La Cour d'appel a pris en délibéré la demande présentée par l'ex-policier de Saguenay André Simard.

Coupable d'agression sexuelle, l'ex-policier Simard plaide une «chasse aux sorcières»

La Cour d'appel a pris en délibéré la demande de second procès ou d'acquittement présentée par l'ex-policier de Saguenay André Simard, déclaré coupable d'agression sexuelle sur six plaignantes et de deux trafics de stupéfiants.
L'avocat de Simard, Me Dominic Bouchard, a qualifié de «chasse aux sorcières» l'enquête de la Sûreté du Québec mise en branle après la dénonciation de la première plaignante. «Le mode de vie désinvolte et les valeurs parfois élastiques de M. Simard ont fait de lui une cible à rayer des forces de l'ordre, a plaidé Me Bouchard dans son mémoire présenté aux trois juges de la Cour d'appel. On a tout fait pour l'accuser et pour retrouver le plus de victimes possible.»
Selon l'avocat de la défense, le juge du procès Rosaire Larouche a commis plusieurs erreurs et a été plus sévère à l'endroit de son client en raison de son travail de policier.
Les infractions reprochées, des attouchements, des baisers et des gestes de nature sexuelle jusqu'à la sodomie, sont sans lien avec l'ancien travail d'André Simard, insiste son avocat. Les infractions sont survenues en 2009 et en 2010 le plus souvent dans des bars, chez le policier ou sur son ponton, au lac Kénogami. 
Le juge de première instance a erré en ne tenant pas suffisamment compte du contexte festif des rencontres entre Simard et les jeunes femmes, allègue la défense.
Me Bouchard reproche aussi au juge Larouche d'avoir refusé à la défense la possibilité d'interroger les plaignantes sur leur comportement postérieur à l'agression sexuelle. Des jeunes femmes se sont notamment retrouvées dans un spa, en présence de Simard, en train d'avoir des relations sexuelles avec une tierce personne. 
La défense aurait ainsi été dans l'impossibilité d'attaquer plus à fond la crédibilité des plaignantes, soumet Me Bouchard.
Contre-interrogé durant trois jours par la Couronne lors de son procès, André Simard a expliqué chacun de ses comportements, prétend son avocat, et aurait dû soulever un doute raisonnable dans l'esprit du juge. «On peut trouver qu'il avait des comportements machos, cavaliers, prétentieux, mais lui, il se croyait légitimé d'embrasser, de toucher les fesses», dit Me Bouchard. 
Plusieurs corroborations
Du côté de la Couronne, Me Pierre Bienvenue a rappelé que si certains gestes de Simard avaient été acceptés par les plaignantes, elles avaient clairement mis leurs limites et exprimé des refus clairs à plusieurs occasions. La preuve contre l'appelant, pour plusieurs chefs d'accusation retenus contre lui est «accablante», estime le ministère public.
Contrairement à la majorité des dossiers d'agression sexuelle, où la parole de l'accusée est opposée à celle de la victime, la cause d'André Simard regorge d'éléments de corroboration, estime le ministère public. «Le juge Larouche a tenu compte de ces éléments de corroboration des témoins dans son jugement», note Me Mélanie Ducharme.
«L'appelant allègue une condamnation basée sur la soi-disant aversion du premier juge à son endroit et des préjugés défavorables, fait remarquer la Couronne dans son mémoire. Or, son narcissisme, qu'il a lui-même clairement établi en preuve, a un lien objectif avec son abstention à prendre les mesures nécessaires pour s'assurer du consentement : il en est l'explication vraisemblable.»
André Simard a été condamné en juin 2014 à une peine de détention ferme de deux ans moins un jour. Il est en liberté durant les procédures d'appel.