Poignets menottés derrière les dos, plaqué contre la voiture de police, le suspect a été maîtrisé par plusieurs patrouilleurs.
Poignets menottés derrière les dos, plaqué contre la voiture de police, le suspect a été maîtrisé par plusieurs patrouilleurs.

Arrestation musclée pour une fausse arme à feu

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
Poignets menottés derrière les dos, plaqué contre la voiture de police, le suspect a été maîtrisé par plusieurs patrouilleurs. Sa fausse arme à feu n’a pas été prise à la légère. 

Samedi soir, vers 22h35, une femme a appelé le 911 pour signaler qu’elle avait été menacée par un homme armé près d’un commerce sur l’avenue Royale, dans Beauport.

Plusieurs policiers, dont un qui était accompagné d’un chien pisteur, ont foncé vers les lieux. Le suspect, qui se trouvait encore près du commerce, a été retrouvé rapidement. 

Au moins quatre policiers ont maîtrisé l’homme, qui a été arrêté pour agression armée et menace de mort. Sous le choc, la victime a été conduite à l’hôpital.

Finalement, l’arme saisie était un pistolet à air comprimé de type «Airsoft» qui tire des balles en plastique. 

Ne sachant pas la nature de l’arme au départ, les policiers ont considéré qu’il s’agissait d’une intervention à «haut risque», indique Sandra Dion, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

«On ne prend pas de chance, dit Mme Dion. Pour nous, c’est un individu armé».

Ce n’est pas inhabituel que les policiers effectuent une intervention à «haut risque» pour un individu qui ne possède finalement pas d’arme à feu. 

Début décembre, par exemple, la police de Québec a dû déployer plusieurs patrouilleurs au centre commercial Laurier Québec. Des clients avaient aperçu une tige métallique sortant de l’étui de guitare d’un homme et craignaient qu’il s’agisse du canon d’une arme à feu.

Après plusieurs minutes de recherche, les policiers ont retrouvé l’individu. Vérification faite, l’homme traînait dans son étui de guitare une barre inoffensive semblable à une tringle de rideaux.

Sandra Dion, la porte-parole du SPVQ, rappelle aux citoyens qu’ils doivent faire attention lors qu’ils portent un objet qui peut s’apparenter à une arme à feu, entre autres les armes de type «airsoft».

Ces pistolets et carabines à air comprimé sont utilisés pour le «airsoft», un sport de tir d’équipe compétitif dans lequel les participants éliminent les joueurs adverses avec des projectiles en plastique. 

Les armes de airsoft sont en vente libre dans des magasins, comme à la Boutique Militaire et Tactique RMS, à Saint-Nicolas. Le propriétaire, Jean-François Cantin, affirme que ses acheteurs sont effectivement des adeptes de airsoft qui pratiquent ce sport dans leurs temps libres.

Les dérapages sont très rares, selon M. Cantin. «Pour 99,9 % des gens, il n’y a pas de problème. Mais une fois de temps en temps, il y a ce qu’on appelle un “épais” qui décide de prendre une arme comme ça et de pointer des gens».

«C’est sûr que pour un policier, c’est dur pour lui de dire si c’est une vraie ou une fausse, ajoute-t-il. Ils ne prennent pas de chance et, évidemment, ils interviennent».