Le corps retrouvé le 30 novembre à Lac-Beauport est celui de Catherine Racine Ouellet.

Corps retrouvé à Lac-Beauport: une ex du principal témoin se confie

Une ancienne conjointe du principal témoin dans l'enquête sur le corps d'une femme retrouvé à Lac-Beauport a accepté de se confier au Soleil.
Annie (nom fictif) a partagé quatre ans de sa vie avec l'homme en question, de 2002 à 2006, et a eu trois enfants avec lui. Il avait déjà à l'époque quatre enfants d'une précédente union. 
Mais «ça s'est mal terminé...» dit-elle pour expliquer le fait qu'elle ait totalement coupé les ponts avec lui depuis cette période. «La dernière fois que je l'ai vu, c'était à la Cour», en 2013. 
Annie raconte qu'à ce moment, son ancien conjoint tentait d'obtenir la garde de son huitième enfant, celui conçu avec une nouvelle conjointe. L'enfant aurait finalement été placé en famille d'accueil par la Direction de la protection de la jeunesse.
Annie n'exclut pas l'hypothèse que le corps retrouvé cette semaine à Lac-Beauport puisse être celui de la troisième conjointe en question. Elle raconte avoir vu la femme en question une seule fois, lors du procès en 2013. «Elle semblait démunie, recroquevillée sur elle-même», se souvient-elle. Quant à son ancien conjoint, «je ne le reconnaissais plus, il jouait des personnages».
Avant ce procès, il aurait eu à céder la garde de ses sept premiers enfants à leur mère respective. C'est qu'«il n'a jamais pris soin de ses enfants», selon Annie. La première conjointe du principal témoin dans cette affaire a toutefois refusé de répondre aux questions du Soleil.
Tuer le chien devant les enfants
Annie admet avoir déjà subi les foudres de son ancien conjoint. «Il m'a déjà frappée... Après notre dernier enfant, c'est allé en augmentant.» Il n'aurait toutefois pas usé de violence physique à l'endroit d'un de leurs trois enfants, mais aurait tué le chien familial devant leurs yeux. 
À l'approche de leur rupture, «il écrivait des lettres au pape et le Saint-Esprit lui parlait», décrit-elle. «Il avait une double personnalité.» Il aurait même voulu «faire soigner par un gourou» leur troisième enfant, souffrant d'un retard mental important.
Même après la séparation, il aurait usé d'intimidation et de manipulation auprès d'Annie pour tenter d'obtenir la garde de ses enfants. À un certain moment, «j'ai appelé la police pour avoir de l'aide pour le faire soigner. La police est venue avec le centre de crise et ils l'ont amené à l'hôpital. Ils ont dit qu'il était borderline, mais qu'ils ne pouvaient pas le garder», dit-elle.
Lors du procès pour déterminer qui aurait la garde de leurs enfants, son ancien conjoint aurait toutefois déclaré au juge qu'il avait un diagnostic de bipolarité.
Annie précise qu'il est malgré tout «quelqu'un de très intelligent». Il a d'ailleurs déjà été à la tête d'un parti fondé par des fondamentalistes chrétiens.
Cette formation estime que la chrétienté et la langue française sont les deux bases de l'identité québécoise, et dit s'inquiéter de la disparition du peuple québécois causée par sa dénatalité. Le parti préconise notamment une protection de l'être humain «dès la conception» (en contradiction avec le droit canadien qui considère qu'un foetus est partie intégrante du corps de la mère). 
Avec Élisabeth Fleury