Selon Lyne Champagne, la soeur et la fille des victimes, Christian Pépin ne voulait que se donner une meilleure image après avoir commis un double meurtre à l'arme blanche en racontant avoir été agressé sexuellement.

Accusé de double meurtre, Christian Pépin écope 25 ans de prison

MONTRÉAL — Christian Pépin, coupable du double meurtre de sa mère et de sa grand-mère, a reçu deux peines concurrentes de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Le juge Marc David a rendu sa décision lundi après-midi au palais de justice de Montréal. La Couronne et la défense avaient présenté une suggestion commune de peines concurrentes et non consécutives pour les deux meurtres.

L'individu de 35 ans a choisi de plaider coupable aux accusations qui pesaient contre lui. En début de journée, il avait signifié son intention de retirer son plaidoyer de culpabilité avant de se raviser une heure plus tard, pourvu qu'il puisse lire une lettre détaillant son histoire personnelle.

Dans la lecture de sa déclaration d'une vingtaine de pages, l'accusé a allégué avoir été violenté par son père et agressé sexuellement par sa mère de l'âge de 9 ans à 17 ans.

Il disait être «le chum» de sa mère pendant que son père purgeait une peine d'emprisonnement prolongée pour un vol.

Christian Pépin soutient que sa mère l'a agressé sexuellement, la première fois, en le menaçant avec un couteau. C'est pour cette raison, selon son récit, qu'il l'aurait poignardée le 3 décembre 2017. Christian Pépin a aussi relaté avoir vécu des problèmes de toxicomanie.

Le soir des meurtres de Diane Champagne, 55 ans, et de Paulette Robidoux, 76 ans, Christian Pépin aurait consommé de l'alcool et sniffé des cachets.

«J'ai voulu simplement lui faire ce qu'elle m'a fait, s'est-il défendu. J'ai agi en dégueulasse parce qu'on a été dégueulasse envers moi.»

Selon l'accusé, il a «perdu quatre tonnes de rage» après avoir commis ses crimes.

En plus de sa peine d'emprisonnement à perpétuité, il lui sera interdit de posséder une arme à feu pour le restant de sa vie. Il lui est aussi interdit d'entrer en communication avec ses soeurs Marie-Claude Pépin et Carolanne Pépin, de même qu'avec sa tante, Lyne Champagne, ainsi qu'avec son beau-frère Jonathan Morin-Belleville et son neveu Jacob Belleville.

Christian Pépin

La famille n'y croit pas

Lyne Champagne, la soeur et la fille des victimes, a pris la parole pour s'adresser à l'accusé, mais elle s'est rapidement laissée emporter par l'émotion en l'insultant et en le traitant de menteur.

Piqué au vif, Christian Pépin a craché sur la vitre de l'intérieur du box des accusés. Le juge Marc David a dû interrompre brièvement la procédure pour ramener le calme dans la salle d'audience.

Ni Lyne Champagne ni les soeurs de l'accusé, Marie-Claude et Carolanne Pépin, ne croient la version d'agressions sexuelles.

«Il a eu ce qu'il méritait, a commenté Marie-Claude Pépin à sa sortie de la salle de cour. On ne le croit pas. Je connais assez ma mère pour savoir qu'elle n'aurait jamais fait ça.»

Selon Lyne Champagne, l'individu ne voulait que se donner une meilleure image après avoir commis un double meurtre à l'arme blanche.

«Ma soeur en avait peur, il y a deux ans elle l'a mis dehors. Mais c'est ton enfant, tu ne le laisses pas dans la rue...» a-t-elle confié aux médias.

Double meurtre

Christian Pépin a été arrêté sur les lieux du double meurtre, le 3 décembre 2017, après avoir lui-même appelé le 9-1-1.

Il aurait poignardé à mort sa mère, Diane Champagne, âgée de 55 ans, dans l'appartement de l'est de Montréal qu'il partageait avec elle depuis sa récente sortie de prison.

Après s'en être pris à sa mère, il aurait réservé le même sort à sa grand-mère Paulette Robidoux, âgée de 75 ans. La dame atteinte d'Alzheimer dormait dans une chambre de l'appartement.