Le centre de ski du mont Ti-Basse est la propriété de la municipalité de Baie-Comeau.

Baie-Comeau condamnée à payer 220 000 $ pour une cheville cassée

La Ville de Baie-Comeau a été condamnée à verser 220 000 $ à un de ses citoyens qui s'est gravement blessé à un pied lors d'une descente en tube au centre de ski du mont Ti-Basse, propriété de la municipalité.
Selon le jugement de la Cour supérieure, rendu le 6 décembre dernier, la Ville «n'a pas pris tous les moyens mis à sa disposition pour éviter pareil accident», accident qui a blessé le demandeur, Luc Girard, et qui l'a privé de son emploi durant plus de 16 mois.
M. Girard s'est rendu au mont Ti-Basse le soir du 15 mars 2013 avec sa conjointe, leurs deux enfants (4 et 11 ans) et trois amies de leur plus vieille fille, qui célébrait son anniversaire. Si la glissade s'est bien déroulée pour les deux premières à glisser, elle fut beaucoup moins drôle pour les glisseurs suivants, qui ont tous heurté un muret de neige durcie au bas de la pente, au demeurant mal éclairée en bas.
Le choc fut plus brutal pour le second de ces duos, formé du plaignant et de sa fille de quatre ans. Le pied et la cheville de M. Girard ont solidement frappé le muret, provoquant fracture et fissures dans l'articulation. L'homme de 37 ans, électricien à l'aluminerie Alcoa, dit souffrir des conséquences de l'accident encore aujourd'hui.
La juge Nicole Tremblay soutient que la municipalité «est entièrement responsable de l'accident qu'a subi le demandeur». Elle estime que M. Girard et les autres glisseurs ne pouvaient s'attendre à frapper un tel obstacle au bas de la pente et qu'il n'y a pas eu de test préalable dans la pente. Girard et sa conjointe ont assuré qu'ils avaient descendu beaucoup plus rapidement qu'ils ne s'y attendaient.
La cour a aussi jugé que le fait que des employés ont étendu du foin dans la pente après l'accident laisse croire «à un oubli de la part des préposés de respecter les directives de sécurité préalables à l'ouverture de cette pente». La pente à tubes avait été fermée tout l'après-midi de cette journée parce qu'il y avait trop d'eau. Le muret de neige servait justement de canal à l'eau d'écoulement.
En matière de frais pécuniaires, la cour accueille entièrement les demandes de Girard, qui réclamait 129 946,31 $ pour frais médicaux et pertes de salaires. Le demandeur exigeait aussi 60 000 $ pour atteintes physiques et «douleurs, souffrances et inconvénients», lui qui a dû considérablement réduire les activités avec ses enfants en raison de cette blessure. Le jugement lui en accorde 56 000 $, pour un grand total de 189 000 $, plus les intérêts à compter de mars 2014, date de la seconde mise en demeure expédiée par le demandeur à la Ville.
Baie-Comeau n'a pas porté en appel le jugement, ni l'assureur de la municipalité, a confié le porte-parole, Mathieu Pineault. L'assureur devrait donc verser le dédommagement à M. Girard, a estimé le responsable des communications, qui a aussi assuré que la pente à tubes a été reconfigurée dès l'été 2013.