Près d’un mois après son accident, Rénald Duclos a rencontré Le Quotidien. Ses brûlures ont bien guéri durant ce temps.

Brûlé à son chalet

Rénald Duclos de Chicoutimi a failli bien mal commencer sa retraite, alors qu’au 10e jour de celle-ci, le 10 décembre dernier, il a littéralement pris en feu à son chalet situé sur la Zec Martin-Valin. Heureusement, un mois plus tard, il semble bien se remettre de ses nombreuses brûlures.

«J’étais à mon chalet, il était 5h du matin. J’avais chauffé mon poêle la veille. À 5 h du matin, je ne voyais plus rien dans le poêle. J’ai vu qu’il était presque éteint et j’ai remis du bois dedans. Et moi j’ai acheté un produit qui s’appelle Enfeu. C’est un genre de gel que tu mets sur le bois, quand ton feu est bien éteint. Ce qui est arrivé, c’est que je ne me suis pas méfié. J’étais sûr que mon poêle était vraiment éteint, parce que je ne voyais rien. J’ai remis du bois dedans et en mettant mon produit, ça m’a explosé dans la face. Ça m’a revolé sur le corps au complet», a raconté au Quotidien l’homme de 57 ans. Il a enchaîné en expliquant que, sans le vouloir, en tentant de s’éteindre avec ses mains, il a étendu le produit inflammable sur son corps, d’autant plus qu’il ne portait qu’un sous-vêtement. 

«J’ai essayé de m’éteindre. Je criais, je pleurais. J’étais en feu ost... Je me suis brûlé le corps au complet. J’ai pensé à me rouler dans la neige. J’étais une torche humaine. [...] Il y avait un peu de neige sur la galerie, je me suis “garroché” dessus. Mais ce n’était pas ça qu’il fallait que je fasse», a-t-il raconté. Il aurait plutôt fallu qu’il refroidisse son corps avec des compresses froides, mais en gardant son corps couvert.

Il a par la suite appris qu’il aurait pu souffrir d’hypothermie en s’exposant ainsi au froid. «Mais il faisait -30 dehors et je me sentais comme en été», a-t-il justifié.

«Une fois dehors, j’ai vu que le feu était pris à terre. Il a fallu que je rentre en dedans pour l’éteindre. J’ai pris des serviettes que j’avais autour», a-t-il dit encore. Comme il était seul à son chalet, il se devait de trouver des secours. Mais il était à plus de 50 km de Saguenay, et même à 3 km du chemin principal qui donne accès à son secteur.

«Je suis dans le bois, il n’y avait pas de communication. Je me suis habillé et j’ai décidé de décoller ma génératrice. Heureusement, j’avais SOS Satellite, car je m’étais dit qu’un jour ça pourrait nous servir. Ça donne un signal Internet. Par Facebook, j’ai appelé ma blonde. J’étais en panique», s’est-il rappelé. 

Heureusement pour lui, sa conjointe, Lyne Dallaire, est préposée aux bénéficiaires et elle a fait preuve d’un grand calme lorsqu’elle a reçu l’appel à 5h10. C’est elle qui a contacté les policiers. Elle est arrivée sur place en même temps vers 7h du matin.

Rénald Duclos est réellement reconnaissant pour tous les soins qu’il a reçus, que ce soit des ambulanciers qui sont venus le cueillir, en passant par l’hôpital, sans oublier l’infirmière du CLSC qui venait changer ses pansements chaque jour. «J’ai eu tellement de bons soins. Mais ça aurait pu être pire. Là, ça se refait tranquillement. La plasticienne à l’hôpital m’a dit que ça serait correct», a mentionné l’homme qui s’estime quand même chanceux que ses brûlures n’aient pas été plus profondes. Ces dernières étaient au deuxième degré. Ses blessures sont encore visibles, mais à la vue des photos prises peu après l’accident, il est possible de constater l’ampleur de la guérison. Quelques plaques rouges paraissent cependant encore sur son abdomen et son visage, de même qu’aux mains.

Rénald Duclos avait subi des brûlures au 2e degré au visage, au thorax et aux bras.

Une erreur

Aujourd’hui, Rénald Duclos reconnaît que c’était son erreur et que de toute évidence, il y avait encore de la combustion dans les braises. Il n’en veut pas au fabricant du produit et il affirme même que les instructions au dos étaient claires. Enfeu est un allume-feu en gel fabriqué par Produits sanitaires Uniques, une entreprise de La Pocatière. Sur leur site Internet, il est écrit qu’il s’agit d’un combustible en gel sans odeur ni fumée pour les poêles à bois et huile, les barbecues et les feux de camp. «Le produit, c’est vraiment un produit efficace. Mais il faut s’assurer que le poêle est vraiment éteint. J’ai été dans la sécurité pendant 22 ans à l’Usine Grande-Baie, et pour être sécuritaire, je l’étais. Mais celle-là, je l’ai manquée, je peux te le dire. Celle-là, je suis passé à côté...», a-t-il admis.

Depuis, l’adepte de la nature est retourné à son chalet, qui n’a pas subi de dommages.

«Là, j’ai de la gazette et de l’écorce. J’ai aussi des petits blocs de carton», a-t-il commencé à expliquer. Le Quotidien lui a demandé si c’était terminé l’utilisation du gel pour allumer son feu? «Ça ressemble pas mal à ça», a-t-il répondu en riant.


J’ai été dans la sécurité pendant 22 ans à l’Usine Grande-Baie, et pour être sécuritaire, je l’étais. Mais celle-là, je l’ai manquée, je peux te le dire. Celle-là, je suis passé à côté...
Rénald Duclos