Portrait de Bertrand Charest durant son procès.

Bertrand Charest n’ira pas en Cour suprême

MONTRÉAL — Bertrand Charest abdique : l’ex-entraîneur de ski ne portera pas en appel sa condamnation et sa peine de prison devant la Cour suprême du Canada.

Il a décidé mercredi de fermer les livres, a confirmé son avocat, Antonio Cabral.

L’homme a été condamné sur 37 chefs d’accusation en 2017 et la Cour du Québec lui avait infligé une peine de prison de 12 ans pour divers crimes de nature sexuelle commis sur neuf jeunes skieuses, dont des mineures, dans les années  990. Il avait été qualifié de «prédateur sexuel» par le juge Sylvain Lépine.

Charest en avait appelé de ces jugements. En août dernier, la Cour d’appel a fait tomber 21 des 37 chefs d’accusation et réduit sa peine de 21 mois. La Cour n’a toutefois pas donné suite à sa demande de réduire de façon considérable la durée de son séjour en prison.

Mais il ne poursuivra pas le processus judiciaire.

«Choisir ses batailles»

Bertrand Charest a pris sa décision au cours des dernières heures, fondée sur divers facteurs, a indiqué Me Cabral mercredi. Lorsqu’un détenu n’accepte pas sa peine ni les décisions des tribunaux, cela peut être mal vu par la Commission des libérations conditionnelles et limiter l’accès à des programmes de réhabilitation en détention. Cela peut aussi limiter la libération, a-t-il expliqué.

«Il n’était pas d’accord sur certains points [du jugement de la Cour d’appel], mais à un moment donné, il faut choisir ses batailles», a indiqué l’avocat. Son client a donc décidé de cesser de contester les portions du jugement avec lesquelles il était en désaccord.

Il regrette les torts causés aux victimes, a ajouté Me Cabral.

Bertrand Charest, maintenant âgé de 54 ans, pourra éventuellement présenter une demande de libération conditionnelle.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) peut encore aller en appel devant la Cour suprême. «Puisque nous sommes toujours à l’intérieur du délai d’appel, le DPCP ne fera pas de déclaration publique pour le moment», a fait savoir son porte-parole, Jean Pascal Boucher.