Le procureur de la Couronne entend réclamer qu’Alain Audet soit évalué pour être déclaré délinquant dangereux.

Agression d’une joggeuse: pas de preuve d’intention de viol

La preuve ne permet pas de savoir si Alain Audet voulait violer la joggeuse qu’il a assaillie sur le bord de la rivière Saint-Charles le 2 octobre 2015. Il est donc acquitté de la tentative d’agression sexuelle, mais coupable d’agression armée, de voies de fait ayant causé des lésions et de menaces de mort.

Audet, un récidiviste âgé de 54 ans, a admis lors du procès avoir attaqué la jeune femme de 27 ans en lui balançant au visage un sac contenant de lourdes piles. Il a ensuite mis un chandail sur le visage de sa victime et l’a entraînée dans un boisé sous la menace d’un couteau exacto. 

La joggeuse a profité d’une seconde d’inattention pour échapper à son agresseur. Elle a été secourue par des automobilistes sur le pont Scott.

Alain Audet a expliqué aux policiers qu’au moment de l’agression, il était sous l’influence d’une grande quantité de speed. Il affirme qu’il cherchait de l’argent et voulait voler la joggeuse, pas la violer.

En bordure de la rivière, près des lieux de l’agression, le chien policier a trouvé une multitude d’objets qui constitue, aux yeux de la poursuite, l’attirail d’un violeur : condoms intacts et déchirés, lubrifiant, anneau vibrant, gants en latex, entre autres.

Les objets ont été tachés de gouttes de sang et l’ADN de l’accusé et de la plaignante ont été retrouvés.

Doute raisonnable

La preuve ne permet toutefois pas de conclure que tous ces objets étaient en possession de l’accusé, conclut la juge Chantale Pelletier de la Cour du Québec. «L’endroit est public et peut être fréquenté à toute heure», note la juge. 

Les items trouvés ne démontrent pas que l’accusé avait l’intention de commettre une agression sexuelle. «Aucune parole ou acte de l’accusé n’est à caractère sexuel, constate la juge Pelletier. Rien ne permet de conclure hors de tout doute raisonnable qu’il s’agit d’un début d’exécution d’une infraction sexuelle.»

La juge a souligné que le témoignage de la victime était crédible, fiable et empreint de sincérité. Mais en présence d’un doute raisonnable, l’accusé doit être acquitté, conclut la juge.

Le procureur de la Couronne entend réclamer qu’Alain Audet soit évalué pour être déclaré délinquant dangereux ou à contrôler et qu’il fasse ainsi l’objet d’une surveillance de longue durée.