Mohamed Doudou-Traoré

Cinq ans de prison pour l'infirmier agresseur

Mohamed Doudou Traoré a «pratiquement anesthésié» ses deux victimes pour pouvoir les agresser sexuellement, estime le juge René de la Sablonnière, qui impose une peine de cinq ans de pénitencier à l'ex-infirmier de l'hôpital de l'Enfant-Jésus.
L'homme de 35 ans, originaire du Mali, n'a pas protesté quand le juge lui a demandé d'aller écouter le prononcé de la peine dans le box de détention.
Il savait qu'il partait pour la prison; son avocate avait suggéré une peine de prison de deux ans tandis que la Couronne plaidait une peine globale de sept ans.
Le stratagème de l'accusé, bien rodé et répétitif, a convaincu le juge René de la Sablonnière d'imposer une peine de cinq ans à Traoré, qui n'a aucun antécédent judiciaire.
En l'espace de trois mois en 2011, Mohamed Doudou Traoré a agressé sexuellement deux jeunes femmes de son entourage.
En cours de soirée, il préparait une consommation pour son amie et y versait de la kétamine, un anesthésiant inodore et incolore, qui engourdissait les victimes pour quelques heures.
Au cours du procès, les deux jeunes femmes ont décrit des «flashs» des relations sexuelles non désirées et affirmé qu'elles étaient incapables de réagir.
Une troisième jeune femme a raconté des symptômes similaires. Mohamed Doudou Traoré a tenté de l'agresser, mais a été interrompu par un ami.
Droguer ses victimes pour vaincre leur résistance est un facteur très aggravant, a souligné le juge dans sa décision.
L'usage de drogue du viol comme la kétamine doit être fermement dénoncé, a ajouté le juge de la Sablonnière.
D'autant plus qu'il est encore très courant, dit le juge, en citant au passage la condamnation jeudi à Ottawa d'un homme qui a drogué 14 jeunes femmes avec cette substance avant de les agresser sexuellement.
Les policiers ont obtenu la preuve de l'usage de drogue du viol en analysant les cheveux des deux victimes et de la troisième jeune femme. Un toxicologue judiciaire a décelé la présence de molécules de kétamine.
Le juge René de la Sablonnière a souligné à quel point l'infirmier diplômé ne s'est pas soucié de la santé et de la sécurité de ses victimes en ayant des relations sexuelles sans préservatif.
Il a transmis la chlamydia à l'une d'elle. C'est la raison pour laquelle il a été reconnu coupable d'agression sexuelle ayant causé des lésions corporelles.
En appel
La défense avait tenté en vain d'obtenir un arrêt des procédures en invoquant l'arrêt Jordan sur les délais déraisonnables. L'infirmier attendait son procès depuis 53 mois.
La Cour d'appel a accepté de l'entendre sur cette question.
L'avocate de Mohamed Doudou Traoré évaluera la possibilité de faire une demande de remise en liberté provisoire pour son client durant les procédures d'appel.
Le procureur de la Couronne Me Michel Bérubé entend s'opposer fermement à cette requête.