L'édifice où est survenu l'accident de travail ayant coûté la vie à un travailleur en mars 2019.

Chute mortelle d'un travailleur dans Lebourgneuf: détachement fatal [VIDÉO]

La mort d'un travailleur de 26 ans qui est tombé du toit d'un immeuble en construction du quartier Lebourgneuf, à Québec, aurait pu être évitée s'il avait été attaché.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a rendu publiques, mercredi, les conclusions de son enquête sur l'accident du travail ayant coûté la vie à Marc-André Gosselin, apprenti charpentier-menuisier pour l'entrepreneur Dubo & Fils inc. 

Le jour de l'accident, le 13 mars 2019, M. Gosselin se trouve en bordure du toit de l'immeuble du boulevard Bastien. Il étend une pellicule de polyéthylène afin de protéger le toit contre les intempéries. 

Avant de poser la quatrième bande de pellicule, Marc-André Gosselin et un collègue détachent leur cordon puisque la bande couvre leurs ancrages. Les deux travailleurs, leur harnais détaché de leur liaison antichute, prennent chacun leur bout de pellicule pour la tendre en bordure du toit afin de la fixer avec des lattes.

Alors qu'il recule en tirant le coin de la pellicule, M. Gosselin met le pied sur une autre bande de pellicule qui recouvre un décrochement. La pellicule se déchire sous le poids du travailleur, qui fait une chute de plus de 10m. 

Les secours sont appelés sur les lieux. Marc-André Gosselin est transporté à l'hôpital, où il succombe à ses blessures. 

Planification déficiente

À la lumière de leur enquête, les inspecteurs de la CNESST concluent que la planification d'une partie des travaux a été «déficiente en ce qui a trait à la formation des travailleurs et au contrôle des dangers de chutes». 

La victime de l’accident mortel n’était pas la seule à se détacher. «Les travailleurs déclarent qu’ils se détachent de leur liaison antichute sur le toit lorsqu’ils doivent recouvrir leur ancrage d’une bande de pellicule en polyéthylène. Il n’est pas prévu de déplacer les ancrages pendant la pose de pellicules sur le toit afin de s’assurer d’être attaché en tout temps», soulignent les inspecteurs dans leur rapport.

La CNESST a adopté la tolérance zéro lorsque les travailleurs sont exposés à un danger de chute de plus de 3 mètres. Les employeurs doivent installer des garde-corps pour empêcher la chute ou utiliser un autre moyen assurant une sécurité équivalente. Si ce n’est pas possible, la CNESST demande aux employeurs de s’assurer que les travailleurs utilisent un harnais relié à un point d’ancrage. 

Les chutes constituent un enjeu préoccupant de sécurité au travail. Selon les plus récentes données de la CNESST, 43 travailleurs sont morts à la suite d'une chute entre 2013 et 2017 au Québec.