Mathieu Giroux et son fils Hugo, 2 ans.

Bambin mordu à Gatineau : le chien sera évalué cette semaine

La SPCA de l’Outaouais procèdera cette semaine à l’évaluation du chien qui a attaqué un garçon de deux ans vendredi dernier à Gatineau.

Le chien de type pitbull est présentement en quarantaine à la SPCA. Le personnel qui côtoie l’animal est réduit et expérimenté.

« Nous allons évaluer la dangerosité de l’animal. C’est fait généralement par une évaluation comportementale, qui est souvent accompagnée par un examen de la santé effectué par un vétérinaire », a expliqué la directrice générale de la SPCA de l’Outaouais, France Dubois.

Les caractéristiques physiques de l’animal, ses caractéristiques psychologiques, les circonstances de l’événement, le comportement de la personne qui a été mordue et les propriétaires du chien feront aussi parties des éléments qui seront scrutés par le personnel. 

Le processus d’évaluation devrait être assez rapide. Un rapport sera remis aux autorités publiques qui ont pris le dossier en main. Des recommandations seront émises, allant des normes de garde de l’animal jusqu’à l’euthanasie.

« Lorsque nous faisons une évaluation comme ça, le premier critère est d’assurer la sécurité des citoyens. C’est très important pour nous de ne pas remettre dans la communauté un chien qui représente un risque de récidive important », a signalé Mme Dubois.

La SPCA préfère pour le moment faire référence à l’animal comme étant un chien de type pitbull puisqu’elle n’a pas les papiers de l’éleveur qui confirmerait la race exacte.

Événements

Le petit Hugo, deux ans, était assis dans sa poussette manœuvrée par sa mère vendredi soir dernier dans le secteur Aylmer lorsque le chien est arrivé de nulle part et a attaqué l’enfant, a expliqué le père de la petite victime, Mathieu Giroux.

Le malheureux événement s’est produit dans le secteur du parc des Paysans alors que la mère et l’enfant retournaient à la maison.

« Le chien s’est placé directement devant la poussette et a attaqué mon fils. Il a des blessures au visage. Il a des points de suture à la lèvre supérieure, sur la joue gauche et sur la main gauche. On voit aussi des traces de dents sur le bras », a raconté M. Giroux.

« L’attaque s’est faite en deux fois. Ma femme a réussi à retirer le chien une première fois, mais en se débattant le chien a réussi à se défaire de son emprise et il a sauté une deuxième fois dans la poussette. Ma femme a réussi à reprendre le chien. Elle s’est assise sur lui et a appelé à l’aide. Les voisins ont commencé à sortir pour lui prêter assistance », a-t-il continué.

Les ambulanciers ont transporté le petit Hugo à l’hôpital pour que ses blessures soient traitées. Il a reçu son congé plus tard en soirée et des antibiotiques lui ont été prescrits.

« Il va quand même assez bien, malgré les blessures », a indiqué M. Giroux, constatant toutefois que la situation aurait être bien pire.

« Quelques pouces plus haut, c’était l’œil qui y passait, et quelques pouces plus bas, c’était la gorge », a-t-il indiqué.

Le chien n’était pas attaché, n’avait pas de muselière et n’était visiblement pas dans une cour clôturée.

Les règlements municipaux de Gatineau sur les chiens potentiellement dangereux dictent notamment que « l’animal doit être maintenu au moyen d’une laisse mesurant au plus deux mètres de longueur lorsqu’il est hors de son enclos » et que « le port de la muselière est obligatoire en tout temps lorsque l’animal est hors de son enclos ».

Selon les premières indications, l’animal, qui vient du secteur Gatineau, était gardé par une tierce personne.

« Le chien a attaqué, il faut qu’il soit euthanasié », a demandé M. Giroux. 

« On ne peut pas permettre de remettre un chien comme ça en liberté. La règlementation est assez sévère dans la région. Si les gens ne la respectent pas, à quoi ça sert ? C’est un chien dangereux, il y avait une responsabilité à respecter, et ils ne se sont pas montrés à la hauteur de la responsabilité de garder ce chien-là pour éviter une attaque comme celle-là », a-t-il ajouté.

Hugo au CHEO

Hugo est retourné à l’Hôpital de Gatineau, samedi, parce qu’il commençait à avoir la joue enflée. Pour les médecins, il s’agissait d’une conséquence normale, a expliqué M. Giroux.

Le bambin a été dirigé au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) où il a été vu par des pédiatres. Selon eux, rien d’anormal, a indiqué le père d’Hugo. L’enfant a un autre rendez-vous cette semaine au CHEO pour voir des spécialistes.

M. Giroux a dit ne pas avoir eu de nouvelles des propriétaires du chien ou de représentants municipaux de la Ville de Gatineau. Le père d’Hugo pense se rendre au conseil municipal du 3 juillet pour savoir comment est appliquée la règlementation sur les chiens potentiellement dangereux, et pour savoir comment les autorités municipales s’assurent que les propriétaires de ce type de chien respectent les lois.