Réal Savoie a décidé de changer son plaidoyer, mercredi après-midi, pour plaider coupable à un chef de meurtre non prémédité.

22 ans de prison pour le meurtrier de Sonia Raymond

Réal Savoie, qui avait reconnu mercredi sa culpabilité à une accusation réduite du meurtre non prémédité de Sonia Raymond le 27 juillet 1996, a été condamné vendredi à purger au moins 22 ans derrière les barreaux par le juge Louis Dionne, de la Cour supérieure.
Comme Réal Savoie est incarcéré depuis le 16 avril 2014, il lui reste un minimum de 19 ans en prison avant d'être admissible à une libération conditionnelle.
La poursuite et la défense s'étaient préalablement entendues sur cette sentence de 22 ans, qui est significativement plus élevée que le minimum de 10 ans dicté par la loi dans un cas de meurtre non prémédité.
Sonia Raymond avait été retrouvée presque complètement dévêtue sur une plage de Maria, environ quatre heures après avoir été poignardée deux fois au cou par Réal Savoie.
L'audition de la pièce maîtresse de la preuve,  le 26 avril, à savoir les aveux de Réal Savoie à «Mr. Big», le patron d'une fausse organisation criminelle montée pour obtenir cette confession, a constitué un point déterminant du procès.
La soeur de Sonia Raymond, Céline, a assisté aux dernières semaines du procès et elle s'est déclarée «très, très, très soulagée» à la sortie du tribunal
Vendredi, la soeur de la victime, Céline Raymond, a indiqué au tribunal, peu avant le prononcé de la sentence, que sa famille a réussi à apaiser sa douleur «parce que nous avons choisi de croire en la puissance de l'amour et en la force de la vie».
Elle avait précédemment évoqué la cauchemardesque soirée du 27 juillet 1996, alors qu'elle et le conjoint de Sonia Raymond, Marco Normandeau, avaient amorcé les recherches. Ils devaient assister au mariage d'amis.
Céline Raymond s'est approchée d'une auto-patrouille, stationnée sur la route longeant la plage de Maria, pour demander: «Est-ce que ma soeur est morte?» L'officier de police qui a répondu «oui». La perte de sa soeur lui a infligé «des douleurs sournoises», qui l'ont incitée à «aimer mes enfants, mes neveux et mes amis en double».
Des années difficiles
Son frère Guylain, un ancien assistant-entraîneur de l'Océanic de Rimouski, un homme de hockey apprécié dans le patelin familial de Causapscal, a également exprimé des paroles d'espoir. Il avait eu la douloureuse tâche d'annoncer la mort de Sonia à leurs parents, il y a 20 ans et neuf mois.
«Les trois dernières années ont été très dures. Il y a des membres de notre famille qui ne sont pas ici aujourd'hui [...]parce qu'elles sont trop blessées [par les événements de 1996]. J'aimerais dire aux gens [pris] dans des causes de meurtres non résolus qu'on a toujours eu confiance dans le travail des policiers», a indiqué M. Raymond, la gorge parfois nouée par l'émotion.
Marco Normandeau a pour sa part expliqué comment il avait eu à se bâtir une carapace à la suite du meurtre, un drame qui avait fait voler en éclat ses rêves, «avoir des enfants, une belle femme, et une belle vie. À 13h30 le 27 juillet 1996 [quand la victime est partie pour la plage], j'étais l'homme le plus heureux d'être l'amoureux de Sonia».
Le procès a été tenu en deux périodes d'environ six semaines chacune, en novembre-décembre et du 6 mars à vendredi. La deuxième période a été ponctuée par une pause de près de trois semaines en raison du remplacement de l'un des substituts du procureur général, pour des raisons de santé.