L’attentat terroriste du 15 janvier 2016 à Ouagadougou avait fait 30 morts dont les six victimes québécoises qui étaient attablées à la terrasse du café Capuccino.

Attentat à Ouagadougou: les victimes québécoises n'ont eu aucune chance

Les six Québécois tués de sang-froid dans un attentat terroriste à Ouagadougou, au Burkina Faso, n’ont jamais eu l’occasion de prendre la fuite. Ils ont été les premières cibles des trois assaillants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Les six rapports du Bureau du coroner, signés par Me Andrée Kronström, ont été rendus publics vendredi, plus de deux ans après le drame survenu le 15 janvier 2016. Les documents sont basés sur les résultats des autopsies, l’enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et les témoignages des proches des victimes recueillis par la coroner. 

Selon le récit commun imbriqué dans chacun des six rapports, les Québécois, qui s’étaient attablés sur la terrasse du café Capuccino, à 19h15, ont été les premiers à se trouver sur le chemin des terroristes. 

La scène d’horreur se résume ainsi : «À 19h30, deux hommes, dont les longs manteaux camouflent des armes d’assaut, marchent vers la terrasse du café. Un troisième homme se positionne sur le terre-plein en face. Les deux assaillants passent devant la haie de végétaux qui borne la terrasse. Ils accèdent à l’entrée du café et aperçoivent à leur droite le groupe de Québécois réuni autour de deux tables. Ils dégainent leurs armes. Les tirs en rafale atteignent d’abord les Québécois, puis de nombreuses autres personnes.»

Relatant les conclusions des enquêteurs de la GRC qui se sont rendus au Burkina Faso, la coroner Kronström indique que «les terroristes ont fait feu de façon aléatoire». En plus du café Capuccino, les assaillants ont assiégé l’hôtel Splendid, dans le bâtiment situé juste en face du restaurant. 

La terrasse du Cappucino a été complètement dévastée par des incendies provoqués par des bombes fumigènes lancées durant l’attentat. Une fois les flammes éteintes et la zone sécurisée, les pompiers burkinabés ont découvert dix victimes, dont les six Québécois. Selon les résultats des autopsies pratiquées à Montréal, ces derniers ont tous succombé à leurs blessures causées par les armes d’assaut, et non par l’incendie.  

L’attaque a fait un total de 30 morts. Les trois assaillants, qui avaient pris la fuite, ont été abattus tôt le lendemain matin par les forces burkinabés.

Québec en deuil

L’attentat a causé une véritable onde de choc dans la région de Québec. Dans les heures qui ont suivi, on apprenait avec effroi l’identité des six victimes québécoises. Les autorités ont confirmé les décès de Charles-Élie Carrier, de son père Yves Carrier, de sa demi-sœur Maude Carrier, de sa mère Gladys Chamberland, ainsi que de leurs amis Louis Chabot et Suzanne Bernier. Les membres de la famille Carrier étaient originaires de Lac-Beauport. M. Chabot résidait à L’Ancienne-Lorette et Mme Bernier à Québec.

Le groupe était au Burkina Faso afin de participer à la construction d’une école pour le compte de la Congrégation des sœurs Notre-Dame du perpétuel secours. Une partie d’entre eux devait quitter le Burkina Faso le jour de l’attentat.

La coroner prend soin de préciser que «toutes les précautions» avaient été prises par les bénévoles humanitaires avant de se rendre dans ce pays d’Afrique. Depuis l’attentat, le gouvernement canadien recommande d’éviter tout séjour au Burkina Faso.

L’enquête internationale menée par le Canada et d’autres pays est toujours en cours afin de traduire les instigateurs de l’attentat en justice, rappelle finalement Me Kronström.