Après plus de sept ans de fuite, un trafiquant prend finalement le chemin de la prison

Tout vient à point à qui sait attendre. Presque huit ans après avoir promis de plaider coupable, le trafiquant d’origine française Pascal Fresquet a finalement tenu parole et pris le chemin de la prison pour trois ans.

Fresquet, 48 ans, dit Le Marseillais, a perdu sa longue chevelure de rocker. Crâne rasé, moue désabusée, il se tient dans le box des accusés et attend de faire face à la justice après l’avoir fuie pendant plus de sept ans.

L’ancien entraîneur de soccer dans la Haute-Saint-Charles a été arrêté en novembre 2011 en même temps qu’une vingtaine d’autres trafiquants de drogue visés par l’opération policière Vautour. L’Escouade régionale mixte (ERM-Motards) venait alors de démanteler un réseau de distribution de stupéfiants de drogue dans la grande région de Québec.

La grande majorité des accusés ont plaidé coupable et reçu des peines souvent considérables. Le dossier a aussi été marqué par l’arrêt des procédures contre l’un des co-accusés, l’ancien Hells Angels Richard «Bob» Hudon.

Le 7 décembre 2011, Pascal Fresquet admettait devant la cour qu’entre 2010 et 2011, il avait fait du trafic de cocaïne avec Alain Côté et un homme qui se révéla être un agent civil d’infiltration. Fresquet était ce qu’on appelle dans le milieu un «chef de run». Il disait écouler un kg de cocaïne en 45 jours dans les secteurs de Charlesbourg, Saint-Émile et Lac-Saint-Charles. Son réseau engrangeait environ 40 000$ chaque mois.

Dans les nombreuses conversations captées grâce à l’écoute électronique, Fresquet ne nomme jamais la substance trafiquée: il parle de «bijoux».

Les policiers n’ont pas été témoins de livraisons de drogue de Fresquet; le trafiquant se plaignait de la qualité de la drogue et craignait la surveillance policière. Ce sont ses aveux qui ont permis de l’inculper.

Après avoir admis les faits, Fresquet a pu reprendre sa liberté. L’entérinement du plaidoyer de culpabilité et  les représentations sur la peine devaient avoir lieu en mars, puis en septembre 2012, après une demande de remise de la défense.

La cour a attendu en vain.  Pascal Fresquet, citoyen français, était reparti pour l’Hexagone. 

Les démarches des policiers québécois seront brèves; aucun traité d’extradition entre la France et le Canada ne vient faciliter leur tâche.

Fresquet est revenu au Canada le 10 octobre 2019. Il a été arrêté dès sa descente d’avion. L’histoire ne dit pas s’il était rentré pour se livrer ou seulement pour voir sa conjointe.

 Le procureur de la Couronne Me Nicolas Poulin et l’avocat de la défense Me Christian Bélanger ont suggéré à la cour d’imposer à Fresquet une peine de détention de trois ans, de laquelle il faut déduire 46 jours de détention provisoire.

L’Indien et son calumet

Durant sa cavale, Fresquet s’est fait arrêter au moins deux fois en France pour possession de cocaïne et de cannabis. 

Son avocat avait tenté d’amadouer le tribunal en plaidant l’exception culturelle. L’accusé a longtemps vécu dans une réserve indienne du Canada dans laquelle « il y a des pratiques culturelles admises », comme la production et l’usage de cannabis, rapporte le journal français Le Dauphiné. « L’image de l’Indien fumant le calumet de la paix est une réalité et c’est un élément déterminant pour expliquer la relation qu’il a avec les stupéfiants », explique l’avocat.

Vrai qu’au début des années 2000, Fresquet habitait Wendake. Sa dernière adresse, en 2012, était toutefois à Stoneham.