Chantal Cloutier, la nièce de la victime, reproche à la SQ d’avoir négligé de visionner les vidéos de surveillance des guichets automatiques.

Aînée volée: des lacunes dans l'enquête, selon la nièce

GASPÉ — L’enquête policière ayant permis d’épingler Nadia Dupuis, une intervenante sociale qui a volé 13 970 $ à sa cliente de 80 ans, comporte des lacunes, estime la nièce de la victime.

Nadia Dupuis, de Petit-Cap en Gaspésie, purgera 90 jours de prison les fins de semaine et a dû rembourser 13 850 $ à sa victime, Murielle Pelletier.

«C’est quand même bien, mais ça ne rendra jamais justice à ma tante, qui a perdu plus de 50 000 $. Il n’y a jamais eu d’excuses non plus, alors que ça a bouleversé sa vie», dit sa nièce Chantal Cloutier.

Il n’y a pas eu de procès, puisque Nadia Dupuis a plaidé coupable. L’intervenante sociale utilisait la carte de débit de Mme Pelletier, croit Mme Cloutier.

D’avril 2014 à mars 2016, la nièce a repéré pour environ 50 000 $ de retraits inhabituels sur les relevés de caisse de sa tante, une dame peu dépensière. Une fois, les retraits se sont élevés à 1800 $ en 24 heures. «Ma tante portait ses vieux vêtements, elle s’achetait des casse-têtes. Elle a toujours été très bonne, mais elle ne prêtait pas et ne donnait pas son argent.»

La Sûreté du Québec n’a pas visionné les vidéos de surveillance des guichets automatiques, lui reproche Mme Cloutier. «Ce qui est reconnu, c’est 13 970 $, mais s’ils avaient regardé les vidéos, ç’aurait été beaucoup plus.»

Mme Cloutier se demande pourquoi les enquêteurs n’ont pas interrogé la personne qui a «découvert le pot aux roses», une autre nièce de Mme Pelletier, Line Curadeau, pourtant prête à répondre aux questions.

Mme Cloutier aurait aimé que les enquêteurs lancent un appel à tous pour donner l’occasion à d’éventuelles autres victimes de sortir de l’ombre, ce qu’ils n’ont pas fait.

Détresse de la victime

Murielle Pelletier, maintenant âgée de 82 ans, a déménagé en périphérie de Laval et souffre de perte de mémoire. «Quand elle s’est rendu compte qu’elle s’était fait avoir, elle était frustrée, gênée, elle vivait de l’angoisse», dit Mme Cloutier.

«On veut que justice soit faite à ma tante, même si elle ne reverra jamais son argent», dit Chantal Cloutier. Elle-même n’est pas l’héritière de Mme Pelletier, précise-t-elle. 

L’ex-intervenante sociale ne travaille plus au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie, son employeur au moment du vol. 

Le porte-parole de la Sûreté du Québec, Claude Doiron, affirme qu’il ne commente pas une enquête policière. Chantal Cloutier peut se plaindre au commissaire à la déontologie policière si elle n’est pas satisfaite, ajoute-t-il.