Est-ce «que ça dépasse les normes de l’acceptable? Est-ce que ça devient une obsession?», s'interroge le maire de Lévis à propos des contraventions remises à des automobilistes qui ont insulté un policier sur Facebook.

Contraventions pour avoir insulté un policier sur Facebook : abusif, selon Lehouillier

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a parlé d’une situation «qui lui apparaissait abusive» pour qualifier le cas de l’agent Ghislain Larose, qui a distribué des contraventions à des internautes qui avaient dit de gros mots à son endroit sur Facebook.

«Dans le cas qui nous concerne, j’ai demandé à notre chef de police de regarder ça. Même si je ne veux pas empêcher les policiers d’aller sur internet pour combattre le crime, on a ici une situation qui m’apparaît abusive. Il faut utiliser les lois, mais le faire dans le respect du citoyen», a commenté le maire en entrevue avec Le Soleil

Au moins trois internautes, dont deux qui ne résident même pas à Lévis, avaient utilisé des épithètes comme «épais», «mange-m....» et «chien sale» envers l’agent Larose sur Facebook. Ils ont reçu au cours des derniers jours des contraventions assorties d’amendes de 442 $ pour avoir injurié un policier dans l’exercice de ses fonctions ou en lien avec l’exercice de ses fonctions par des propos tenus sur internet ou sur les réseaux sociaux.

Surnommé «Monsieur Muffler» et bien connu des amateurs de véhicules modifiés, l’agent Larose est reconnu depuis plusieurs années pour remettre des amendes salées aux propriétaires de voitures dont le silencieux ou d’autres composantes ne sont pas conformes.

«J’ai demandé au chef de me faire dans les plus brefs délais un rapport sur le cas particulier d’un policier. On va regarder la méthode, la façon dont on fait les choses. Je veux m’assurer que les gestes posés se font dans le respect du citoyen», a expliqué le maire Lehouillier, indiquant que ce ne sont pas seulement les cas de contraventions concernant les commentaires faits sur internet qui seraient révisées.

«On se penchera sur l’ensemble de l’oeuvre, sur les comportements ou attitudes qui pourraient être contraires à ce à quoi on s’attend, pour vérifier s’il n’y aurait pas une forme d’abus ou de harcèlement envers une clientèle», poursuit M. Lehouillier, qui avait pourtant déjà défendu l’agent Larose par le passé.

«Oui, je l’ai déjà défendu. On reçoit beaucoup de plaintes pour le bruit et on ne peut empêcher un policier de faire son travail concernant les silencieux. Mais est-ce que ça dépasse les normes de l’acceptable? Est-ce que ça devient une obsession?», s’interroge le maire.

Politicien habitué à la problématique des commentaires parfois peu flatteurs sur internet, Gilles Lehouillier a avoué qu’il se posait également la question à savoir s’il était nécessaire d’avoir un règlement municipal interdisant les commentaires injurieux envers les policiers sur internet.

«Ça fait partie du questionnement. Il y a une différence entre dire de quelqu’un «Quel con!» ou le menacer avec des commentaires comme «je vais lui régler son cas». Est-ce qu’on doit vraiment aller aussi loin? Est-ce que de simples commentaires méritent qu’on soit aussi coercitif?» a-t-il conclu.