Mohamed Labidi

Auto incendiée de Labidi: l'autre accusé acquitté

Marc Gagnon, âgé de 44 ans, a été déclaré non coupable samedi par le jury, au palais de justice de Québec, des accusations d'incendie criminel sur la voiture de l'ex-président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), Mohamed Labidi.

Gagnon était en fait coaccusé dans ce dossier avec Mathieu Bilodeau, 34 ans, qui a lui-même reconnu sa culpabilité en février dernier. Gagnon n'était pas soupçonné d'avoir mis le feu à la voiture, mais bien d'avoir encouragé un déficient intellectuel à le commettre lui-même. 

À sa sortie du palais de justice, le principal intéressé, Mohamed Labidi, s'est dit très «déçu» de la tournure des événements. Il affirme ne pas croire en la vérité du jugement qui a été rendu par les membres du jury.

«On a suivi le procès du début jusqu'à la fin et moi, je peux vous dire que je sens vraiment qu'il est coupable», a-t-il déclaré au Soleil

M. Labidi a de plus affirmé que Mathieu Bilodeau n'aurait jamais pu commettre un tel crime «sans la présence d'un complice».

«J'étais déçu oui que les membres du jury n'aient pas compris ça [cet élément] dans toute cette histoire», a-t-il expliqué.

En compagnie de sa conjointe, Mohamed Labidi a toutefois assuré respecté le verdict rendu par les membres du jury.

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Cliché de la voiture incendiée de Mohamed Labidi, qui a été déclarée perte totale.

Onde de chocs

Souffrant de déficience intellectuelle, Bilodeau a admis avoir, dans la soirée du 6 août 2017, incendié la Toyota Corolla de Mohamed Labidi.

Rappelons que Mathieu Bilodeau a écopé, le 20 avril dernier, d'une peine de 12 mois de prison ferme. Le verdict aurait pu être plus sévère si le crime avait été qualifié d’haineux, a indiqué à ce sujet le juge Christian Boulet de la Cour du Québec.

À l’occasion des représentations sur la peine de l’incendiaire Mathieu Bilodeau, en février dernier, Mohamed Labidi avait d'ailleurs expliqué au juge Boulet que ce sinistre avait résonné très fort dans la communauté musulmane, six mois à peine après la tuerie à la Grande Mosquée.

«J’ai eu des coups de fil de partout au Canada, avait-il dit à l'époque. Les gens me demandaient “mais où s’en va-t-on?”.» 

Labidi s'était alors dit heureux que le crime ait été élucidé rapidement et efficacement, dans l'optique où il avait «ravivé la peur» dans la communauté, selon lui. 

Mathieu Bilodeau était en connaissance de cause et savait bel et bien que le véhicule ciblé par l’incendie appartenait à un membre de la communauté musulmane. Or, rien dans l’enquête policière n’avait permis d’établir que Bilodeau avait tenu des propos clairement islamophobes, selon la procureure de la Couronne, Me Annie Trudel. 

Son crime ne pouvait donc pas être qualifié de «haineux» en se fiant à la jurisprudence, avait-elle argué.