En bout de piste, le seul geste qui peut être reproché à Yoan Leclerc est d'avoir utilisé une arme à feu sans prendre suffisamment de précautions.

15 mois dans la collectivité pour avoir abattu par accident sa tante

Yoan Leclerc n'ira pas au pénitencier ni même en prison pour avoir accidentellement tué sa tante en chassant l'écureuil. Dans ce cas bien particulier, la poursuite accepte que le jeune homme plaide coupable à une accusation réduite et purge sa peine de 15 mois chez lui.
Une fête familiale s'était terminée de façon atroce, l'après-midi du 20 août 2012, chez les parents de Yoan Leclerc, à Saint-Nicolas. 
Alerté par un membre de sa famille de la présence d'écureuils près de la maison, Yoan Leclerc, 19 ans, passionné de chasse, va chercher sa nouvelle carabine de calibre .22.
Au moment où il vise la bestiole, sa tante Michèle Toussaint, 46 ans, passe sans s'en rendre compte dans la ligne de tir. 
Le jeune homme atteint sa tante à la tête. La dame, mère de deux enfants, meurt sur le coup.
Dès le départ, les membres de la famille, y compris le conjoint de la victime, considèrent cette tragédie comme un accident. Ils voient d'un très mauvais oeil la justice criminelle s'en mêler.
La police de Lévis a soumis le dossier à la Couronne, qui a porté une accusation d'avoir déchargé intentionnellement une arme à feu sans se soucier de la vie et de la sécurité d'autrui (244.2 du Code criminel).
Cette infraction, instaurée par le gouvernement conservateur après de multiples tueries entre membres de gangs de rue, est punie sévèrement par une peine minimale de quatre ans.
Après plusieurs discussions entre les avocats et avec les membres de la famille, le procureur de la Couronne Me Thomas Jacques a accepté que le jeune Leclerc plaide coupable lundi à une accusation d'usage négligent d'arme à feu. La peine maximale prévue pour cette infraction est de deux ans.
Me Jacques a indiqué que le ministère public n'était pas en mesure de faire la preuve hors de tout doute raisonnable de l'intention spécifique requise à l'infraction initiale. «L'usage négligent de l'arme à feu a entraîné un décès, mais pour lequel la responsabilité criminelle ne peut pas être établie par la poursuite», a résumé le procureur de la Couronne.
Pour que la Couronne se décharge de son fardeau de preuve, il aurait fallu que des témoins du drame viennent décrire une conduite négligente et montrer que le jeune Yoan avait conscience des risques.
Le seul reproche
En bout de piste, le seul geste qui peut être reproché à Yoan Leclerc est d'avoir utilisé une arme à feu sans prendre suffisamment de précautions.
En acceptant la suggestion des parties, la juge Marie-Claude Gilbert de la Cour du Québec a noté que la peine ne pourrait jamais refléter la gravité des événements. 
Elle a répété à quel point toute manipulation d'arme à feu doit se faire avec prudence. «Parce que parfois, il n'y a pas de pardon, insiste la juge. Vous aurez, vous, à vivre toute votre vie avec cet événement grave.»
À ce moment, le jeune homme, aujourd'hui âgé de 23 ans, a opiné de la tête.
Durant la première moitié de sa peine de 15 mois, Yoan Leclerc devra observer un couvre-feu et effectuer 120 heures de travaux communautaires. Il lui sera interdit de posséder des armes à feu pour deux ans.