Bert Dow, lundi, au palais de justice de Québec

Bert Dow plaide coupable à une accusation de meurtre non-prémédité

Bert Dow, 61 ans, de Port-Daniel en Gaspésie, a plaidé coupable lundi au palais de justice de Québec à l'accusation de meurtre non prémédité de l'un de ses voisins, l'enseignant à la retraite Russell Duguay, le 13 mars 2004. Bert Dow a fait ce plaidoyer le matin même où devait commencer son troisième procès.
Il y a près de 13 ans, Bert Dow s'est présenté, fortement intoxiqué par l'alcool, au domicile de la victime et il a fait feu en sa direction, l'atteignant à l'estomac. L'incident s'est produit un samedi soir, alors que M. Duguay écoutait un match de hockey avec son fils Byron. Il est décédé dans les heures suivantes, après avoir été hospitalisé à Chandler.
Le juge Serge Francoeur reverra la poursuite et la défense le 28 février pour les représentations sur l'observation.
Bert Dow avait été reconnu coupable une première fois en juin 2006 de meurtre non prémédité, mais la Cour d'appel avait infirmé cette décision en invoquant que ses droits à un procès en anglais n'avaient pas été respectés parce que des échanges sur des points légaux avaient été tenus en français, au palais de justice de New Carlisle.
Bert Dow avait donné son autorisation au juge Richard Grenier quand le magistrat lui avait demandé si ces échanges en français le dérangeaient.
Son deuxième procès a eu lieu à l'été 2010. Il a aussi été reconnu coupable de meurtre non prémédité. La Cour d'appel a également cassé ce verdict, en juillet 2014, sur la base d'erreurs lors des instructions fournies au jury par le juge François Huot à propos de la preuve par intoxication.
Le troisième procès a été transféré à Québec il y a près d'un an parce qu'il aurait été ardu de trouver un jury impartial dans le district judiciaire de Bonaventure, étant donné la taille relativement limitée de la population anglophone en mesure de juger sans biais les faits rattachés à cette cause.
Bert Dow a purgé les peines imposées en 2006 et en 2010. La première s'était établie à un minimum de 10 ans sans possibilité de libération conditionnelle, et de 12 ans en 2010. Le calcul devrait comprendre deux ans et trois mois de détention préventive, soit entre son incarcération, en mars 2004, et la fin de son premier procès, en juin 2006. Cette notion de détention préventive était alors applicable.
De fait, Bert Dow a déjà joui d'un certain degré de liberté, étant hébergé en maison de transition à l'été 2015, à Pointe-à-la-Croix. Il avait même habité un appartement à Dalhousie, au Nouveau-Brunswick, ce même été. Il avait toutefois été incarcéré par la suite pour avoir failli à ses conditions de libération.
Suggestion de peine
Le substitut du procureur général, René Verret, est conscient que Bert Dow a purgé davantage que la peine minimale de 10 ans attribuable à un meurtre non prémédité. Il fera sa suggestion de peine au juge le 28 février. «Il restera à la Commission de libération conditionnelle à faire les calculs.»
Me Verret a indiqué que «pour la famille, c'était un grand soulagement car c'est absolument terrible de devoir attendre aussi longtemps la fin de procédures judiciaires». Avec Isabelle Mathieu