Le chauffeur de taxi Donat Lizotte, 73 ans, est accusé d'avoir agressé sexuellement une jeune cliente de 17 ans.

Agression sexuelle: le procès d'un chauffeur de taxi suspendu

Le procès du chauffeur de taxi de Sept-Îles, accusé d'avoir agressé sexuellement une jeune cliente de 17 ans à l'époque, mais qui s'est enlevé la vie depuis, est suspendu et ne reprendra que le 22 juin.
Le procès de Donat Lizotte, 73 ans, devait se tenir jusqu'à vendredi. Mais avec le caractère particulier de l'histoire, le ministère public a fait valoir depuis lundi un «voir dire» pour que les déclarations de la présumée victime, notamment celles faites aux policiers, soient admises en preuve. Jeudi, le tribunal a expliqué qu'il tranchera le 22 juin.
Pour les proches endeuillés, qui ont confié au Soleil avoir «hâte de tourner la page», l'attente est douloureuse. «C'est comme si on avait un vase plein et qu'on rajoutait toujours de l'eau. Le vase tient encore parce qu'il y a des mains autour, des mains qui s'ajoutent, qui nous tiennent», a illustré une amie.
Le procès pourra reprendre à une nouvelle date qui sera fixée après la décision du juge de la Cour du Québec. La couronne a néanmoins déjà fait défiler 18 témoins dans le box, dont la mère de la présumée victime, des policiers et un médecin. L'accusé aurait fait monter la cliente vers 18h dans un secteur résidentiel de Sept-Îles, le 31 janvier 2015.
ADN en preuve
Le système GPS du taxi a permis de mettre en preuve que la voiture se serait rendue jusque dans un parc industriel à l'ouest de la ville et que le véhicule aurait effectué deux arrêts, qui auraient duré «entre 4 minutes trente et 6 minutes». La cliente, dont l'identité est protégée, aurait par la suite été déposée au poste de police vers 18h54.
Une biologiste du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale a aussi confirmé devant le tribunal la présence de l'ADN de l'accusé dans des échantillons provenant de la trousse médico-légale de la plaignante. Du «liquide biologique» a aussi été détecté sur le siège du passager, comportant aussi l'ADN du chauffeur.
La défense n'a toujours pas fait entendre de témoins. Mercredi, l'avocat de M. Lizotte a tenté de le faire, mais le juge ne l'a pas autorisé «à cette étape-ci» compte tenu du débat sur le «voir dire». Donat Lizotte clame haut et fort son innocence dans cette histoire. En ouverture du procès lundi, il a affirmé à TVA Nouvelles «que c'était rien qu'un paquet de menteries».