Alexandre Bissonnette, vêtu d'une combinaison blanche, sortant du palais de justice afin d'être amené en fourgon. 

Bissonnette accusé de six meurtres et cinq tentatives

Flottant dans sa combinaison blanche, Alexandre Bissonnette a gardé les yeux baissés pendant que la Couronne l'accusait de six meurtres au premier degré et de cinq tentatives de meurtre commises avec une arme à autorisation restreinte.
Le jeune homme de 27 ans, qui a l'air encore d'un adolescent, semblait complètement perdu dans le box des détenus. Les cheveux ébouriffés, secoué de tremblements, il a demandé à parler à son avocat, Me Jean Petit, tout de suite après l'audience.
La comparution de Bissonnette a eu lieu vers 18h devant le juge coordonnateur Jean-Louis Lemay dans une salle d'audience autre que celle habituellement utilisée pour cette étape judiciaire.
Exceptionnellement, chaque spectateur, journaliste comme membre du public, a dû franchir un point de fouille et un détecteur de métal pour accéder à la salle, vite surchauffée.
Aussitôt assis à sa place, le juge Lemay a averti le public qu'aucun commentaire ni geste inapproprié ne serait toléré dans la salle.
Sans surprise, la Couronne s'est formellement opposée à la remise en liberté de Bissonnette. Si jamais le jeune homme voulait tenter d'obtenir une remise en liberté sous conditions pour les six chefs de meurtre au premier degré, il devrait s'adresser à la Cour supérieure.
Deux procureurs de la Couronne d'expérience, Me Thomas Jacques et Me Michel Fortin, pilotent le dossier.
Me Fortin a notamment fait partie de l'équipe de procureurs qui a obtenu la condamnation de l'ex-juge Jacques Delisle pour le meurtre de sa femme.
Me Jacques a partagé la tâche avec Me Lyne Morais lors du deuxième procès d'Alain Perreault, arrêté après une opération Mister Big.
La preuve n'étant pas prête à être divulguée à la défense, moins de 24 heures après le drame, les parties se reverront le 21 février.
Pas d'accusation de terrorisme
La tuerie a beau avoir été qualifiée d'acte de terreur, aucune accusation de terrorisme n'a été retenue pour l'instant par le ministère public.
«Les accusations portées à l'heure actuelle sont conformes à la preuve recueillie, a répété Me Jacques lors d'un court point de presse après la comparution. Mais vous comprenez que les événements sont survenus de manière toute récente et que l'enquête policière se poursuit.»
Selon le Code criminel du Canada, une activité terroriste est un acte commis à la fois au nom - exclusivement ou non - d'un but, d'un objectif ou d'une cause de nature politique, religieuse ou idéologique. Il est commis en vue - exclusivement ou non - d'intimider tout ou partie de la population quant à sa sécurité, entre autres sur le plan économique, ou de contraindre une personne, un gouvernement ou une organisation nationale ou internationale à accomplir un acte ou à s'en abstenir, que la personne, la population, le gouvernement ou l'organisation soit ou non au Canada.
Toujours selon le Code criminel, l'acte de terrorisme cause des blessures graves à une personne ou la mort de celle-ci, par l'usage de la violence, met en danger la vie d'une personne, compromet gravement la santé ou la sécurité de tout ou partie de la population.
La peine imposée pour un acte de terrorisme sera consécutive à toute autre peine, sauf la peine à perpétuité.