Les deux adolescents arrêtés, qui font face à un total de 23 accusations, demeureront détenus, au grand soulagement des parents des six victimes potentielles.

Complot pour meurtre et viol: les ados accusés demeurent détenus

Les deux adolescents accusés pour un présumé complot de meurtre et d'agression sexuelle visant des élèves de leur école à Saint-Hyacinthe demeureront détenus jusqu'à la fin des procédures les visant.
La Cour a jugé vendredi, à l'issue de leur enquête sur remise en liberté et de deux évaluations psychiatriques, que les adolescents de 14 et 16 ans pouvaient représenter une menace pour la sécurité du public et que leur remise en liberté pourrait aussi avoir pour effet de miner la confiance du public face à la justice.
Les deux jeunes retourneront donc en garde fermée. Ils reviendront devant la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec la semaine prochaine afin de déterminer les dates pour la suite des procédures.
Les deux jeunes font face à un total de 23 accusations, dont complot pour meurtre, complot pour commettre une agression sexuelle et divers chefs liés à des voies de fait et à des voies de fait armées.
Ils subiront leur procès conjointement puisqu'ils sont coaccusés pour la plupart de chefs.
«On n'a pas demandé à ce que les jeunes soient assujettis à une peine pour adulte vu leur jeune âge, a expliqué la procureure de la Couronne, Me Véronic Champagne. Dans le cas présent ce serait une peine maximale de deux ans.»
Il y a, en tout, six victimes alléguées au dossier, selon les documents de la cour.
Me Champagne a indiqué que les parents de ces victimes potentielles étaient soulagés de voir que les deux jeunes accusés ne seraient pas remis en liberté.
Elle a dit ne pas s'attendre à des délais indus, et ce, même si la Chambre de la jeunesse est également assujettie à l'arrêt Jordan de la Cour suprême, qui impose désormais des délais stricts entre le moment de l'arrestation et la fin d'un procès.
Plus long que prévu
«On n'a pas les mêmes problèmes au niveau des délais en matière jeunesse. C'est beaucoup plus rapide», a-t-elle affirmé à l'issue de l'audience, précisant qu'un procès dès cet hiver était tout à fait envisageable.
«En matière jeunesse, c'est sûr que la célérité des procédures est très importante. Un adolescent doit avoir la conséquence de son acte le plus rapidement possible», a-t-elle rappelé.
L'enquête sur remise en liberté a toutefois exigé plus de temps qu'à l'habitude : en octobre dernier, le tribunal avait ordonné une deuxième évaluation psychologique plus approfondie des adolescents afin d'évaluer leur risque de dangerosité, évaluation qui avait été recommandée à l'issue d'une évaluation préliminaire réalisée par l'Institut Pinel.
Or, l'une des deux évaluations, celle du jeune de 16 ans, n'était toujours pas complétée à la mi-novembre, ce qui avait forcé un report de deux semaines, soit au 29 novembre, pour l'audition.
Les deux accusés ont été arrêtés le 14 septembre, après que la mère de l'un d'eux eut pris connaissance de leurs intentions sur le réseau social Facebook. Ils sont détenus en centre jeunesse depuis cette date.