«Nous nous sommes attachées ensemble pour illustrer notre solidarité féministe envers toutes les femmes quant été harcelées ou agressées et n’ayant pas trouvé justice à travers le système actuel», a déclaré une des participantes, Anne-Valérie Lemieux Breton (au centre).

Agressions sexuelles: manif au palais de justice de Québec

Une trentaine de femmes ont investi le palais de justice de Québec mercredi matin — 6 décembre, jour de commémoration de la tuerie de Polytechnique — pour dénoncer «les lacunes du système judiciaire en matière de harcèlement et d’agressions sexuelles».

Vers 9h, les manifestantes se sont regroupées au centre du bâtiment pour s’enchaîner symboliquement et scander des slogans dénonçant entre autres la culture du viol: «Crions plus fort pour que personne ne nous ignore». Des bannières ont aussi été déroulées: «La honte doit changer de camp», «La peur doit changer de camp».

Très rapidement, quelques dizaines de constables spéciaux sont intervenus; c’est à croire qu’ils avaient été prévenus. Ils ont immédiatement retiré les étendards et arrêté la plus bruyante des militantes, armée d’un porte-voix. Après quelques échanges antipathiques, les esprits se sont toutefois apaisés, les forces de l’ordre permettant aux femmes de présenter leurs revendications.

«Nous nous sommes attachées ensemble pour illustrer notre solidarité féministe envers toutes les femmes qui ont été harcelées ou agressées et n’ayant pas trouvé justice à travers le système actuel», a déclaré une des participantes, Anne-Valérie Lemieux Breton. Puis elle a vilipendé «l’impunité incroyable des agresseurs», le traitement réservé aux présumées victimes. 

Un ajout: «Sans oui, c’est non, et ce dans toutes les circonstances, en tout temps.»

Après une dizaine de minutes, le discours terminé, les agents ont indiqué à la troupe qu’il était temps de partir. Des organisatrices sont toutefois demeurées à l’intérieur jusqu’à la libération de la femme appréhendée en lever de rideau.

Dehors, une autre protestataire, Isabelle Boilly, en a remis: «On demande à la justice, à cette grosse institution patriarcale, de changer ses façons de faire, de changer les façons de traiter les victimes. C’est une transformation en profondeur qu’on souhaite.» Trop de dossiers portés devant les tribunaux finissent en queue de poisson, selon elle.

Mme Boilly avertit que les femmes seront tenaces : «On veut continuer, vous allez nous revoir. […] Vous allez nous revoir dans les palais de justice, dans les lieux de pouvoir. On va continuer à dénoncer tant qu’il n’y aura pas des politiques sociales, des changements de comportement, un changement de culture du système judiciaire, c’est clair.»

Vers 9h, les manifestantes se sont regroupées au centre du bâtiment pour s’enchaîner symboliquement, scander des slogans dénonçant la culture du viol. Très rapidement, quelques dizaines de constables spéciaux sont intervenus.

Femmes autochtones

Vers 11h30, un autre rassemblement a eu lieu à la place de l’Université du Québec, cette fois à l’invitation de la Coalition régionale de la Marche mondiale des femmes. Les participantes ont demandé la fin des violences faites aux femmes, la «pleine égalité» avec les hommes.

Elles ont également témoigné de leur soutien envers les femmes autochtones. Le groupe a ensuite marché pacifiquement jusqu’au palais de justice.

Rappelons que le 6 décembre 1989, un homme armé a tué 14 femmes à l’École polytechnique de Montréal. En 1991, le gouvernement fédéral a désigné le 6 décembre comme Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes au Canada.