Le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada offre des conseils aux casinos pour détecter les «mules» chargées de porter de l’argent à blanchir.

Blanchiment d’argent: la traite bancaire en vogue dans les casinos

OTTAWA — L’agence canadienne qui lutte contre le blanchiment d’argent prévient les casinos du pays de surveiller attentivement les clients qui paient avec des traites bancaires, le plus récent stratagème choisi par les criminels.

Le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) indique dans une alerte opérationnelle publiée mardi que l’argent comptant n’est plus populaire pour les transactions illicites dans les casinos, en raison de l’attention des gouvernements et des médias. Les criminels se tournent maintenant vers les traites bancaires, pour leur facilité et le quasi-anonymat qu’elles procurent, selon la récente analyse du CANAFE sur les transactions suspectes liées aux casinos.

Le CANAFE tente de se concentrer sur les liquidités liées au terrorisme et au blanchiment d’argent en filtrant chaque année des millions d’informations auprès des banques, des compagnies d’assurance, des négociants en valeurs mobilières, des entreprises de services monétaires, des courtiers immobiliers — et des casinos.

La Colombie-Britannique a lancé en mai une enquête publique sur le blanchiment d’argent après qu’une série d’examens indépendants a révélé que des milliards de dollars étaient blanchis dans les casinos, le marché immobilier et d’autres secteurs économiques de la province.

Usage de «mules»

Sur la base des informations reçues, le CANAFE soupçonne que de nombreuses personnes impliquées dans des transactions suspectes liées à des casinos étaient en fait des «mules» — des «porteurs d’argent», qui ont déplacé le produit du crime, intentionnellement ou non, au nom d’un blanchisseur criminel.

Le premier type de «mule» est généralement un «étudiant» ou simplement une «personne sans emploi», indique l’agence. «Leurs comptes bancaires affichent des mouvements de fonds entrants et sortants comportant une grande quantité de dépôts en espèces de diverses sources inconnues, qui servent ensuite à l’achat de traites bancaires destinées à des tiers ou à des casinos», lit-on dans l’alerte du CANAFE.

Le second type de «mule» le plus fréquemment signalé est décrit comme une «personne au foyer» dont les comptes affichent habituellement les activités suivantes : des dépôts en espèces provenant de sources de fonds inconnues, des virements effectués en ligne par des tiers ou des entreprises commerciales, l’achat et le rachat de divers investissements et des activités relatives au jeu, note le CANAFE.

Le centre offre des conseils aux casinos pour détecter ces mules. Il a également compilé une liste de signes révélateurs possibles pour aider les banques et autres institutions financières à détecter les transactions illégales liées aux casinos.