Des secouristes semblent transporter un corps retiré des débris de l’avion qui s’est écrasé dimanche dans la rivière Hawkesbury, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sydney. À leurs côtés, un autre secouriste porte ce qui semble être une pièce récupérée de l’avion.

Comme l'écrasement d'Air Saguenay en 2015

Des médias britanniques ont fait des liens entre l’écrasement d’un De Havilland DHC-2 Beaver d’Air Saguenay en août 2015, qui avait notamment coûté la vie à quatre touristes britanniques, et un accident semblable, avec le même type d’hydravion, qui a causé la mort d’un riche Britannique et de sa famille en Australie le 31 décembre.

L’avion qui transportait Richard Cousins, directeur général du groupe britannique de restauration collective Compass, s’est abîmé dimanche dans la rivière Hawkesbury à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sydney, a rapporté l’Agence France-Presse.

Les corps du pilote et des cinq passagers de l’appareil ont été extraits des décombres. Parmi les victimes figurent Richard Cousins, ses deux fils âgés d’une vingtaine d’années, sa fiancée et la fille de 11 ans de cette dernière.

Les causes de l’accident ne sont pas connues et une enquête est en cours. Des témoins ont raconté avoir vu l’appareil, un DHC-2 Beaver, virer brusquement avant de tomber dans l’eau. Le propriétaire de l’appareil, Sydney Seaplanes, offrait des tours d’avion aux touristes pour faire découvrir les beautés de la grande ville australienne.

L’accident d’Air Saguenay s’était produit à la suite d’un virage brusque à basse altitude, alors que l’avion avait décroché et s’était écrasé contre le sol, faisant six victimes, dont le pilote. Il s’agissait également d’un vol touristique qui survolait le fjord du Saguenay. L’accident s’était produit au-dessus de la terre ferme près de Tadoussac, alors que le pilote avait voulu montrer de la faune terrestre à ses passagers.

Quelques publications britanniques ont rapporté les similitudes entre les deux accidents. Le Daily Mail, dans un article publié sur son site Internet, citait Nat Nagy, le directeur général du Australian Transport Safety Bureau (ATSB), l’équivalent australien du Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada. « Nous allons regarder tout accident préalable et spécifiquement ceux qui impliquent ce type d’appareil. Il a été en service sur plusieurs décennies et nous allons l’examiner attentivement. Je pense qu’il est important de ne pas tirer de conclusion qu’il s’agit d’un problème systémique », a-t-il indiqué aux journalistes lors d’un point de presse, propos relatés par le journal fondé en 1896.

Une recommandation au Canada

En septembre dernier, le BST recommandait à Transports Canada que tous les appareils Beaver exploités commercialement soient désormais équipés d’indicateurs de l’imminence de décrochage pour éviter les tragédies. Dans des propos rapportés par Le Quotidien, l’enquêteur au dossier, Pierre Gavillet, racontait que le mythique Beaver, conçu en 1948, est un avion de transport dont, initialement, les manœuvres à basse altitude se limitaient habituellement aux phases de décollage et d’atterrissage. L’apparition de vols touristiques a changé la donne et en 2013, le BST avait fait part de sa préoccupation devant la multiplication des accidents fatals de DHC-2 Beaver en raison d’un décrochage, formulant le souhait qu’on les équipe désormais d’indicateurs. Dans son rapport, le BST demandait spécifiquement à Transport Canada d’exiger l’installation de cet équipement, évalué à environ 12 000 $.

Selon une porte-parole du BST, Sophie Wistaff, il n’existe pas nécessairement de mécanisme où les recommandations d’un pays sont transmises aux autres juridictions. Toutefois, elle a confirmé que le fabricant de l’avion est mis au courant lorsque des recommandations sont émises. « Ils ont une copie du rapport. Ils sont au courant », a-t-elle mentionné, lors d’un entretien téléphonique mercredi. Transports Canada bénéficie d’un délai de 90 jours pour donner suite aux recommandations du BST. Pour l’instant, comme le montre le site Internet du BST, Transports Canada n’a toujours pas communiqué sa réponse.

Selon le Daily Mail, le patron du ATSB ne pouvait confirmer si l’appareil qui s’est écrasé, construit en 1963, possédait un indicateur de décrochage.