Le corps de Chantal Demers a été retrouvé le 11 mai 2015 dans un boisé de Saint-Raymond-de-Portneuf.

Condamné à 21 ans pour l'homicide involontaire de Chantal Demers

Chantal Demers avait une fille, une mère qui l’adorait, des frères. Puis, elle a croisé Victor Poirier, un homme qui s’est mis à la détruire jusqu’à commettre l’irréparable.

À quelques mois de son procès devant jury et après plusieurs négociations entre la défense et la poursuite, Victor Poirier, 49 ans, a plaidé coupable vendredi à une accusation d’homicide involontaire et de harcèlement à l’endroit de Chantal Demers, une femme de 46 ans de Saint-Patrice-de-Beaurivage. Il a aussitôt été condamné à une peine de 21 ans de pénitencier, avec interdiction de demander une libération conditionnelle avant 10 ans d’incarcération.

La frêle mère célibataire a rencontré Victor Poirier en mars 2015. Elle ignore que l’homme traîne un lourd passé de conjoint violent. Poirier a été condamné à cinq ans de prison en 2006 pour des sévices physiques et sexuels sur une femme de Trois-Rivières.

Bientôt, Chantal Demers n’a plus le droit d’utiliser le téléphone sans la permission de Poirier. Elle est battue sauvagement et menacée à plusieurs reprises.

Chantal Demers invente un code pour pouvoir avertir sa fille de 17 ans lorsqu’elle se sent en danger. «Monsieur avait pris le contrôle de la vie de cette femme-là», résume le procureur de la Couronne, Me Éric Beauséjour.

Le 3 mai 2015, la mère appelle sa fille, en panique. Poirier va rappeler un peu plus tard, en se faisant rassurant. La mère de famille ne sera plus jamais revue vivante.

Le 5 mai, des voisins de la rue des Bois-Francs à Lac-Saint-Charles, voient Victor Poirier et un autre homme transporter ce que la Couronne évalue être la dépouille enroulée dans une couverture. 

Victor Poirier sera arrêté le 8 mai dans un bois de Saint-Raymond-de-Portneuf alors qu’il est en train de brûler des vêtements.

Le corps de Chantal Demers sera retrouvé dans le même secteur trois jours plus tard.

La dame est toujours enroulée dans la couverture, le visage contre le sol, étendue dans un marécage et le corps partiellement couvert de feuilles.

Le rapport d’autopsie n’établira pas de cause exacte du décès. Le corps et le visage de Chantal Demers portaient de nombreuses marques de coups.

Pas d’intention de tuer

L’air placide dans le box des détenus, Victor Poirier a tenu à faire dire par son avocat, Me Julien Grégoire, qu’il n’avait jamais eu l’intention de tuer sa conjointe. Il sait toutefois qu’en raison de son passé, il n’aurait probablement pas été crû au procès. «Mon client assume ses responsabilités», a résumé Me Grégoire.

Vicky Vallières, la fille de Chantal Demers, sera habitée par la colère et la tristesse toute sa vie. «Les quatre mois de relation que Victor et ma mère ont eu ont été les pires de toute mon existence, a témoigné Vicky, dans une lettre lue au juge Serge Francoeur. C’est comme si à chaque fois qu’il nous permettait de nous revoir, je la perdais petit à petit. Comme si à force de se battre pour elle et encore beaucoup plus pour moi, elle s’effaçait de sa réalité.»

Victor Poirier a aussi plaidé coupable à des voies de fait commises sur trois autres conjointes, entre 2011 et 2015. Il a été condamné à une peine de deux ans, à purger de façon concurrente avec la peine principale.