Arrêt Jordan : «Il faut s'adapter», dit la SQ

N'en déplaise à certains policiers, la Sûreté du Québec estime parfois essentiel de soumettre des dossiers d'enquête complets avant que le Directeur des poursuites criminelles et pénales autorise des accusations.
«Il faut que les gens s'adaptent. Je trouve dommage la réaction de nos policiers.» Guy Lapointe est responsable des communications à la SQ à Montréal. Selon lui, l'opinion exprimée par certains policiers sur les nouvelles procédures de mise en accusation ne reflète pas la pensée de tous.
Vendredi, Le Soleil rapportait que la police avait remis en liberté quatre personnes arrêtées cette semaine en possession de 7,4 kilos de cocaïne et 100 000 $ en argent comptant. La Couronne a demandé de compléter l'enquête avant de porter des accusations pour éviter un arrêt des procédures.
Les policiers mécontents de cette nouvelle obligation allèguent que le fait de ne pas toujours pouvoir porter des accusations au moment de l'arrestation permet aux suspects de commettre d'autres infractions ou de prendre la fuite. À titre d'exemple, il peut s'écouler parfois plus d'un mois avant de pouvoir compléter une enquête après une perquisition en matière de stupéfiants.
Le 5 juillet 2016, la Cour suprême fixait à 30 mois le temps maximum qui peut s'écouler entre la mise en accusation d'un individu et le jugement en Cour supérieure. Au cours de la dernière année, on a vu des criminels libérés de leurs accusations à la suite d'un arrêt des procédures en raison de délais déraisonnables imputables à la poursuite.
«Il peut y avoir des gens frustrés par la situation, mais on fait ces changements-là d'un commun accord [police et DPCP]. L'arrêt Jordan existe et la Cour suprême a statué qu'il est là pour rester. On doit tous s'adapter», insiste M. Lapointe.
«Il faut savoir qu'il y a des discussions qui se font entre le DPCP et les gestionnaires des enquêtes», précise le porte-parole. Nous pouvons remettre en liberté des suspects sous certaines conditions. Il ne faut pas alarmer la population. Il y a encore des accusations qui sont portées immédiatement si la sécurité du public est compromise», conclut-il.