Le fentanyl n’est pas le seul contaminant de drogue et l’héroïne n’est pas la seule substance qui peut se retrouver dans les sachets achetés sur le marché noir. Certains mélanges ne pardonnent pas.

Attention à l’héroïne brune, prévient la Direction de la Santé publique

Au début du mois de novembre, une personne a été retrouvée morte avec en sa possession de l’héroïne brune contaminée par du fentanyl. La confirmation du contenu de la substance a inquiété la Direction de la Santé publique, la situation est jugée «préoccupante».

Le directeur de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale a amorcé une enquête épidémiologique avec les informations préliminaires obtenues le 21 novembre dernier. Il est à noter que l’enquête du coroner est en cours, la cause du décès n’a pas encore été déterminée, mais on suspecte fortement une surdose. 

«En plus de lui signaler d’éventuels cas de surdoses, le directeur a donc demandé à ses partenaires de rehausser leur vigilance vis-à-vis la consommation d’héroïne sur le territoire de la Capitale-Nationale et d’informer les personnes susceptibles d’en consommer», informe le département des communications de la Direction de la santé publique.

Cette situation rappelle aux services d’urgences et aux consommateurs qu’il faut toujours être sur ses gardes lorsque l’on consomme de la drogue de rue. Il ne va pas sans rappeler l’épisode de l’héroïne mauve à Québec au mois d’août dernier. 

«On confirme celles qu’on a dans la région quand on peut. Il ne faut pas penser qu’on est à l’abri des autres drogues de rues, le marché noir n’a pas de contrôle de qualité», insiste la Dre Nathanaëlle Thériault, médecin-conseil à la direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Le fentanyl n’est pas le seul contaminant de drogue et l’héroïne n’est pas la seule substance qui peut se retrouver dans les sachets achetés sur le marché noir. Certains mélanges ne pardonnent pas. 

«On savait que c’était déjà trouvé ailleurs [l’héroïne brune], il y avait eu confirmation dans le passé à Montréal. Souvent, si c’est comme ça à Montréal, il y a des chances que ça se retrouve à Québec. Ça ne nous surprend pas, mais ça nous préoccupe. Le fentanyl est une substance qui comporte beaucoup de risques», rappelle Dre Thériault.

La professionnelle rappelle donc aux consommateurs de ne pas consommer seul, d’avoir de la nalaxone disponible et savoir l’utiliser puis d’appeler le 9-1-1 en cas de surdose, il ne faut surtout pas hésiter.

Une surdose peut se traduire par une respiration rapide, de la somnolence, des petites pupilles et des extrémités bleutées. Il faut savoir reconnaître les risques. 

Plus de cas de surdose

On constate une légère augmentation des décès liés à une surdose avec l’année dernière dans la région de Québec, à pareille date. 

Le nombre officiel de décès causés par une intoxication aux drogues ou aux opioïdes ne peut être déterminé, étant donné que les investigations du coroner ne sont pas terminées dans la majorité des cas. Les données seraient trop «partielles».

Toutefois, le nombre de signalements de décès causé par une intoxication suspectée, avec les informations préliminaires disponibles, s’élève à 37 pour l’année 2019, en date du 26 novembre. Pour 2018, on parle de 34 signalements. 

En 2017, 35 décès par surdose accidentelle ou d’intention indéterminée, excluant les suicides, ont été notés. Pour ces cas, les enquêtes du coroner sont terminées et les résultats ont été rendus publics. 

Pour ce qui est des signalements de surdoses sévères non mortelles relevés par la Direction de la Santé publique, on en compte 52 en date du 26 novembre pour l’année 2019. 

«C’est aussi quelque chose qui nous préoccupe. On se concentre sur nos stratégies d’intervention, on augmente la communication avec notre clientèle visée et beaucoup d’informations passent par le travail de terrain. On augmente aussi nos échanges avec nos partenaires. On a surtout fait beaucoup de travail avec la naloxone, on va améliorer sa distribution dans les prochaines semaines. L’idée c’est de rester vigilants en tout temps, le marché noir évolue constamment», indique Dre Thériault.

Pour ce qui est des décès de surdoses confirmés, les opioïdes (incluant le fentanyl) sont en cause dans plus de la moitié (52 %) des décès non intentionnels causés par une intoxication aux drogues ou aux opioïdes des 10 dernières années.