L’accusée, Katy Jomphe, une femme de 37 ans, a répondu avec calme aux questions de la juge Bouillon lors de sa comparution à la Cour du Québec.

Accusée pour la mort d'un bébé dans une garderie de Sainte-Brigitte-de-Laval

Un an après la mort d’un bébé dans une garderie en milieu familial de Sainte-Brigitte-de-Laval, une femme de 37 a été accusée mercredi de l’homicide involontaire de la fillette de 10 mois.

Calme, répondant d’une voix douce aux questions de la juge Hélène Bouillon de la Cour du Québec, Katy Jomphe a comparu en fin d’après-midi pour répondre à l’accusation portée contre elle.

La Couronne a consenti à ce que Mme Jomphe puisse reprendre sa liberté durant les procédures après s’être engagée à respecter de multiples conditions. Elle s’est notamment engagée pour une somme de 5000$. Il sera interdit à Katy Jomphe de s’approcher du domicile ou du lieu de travail des parents de la victime.

Elle ne pourra pas non plus être en présence de mineurs sauf avec des adultes au courant de l’accusation et ne pourra pas occuper un emploi qui la place en relation avec des enfants.

Une ordonnance de non-publication couvre l’identité de la petite victime ainsi que celle de ses parents, qui étaient présents lors de la comparution. Encadrés par les intervenantes des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), le père et la mère ont regardé fixement l’accusée, en se tenant fermement par la main.

Selon nos informations, la garderie en milieu familial de Katy Jomphe était ouverte depuis seulement deux mois au moment du drame. Elle est fermée depuis.

Le 1er mai 2018, le bébé de 10 mois avait été retrouvé inconscient dans une garderie en milieu familial située dans un bungalow de Sainte-Brigitte-de-Laval. La fillette est morte à l’hôpital.

La Sûreté du Québec (SQ) avait amorcé une enquête pour déterminer s’il s’agissait d’une mort naturelle, accidentelle ou criminelle.

Un an plus tard, l’enquête a débloqué. «On était en attente de développements pour établir les circonstances [de la mort du bébé], entre autres des expertises et des analyses. Les retours qu’on a eus nous ont permis de procéder à l’arrestation de la dame», explique Louis-Philippe Bibeau, porte-parole de la SQ.  

M. Bibeau n’était pas en mesure de préciser, mercredi, si c’est l’autopsie qui a permis l’arrestation. 

Cause similaire

L’accusation de Katy Jomphe survient à peine un mois après la condamnation d’Élizabeth Pelletier, une ancienne éducatrice de Sainte-Marie, en Beauce, qui a écopé d’une peine de 12 mois de prison pour avoir maltraité un bébé de 10 mois dont elle avait la garde.

Mme Pelletier,  24 ans, était propriétaire d’une garderie en milieu familial à Sainte-Marie. Elle a été reconnue coupable de voies de fait causant des lésions sur le bébé dont elle avait la garde en 2016. 

L’enfant avait subi une hémorragie au cerveau. Il avait perdu conscience et la présence de sang dans le bas de sa colonne vertébrale avait été repérée. Selon les aveux d’Élizabeth Pelletier aux policiers, celle-ci aurait «couché fort l’enfant dans son parc», rapportait Radio-Canada.

La Couronne demandait une peine de 18 mois de prison, tandis que l’avocat de Mme Pelletier proposait une probation de deux ans accompagnée de 200 heures de travaux communautaires. 

La juge Manon Lavoie l’a finalement condamnée à un an de détention, estimant que le geste qui a été posé était «d’une force significative» et avait été posé «à la suite de nombreuses frustrations». La juge avait aussi précisé que le geste était «spontané et non prémédité».

En mars, Élizabeth Pelletier a porté en appel son verdict de culpabilité.