Arrêté mardi avant-midi, Mario Fortier a été libéré sous plusieurs conditions, mercredi.
Arrêté mardi avant-midi, Mario Fortier a été libéré sous plusieurs conditions, mercredi.

Attaque de chiens: Mario Fortier libéré sous une pluie de conditions

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Le Césairois Mario Fortier, maître des deux chiens ayant violemment attaqué Geneviève Piacentini le 26 juin dernier, a été libéré, mercredi, sous plusieurs conditions.

Arrêté mardi avant-midi par le Service des enquêtes sur les crimes majeurs de la Sûreté du Québec pour répondre à une accusation de négligence criminelle ayant causé des lésions, l’homme a dû s’engager à payer une caution de 2000 $, à ne pas changer d’adresse, à maintenir la paix et l’ordre, à se présenter devant le tribunal lorsque requis, à ne pas communiquer avec la victime ou à faire mention de l’affaire sur les réseaux sociaux. 

De plus, il ne doit pas posséder ou avoir la garde de quelconque animal ou résider dans un endroit où il s’en trouve et il lui est strictement interdit de posséder une arme à usage restreint ou même une imitation.

Se tenant bien droit dans le box des accusés devant le juge Benoit Gariépy, l’accusé était menotté, vêtu d’un t-shirt gris et d’un manteau noir. 

Sa comparution, qui a eu lieu un peu après 11 heures mercredi avant-midi, n’aura duré que quelques minutes. 

La procureure de la Couronne au dossier, Me Isabelle Morin, ne s’est pas opposée à la remise en liberté de l’accusé étant donné les conditions très strictes qui lui sont imposées. 

« Nous nous estimons satisfaits des engagements pris par monsieur », a-t-elle fait savoir à sa sortie de la salle d’audience. 

La victime et ses proches encouragés

Ni la victime ou ses proches n’étaient présents au palais de justice de Saint-Hyacinthe. 

La fille de Mme Piacentini, Anne Castaigne, avait réagi mardi à l’arrestation de M. Fortier. « Pour ma part c’est un soulagement. La justice doit encore suivre son cours, ça ne fait que débuter, mais cette première étape nous encourage », avait-elle déclaré à La Voix de l’Est

Mercredi en milieu d’après-midi, l’Association québécoise des victimes d’attaques de chiens, cofondée par Mme Piacentini, a réagi à l’arrestation et à la comparution de M. Fortier par communiqué. 

« L’AQVAC est encouragée par le chef d’accusation de négligence criminelle causant des lésions corporelles porté contre Mario Fortier, propriétaire des chiens qui ont attaqué Mme Geneviève Piacentini le 26 juin dernier. Ceci est une étape importante dans la responsabilisation civile des propriétaires de chiens. Nous espérons que cette accusation va aider le cas de Sylvie Tremblay de Trois-Rivières, celui du CPE l’Enfant-Do de Orford, celui de Pascale Girard attaquait alors qu’elle travaillait pour les Services animaliers de La Vallée-du-Richelieu, et d’autres », a-t-on fait savoir.

M. Fortier est représenté par Me Jocelyn Grenon.

La cause reportée en février

Mario Fortier, qui n’a pas encore enregistré de plaidoyer à l’accusation portée contre lui, devra se représenter devant la Cour le 17 février prochain pour une audience pro format. 

Il est pour l’instant représenté par Me Jocelyn Grenon. Celui-ci ayant obtenu le mandat et le dossier de son client le matin même, il s’est refusé à tout commentaire sur le sujet.

Un verdict de culpabilité pour négligence criminelle peut mener à une sentence d’emprisonnement maximale de dix ans.

Rappelons qu’en son absence, l’après-midi du 26 juin, les deux chiens de M. Fortier ont assailli la Rougemontoise alors qu’elle s’était arrêtée à sa brocante pour voir ce qu’il y avait à vendre.

Alors dans un état jugé critique, la dame a subi d’importantes lacérations au haut du corps, en plus d’avoir été scalpée partiellement. Si elle a évité de peu l’amputation, son état a néanmoins nécessité une greffe de peau.

Capturés par la SPA des Cantons, les chiens avaient été euthanasiés quelques semaines plus tard.