Dans un débat aride, ralenti par la traduction, Me James Lockyer a minutieusement décortiqué le rapport de l'expert en balistique Arnet.

Bras de fer entre l'avocat de Delisle et le balisticien

Persuadé d'avoir raison, à la limite de l'arrogance, le balisticien Guillaume Arnet a résisté au feu roulant de questions de l'avocat de l'ex-juge Delisle, qui tentait de soulever des failles dans la nouvelle expertise de la poursuite.
Dans un débat aride, ralenti par la traduction, Me James Lockyer a minutieusement décortiqué le rapport de l'expert en balistique Arnet. Après avoir mené une série de tirs, ce dernier réitère la thèse du meurtre et écarte la nouvelle trajectoire de balle de la défense.
Guillaume Arnet estime impossible, avec les marques vues sur le corps, que Nicole Rainville ait pu tenir le pistolet à l'envers et s'être tiré une balle à la tempe dans un tir perpendiculaire, comme le soumet la défense.
Si le canon de l'arme est placé perpendiculairement, mais avec un léger angle, des gaz ne pourraient-ils pas s'échapper et causer les traces de suie vues sur la main de la victime? demandait Me Lockyer. «J'en doute fortement», a répondu, une main sur la hanche, l'expert Arnet.
L'avocat de l'ex-juge a voulu convaincre le tribunal que contrairement à ses prétentions, la poursuite n'a pas suivi une approche «holistique» et n'a pas évalué toutes les options.
Cinglant envers les autres experts
Ainsi, l'expert en balistique de la défense, Vassili Swistounoff, estimait que l'arme avait eu un contact incomplet avec la tempe de la victime. «Vous ne parlez nulle part de contact incomplet dans votre rapport», déplore Me Lockyer.
Le balisticien rétorque avoir considéré cette hypothèse et l'avoir exclue.
Guillaume Arnet semble faire peu de cas des conclusions de son homologue français Swistounoff. Lorsque l'avocat de Jacques Delisle lui demande s'il sait que l'expert pathologiste de la défense a pris en compte l'expertise de Swistounoff dans son analyse, Arnet se fait cinglant. «Oui, je le sais, et c'est bien malheureux», dira-t-il.
Et le balisticien québécois n'est pas plus tendre avec le pathologiste judiciaire ontarien, le Dr Michael Shkrum. «Dr Shkrum est allé très loin dans ses hypothèses pour quelqu'un qui n'a pas tiré un seul coup de feu avec l'arme», lance-t-il.
Après le contre-interrogatoire de l'expert, les parties feront leurs plaidoiries. 
Le juge Benoît Moulin de la Cour supérieure devra ensuite décider si, à la lumière de la preuve entendue, un public bien informé serait choqué que Jacques Delisle reprenne sa liberté en attendant de connaître l'issue du processus de révision judiciaire.