Au terme de son enquête, la CNESST a réclamé une amende de 55 000 $ au propriétaire de Boucherie Huot. Après négociations, Bernard Huot (à droite) a plaidé coupable à une infraction pénale d’avoir causé des blessures à un travail et a dû payer environ 32 000 $ d’amende.

Boucherie Huot: une lourde amende de 32 000 $ payée à la CNESST

L’ancien propriétaire de la Boucherie Huot, Bernard Huot, en procès pour négligence criminelle causant des lésions, a dû payer 32 000 $ en amende après l’enquête de la CNESST sur l’accident de travail d’Olivier Bouchard, ce jeune travailleur qui s’est coincé la tête et un bras dans un hachoir à viande.

Le directeur général de Viandex, l’entreprise qui a acheté Boucherie Huot le 1er octobre 2016, a expliqué à la cour jeudi le suivi du grave accident de travail.

Pierre-Benoît Lessard a indiqué que Viandex avait confié à Bernard Huot la gestion de l’entreprise durant la transition, à l’automne 2016.

C’est seulement au moment de l’accident de travail que les patrons de Viandex ont appris que certains équipements de leur nouvelle boucherie étaient non conformes. Depuis deux ans, le hachoir industriel n’avait plus le relais de sécurité qui faisait que la machine s’arrête lorsqu’on soulève le couvercle.

Viandex a mis fin à son entente de gestion avec Bernard Huot après l’accident de travail. L’entreprise a embauché un conseiller en santé et sécurité et a fait les réparations qui s’imposaient, dit M. Lessard.

Au terme de son enquête, la CNESST a réclamé une amende de 55 000 $ au propriétaire de Boucherie Huot. Après négociations, Bernard Huot a plaidé coupable à une infraction pénale d’avoir causé des blessures à un travail et a dû payer environ 32 000 $ d’amende.

Plusieurs employés étaient au courant des déficiences dans la sécurité, a soutenu Karlain Huard, boucher chez Boucherie Huot de 2012 à 2016. Mais personne n’osait en parler aux inspecteurs de la CNESST qui visitaient l’entreprise. «Dans une entreprise où on n’est pas protégé, ça peut être mal vu, disait M. Huard. On ne mord pas la main qui nous nourrit.»