Caroline Lamarre a été agressée sexuellement par le maire de Baie-Trinité, Denis Lejeune. Depuis la condamnation du maire, celle-ci ne peut réintégrer son poste à la municipalité.

Baie-Trinité: Coiteux offre un contrat de travail à la victime

En guise de compensation temporaire, le ministre Martin Coiteux a offert jeudi un contrat de travail de 11 semaines à Caroline Lamarre, agressée sexuellement par le maire de Baie-Trinité. Une «ouverture» à laquelle il faut réfléchir, convient le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui dénonce toutefois le manque de concret de l'offre et la manière avec laquelle la proposition a été faite.
«On n'a pas été très bien reçu de la part du chef de cabinet de M. Coiteux», déplore Danielle Lamy, avocate au SCFP, qui parle d'«une très, très courte rencontre».
C'est que «le cabinet [du ministre Coiteux] souhaitait rencontrer Mme Lamarre seule», elle qui était accompagnée pour la rencontre de Natasha Collin, l'attachée politique du député péquiste Martin Ouellet, de Charlaine Sirois, conseillère syndicale au SCFP, et de Danielle Lamy.
Caroline Lamarre «a été surprise qu'on ne lui permette pas d'être accompagnée des représentants syndicaux». D'autant plus qu'on est «dans le contexte d'une dame victime», qui a été «invitée à cette rencontre-là...» témoigne Mme Lamy. 
Il n'y a donc «pas vraiment eu de rencontre», ajoute-t-elle, mais plutôt un bref échange entre Mme Collin et Olivier Hébert, directeur de cabinet de Martin Coiteux.
Des «pistes de réflexion»
Sont ressorties de cette rencontre des «pistes de réflexion» transmises par courriel au SCFP. Parmi celles-ci : «On pourrait lui offrir un contrat de 11 semaines qu'elle pourrait exercer en télétravail», lit Danielle Lamy au Soleil lors d'un entretien téléphonique. Le tout, au sein de la Direction régionale du ministère des Affaires municipales.
Elle ajoute que le courriel ne fait mention d'aucune donnée quant à la nature du travail qui serait effectué.
«Il y a une ouverture, on va y réfléchir», indique la représentante du SCFP, qui soutient Caroline Lamarre depuis le début de toute cette affaire. «Mais le maire de Baie-Trinité, lui, est toujours en poste. Nous, c'est des trucs temporaires» qui sont proposés.
De son côté, le gouvernement parle d'une «solution indirecte» aux dommages subis par Mme Lamarre. «On souhaitait trouver des pistes de solution avec elle [...] à court terme», mentionne Marie-Ève Pelletier, attachée de presse du ministre Coiteux.
Rappelons que Caroline Lamarre n'est plus employée du bureau municipal de Baie-Trinité depuis qu'elle a porté plainte en 2013 contre le maire Denis Lejeune, qui a été reconnu coupable d'agression sexuelle contre elle en juillet 2015.
À l'heure actuelle, elle ne peut réintégrer son poste en raison des limitations de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail, qui dicte que M. Lejeune ne peut se trouver sur son lieu de travail.