Accident mortel à Saint-Agapit: une tragédie «évitable»

L’accident mortel qui a tué une femme de 75 ans mercredi à Saint-Agapit aurait pu être évité si le ministère des Transports (MTQ) avait installé les quatre panneaux d’arrêt prévus à une intersection particulièrement dangereuse de la ville, croit le maire Yves Gingras.

«Avoir eu un quatre stops hier [mercredi], je ne suis pas sûr que cet accident-là aurait eu lieu», dit M. Gingras. 

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Depuis des mois, le maire Gingras réclame au ministère des Transports une nouvelle signalisation à l’intersection des routes 273 et 116. Mercredi, sa pire crainte s’est réalisée. 

En fin d’après-midi, Denise Grenier, 75 ans, est morte dans une collision au croisement de l’avenue Daigle (273) et de la route principale (116). Elle était passagère dans un véhicule utilitaire sport qui a été frappé par un camion semi-remorque. L’homme au volant du VUS, âgé de 76 ans, se trouve dans un état critique à l’hôpital.

Chaque année, il y a au moins trois ou quatre accidents à cette intersection, selon le maire. «D’habitude, les accrochages, c’était assez mineur. Mais là, on parle de la vie d’un être humain», se désole-t-il. 

Selon M. Gingras, près de 9000 véhicules par jour franchissent cette intersection, qui est une des plus achalandées de la municipalité. L’intersection est particulièrement dangereuse parce qu’il y a seulement des arrêts obligatoires en direction nord et sud, mais pas en direction est et ouest. 

Les automobilistes qui filent sur la 116 n’ont pas d’arrêt à effectuer. Mais ceux qui arrivent par la 273 doivent s’immobiliser et traverser une route où la limite de vitesse est de 50 km/h, mais souvent dépassée. 

La traversée est périlleuse. «Et l’hiver, c’est encore pire à cause de l’accumulation de neige. Il faut vraiment avancer le nez de l’auto pour bien voir ce qui s’en vient du village», dit le maire Gingras. 

Pas de lumières

Pour rendre l’intersection plus sécuritaire, la Ville de Saint-Agapit a demandé cet automne au MTQ d’y installer des feux de circulation. 

Le MTQ a envoyé une équipe étudier l’emplacement et a finalement refusé les feux de circulation, proposant plutôt quatre panneaux d’arrêts pour qu’il y en ait un dans chaque direction. 

La demande a été autorisée au printemps et quatre arrêts devaient être installés en mai, indique le maire Gingras. Mais en cette fin du mois, il n’y a toujours pas de nouveaux arrêts. 

Au moment d’écrire ces lignes, le MTQ n’avait pas été en mesure de nous expliquer les raisons du délai d’installation. Le maire Gingras ne veut pas jeter de pierres au ministère, qui «collabore bien» avec la ville, note-t-il, et qui est déjà très occupé à réparer les trous que l’hiver a laissés sur la chaussée. «Ils sont débordés».

Yves Gingras constate toutefois une certaine lenteur de la machine gouvernementale. Il croit que la nouvelle signalisation a pris plus de temps à installer, car elle se situe sur une route «numérotée» provinciale. 

«Mettons que si ç’avait été une route appartenant à la municipalité, ça ferait longtemps qu’il y aurait un quatre stops là», dit-il. «Quand c’est à nous, on peut le gérer autrement».