La Polyvalente des Baies, à Baie-Comeau.

Combats entre ados filmés et diffusés sur Facebook

La commission scolaire de l'Estuaire, sur la Côte-Nord, est intervenue pour faire disparaître une page Facebook qui faisait en quelque sorte l'apologie de la violence et qui diffusait des bagarres entre adolescents, certaines captées dans les deux écoles secondaires de Baie-Comeau.
Ces vidéos étaient visibles jusqu'à mercredi soir sur une page Facebook nommée Fight Baie-Comeau. Selon nos sources, elles y étaient depuis moins d'une semaine. Quant à la page comme telle, elle n'est plus accessible depuis jeudi midi. On y trouvait des bagarres entre garçons, mais aussi entre filles, à des endroits qu'on pouvait relier à l'une des deux polyvalentes de la municipalité, et aussi ailleurs à Baie-Comeau. Dans chaque vidéo, tournée par cellulaire, il y a attroupement d'adolescents, et aucun jeune n'intervient pour stopper les affrontements, bien au contraire. Tous semblent plutôt apprécier le «spectacle».
«Il n'y a pas plus de violence qu'avant [à l'école]. Le problème dans cette affaire, ce sont les réseaux sociaux. On doit gérer le jour ce qui a commencé à dégénérer la veille au soir», a lancé le directeur général de la commission scolaire, Alain Ouellet. «Avant, il n'y avait personne qui avait un téléphone pour filmer et diffuser ça», a ajouté la porte-parole de l'organisation, Patricia Lavoie.
La direction de la commission scolaire a entrepris des actions dès qu'elle a eu connaissance de la page Fight Baie-Comeau. La première n'a pas donné les résultats escomptés. «On a fait une plainte à Facebook pour dénoncer un site malveillant, mais on nous a répondu que la page n'allait pas à l'encontre des standards de la communauté», d'enchaîner Mme Lavoie.
La commission scolaire a eu plus de succès auprès de l'administrateur de la page, identifié par un alias. «On lui a écrit et une quinzaine de minutes plus tard, les vidéos étaient retirées de la page», souligne Alain Ouellet, qui a également déposé une plainte auprès de la Sûreté du Québec. La page a disparu du paysage Web le lendemain.
Faire le point
«C'est sûr qu'on agit quand il est question de violence. C'est pour ça qu'on voulait faire cesser ce site, qui faisait l'éloge de la violence, qui en faisait la promotion. Il ne faut surtout pas banaliser ça», soutient M. Ouellet, qui souligne toutefois que l'école ne peut pas intervenir quand la bagarre est «programmée» et qu'elle se déroule à l'extérieur du terrain de l'école, où il n'y a pas d'adulte.
La commission scolaire a rencontré les directions des polyvalentes jeudi matin afin de faire le point et de trouver des pistes de solution. Une chose est certaine, c'est que le message voulant que la violence n'est pas permise n'a pas encore passé. «Il y a une école où la direction venait de compléter une tournée de toutes les classes avec la SQ sur la cyberintimidiation», fait justement remarquer le directeur général.