «ma vie est finie», rappelle Me Petit. Il faisait vraiment très pitié.»
L'avocat de défense a plaidé au juge Gilles Charest que la détention préventive (75 jours) de son client était suffisante pour le punir.
La procureure de la Couronne Me Mélanie Tremblay estime elle la peine juste à six mois moins la détention provisoire. Cette peine, dit-elle, doit être consécutive à la peine de 23 mois pour les agressions sexuelles.
Le juge Gilles Charest fera connaître sa décision le 5 octobre.