Bertrand Charest en cour, un dessin réalisé par Mike McLaughlin.

Bertrand Charest aurait agressé une skieuse d'environ 16 ans

Une septième victime présumée de Bertrand Charest a raconté mercredi au procès que l'entraîneur avait glissé ses mains dans son pantalon en la conduisant en fourgonnette à une compétition, alors qu'elle était âgée d'environ 16 ans.
Ce nouveau témoignage s'ajoute aux six autres entendus depuis la semaine dernière au palais de justice de Saint-Jérôme, au nord de Montréal. Bertrand Charest, aujourd'hui âgé de 51 ans, fait face à 57 chefs d'accusation, notamment d'agression sexuelle et d'abus de confiance envers 12 plaignantes qui étaient âgées de 12 à 19 ans au moment des faits allégués, durant les années 90. Les agressions auraient eu lieu au Québec, à Whistler, en Colombie-Britannique, en Europe, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis.
Plusieurs plaignantes sont venues jusqu'ici relater au tribunal les relations sexuelles qu'elles auraient eues avec l'entraîneur de ski. Les témoins ont soutenu que Bertrand Charest était contrôlant et manipulateur envers les athlètes qu'il supervisait.
La septième plaignante a raconté mercredi qu'à une autre occasion, M. Charest l'avait plaquée contre un mur et l'avait embrassée. La femme soutient qu'à l'époque, elle aurait fait n'importe quoi pour lui. Elle espérait voir dans ces incidents un indice que l'entraîneur lui accorderait dorénavant plus d'attention qu'aux autres skieuses, afin d'améliorer ses performances sur les pistes.
En contre-interrogatoire, le témoin a indiqué que l'agression présumée dans la fourgonnette s'était produite entre Mont-Tremblant et Ottawa pendant la saison 1995-1996, mais elle n'a pu se rappeler où l'équipe avait skié le lendemain. Cette agression présumée se serait produite avant que Bertrand Charest ne devienne entraîneur pour l'équipe féminine junior Alpin Canada, poste qu'il a occupé de 1996 à 1998.
Une autre ex-skieuse, qui ne fait pas partie des plaignantes, est ensuite venue raconter mercredi comment Bertrand Charest alternait ses chouchous au sein de l'équipe, félicitant l'une et dénigrant l'autre, tour à tour.
Témoignant par visioconférence, cette ancienne skieuse, qui a eu l'accusé comme entraîneur au milieu des années 90, a aussi raconté qu'une des plaignantes, qui a déjà témoigné au procès, lui avait confié au début de 1997 qu'elle avait des rapports sexuels avec Bertrand Charest. Lorsqu'elle a fait part à l'accusé, quelques semaines plus tard, de ce qu'elle avait appris, M. Charest a parlé d'un moment de faiblesse.
La cour a aussi entendu mercredi le témoignage de deux frères d'une plaignante qui a raconté la veille qu'elle avait subi un avortement à l'âge de 15 ans, après avoir eu plusieurs relations sexuelles non protégées avec Bertrand Charest. Un des deux frères a soutenu qu'il avait écrit à l'accusé pour lui demander des comptes : M. Charest lui aurait répondu qu'il était tombé amoureux de la jeune fille à l'époque.
La semaine dernière, la cour avait visionné la vidéo de la déposition de l'accusé à la police après son arrestation en 2015. Bertrand Charest expliquait alors qu'il était tombé follement amoureux de deux des plaignantes et qu'il n'avait jamais rien fait sans le consentement de ses partenaires.
Le procès devant juge seul se poursuit jeudi.