Amateur de prostituées mineures dénoncé par une agence d’escortes

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Les policiers ont réussi à arrêter puis à faire condamner un client de prostitution juvénile grâce à l’intervention... d’une agence d’escortes.

Marc Boulanger, 61 ans, de Shannon, a plaidé coupable mercredi au palais de justice de Québec d’avoir communiqué en vue d’obtenir des services sexuels d’une mineure. 

Le 27 février 2018, une agence d’escortes appelle la police pour dénoncer un potentiel client qui réclame, par courriel, des escortes âgées de 12 ou 13 ans.

Ce n’est pas courant, a-t-on expliqué au Soleil, mais pas non plus la seule fois que des gens du milieu de la prostitution tirent eux-mêmes la sonnette d’alarme.

Ordonnances de la cour en main, les policiers de la Sûreté du Québec remontent la piste de l’adresse courriel jusqu’à Marc Boulanger, un homme qui traîne quelques antécédents judiciaires, mais aucun pour des crimes sexuels.

Entre le 3 et le 18 septembre 2018, Boulanger écrit des courriels à ce qu’il croit être une agence d’escortes. Ce sont toutefois des enquêteurs de police qui lui répondent.

L’homme s’informe pour engager une escorte de moins de 20 ans, «la plus jeune possible».

Lorsque son interlocuteur lui signale qu’une escorte mineure coûtera plus cher, Boulanger répond qu’il n’y a pas de problème si le coût n’est pas exagéré. Une entente est prise pour une escorte âgée entre 13 et 15 ans. Un rendez-vous est fixé au 20 septembre 2018 dans un hôtel de Québec.

À son arrivée dans le stationnement, Marc Boulanger rencontre «Dan», qu’il croit être un proxénète, mais qui est en fait un agent civil d’infiltration qui lui joue la comédie.

Boulanger est hésitant. Il finit par remettre 100$ à «Dan» qui lui donne la carte d’accès de la chambre 248.

Marc Boulanger entre dans l’établissement. Il sera arrêté par les policiers dans le corridor du deuxième étage.

Marc Boulanger a voulu indiquer au tribunal que le jour du rendez-vous, il ne souhaitait plus rencontrer la jeune prostituée. «Il pensait faire affaire avec la pègre et il ne voulait plus, résume l’avocat de défense Me Rénald Beaudry. Son but était d’entrer dans le motel par la porte avant et d’en ressortir tout de suite par la porte arrière.»

L’avocat de la défense et le procureur de la Couronne Me Louis-Philippe Desjardins estiment pouvoir en arriver à une suggestion commune sur la peine. Ils la présenteront à la cour à la fin février. Le Code criminel prévoit une peine minimale de six mois de détention.