Justice et faits divers

L’homme accusé d’avoir tenu en otage une journaliste dit y avoir été contraint

OTTAWA - Un homme accusé d’avoir tenu en otage une journaliste canadienne dit avoir été contraint de le faire parce qu’il avait été menacé de mort par l’organisation criminelle qui l’a enlevée il y a neuf ans.

Ali Omar Ader témoignait devant la Cour supérieure de l’Ontario, lundi, et il a assuré qu’il n’avait tenu aucun rôle dans le plan élaboré pour kidnapper Amanda Lindhout qui travaillait comme journaliste près de Mogadiscio, la capitale somalienne, en 2008.

Il a livré son témoignage en somali et était traduit par un interprète.

Alors qu’il était interrogé par l’un de ses avocats, M. Ader a raconté qu’il était à un marché lorsque des hommes se sont brusquement approchés de lui en tirant des coups de feu près de ses pieds.

Selon le récit de M. Ader, ils lui auraient alors demandé de se lever et de les suivre, sans quoi ils le tueraient.

Il aurait été ensuite été transporté vers une maison située à l’extérieur de la ville - celle où Mme Lindhout, originaire de Red Deer en Alberta, et le photographe australien Nigel Brennan ont été tenus en otage.

M. Ader, un Somalien de 40 ans qui parlait un anglais rudimentaire, a plaidé non coupable à un chef d’accusation de prise d’otage pour son rôle présumé de négociateur et de traducteur.

La Couronne a présenté une vidéo filmée secrètement qui montre M. Ader affirmant à deux agents doubles de la GRC avoir reçu 10 000 $ pour son rôle dans l’enlèvement.

Une victime lui-même

Dans son témoignage, M. Ader s’est présenté comme une victime qui a été forcée d’aider trois membres d’une organisation criminelle pendant des mois. Il dit avoir subi des menaces, avoir été battu, et les assaillants auraient aussi attaqué sa famille.

Selon ses dires, le groupe l’aurait fait questionner les otages peu de temps après leur capture, et appeler la mère de Mme Lindhout, Lorinda Stewart, au Canada.

Des enregistrements diffusés au procès montrent que M. Ader a parlé fréquemment avec Mme Stewart, lui disant que son groupe réclamait pas moins de 2 millions $ pour la libération des deux otages.

«Je ne l’ai pas fait volontairement, je ne pouvais pas me sauver. Je devais faire un appel quand on me l’ordonnait», a-t-il déclaré.

M. Ader prétend avoir été battu avec une canne et atteint d’une balle qui a blessé son bras.

Il aurait réussi à «s’échapper» à un certain point, se réfugiant chez sa sœur, avant de retourner à la maison avec sa femme et ses enfants.

Les assaillants auraient aussi tenté d’enlever son fils, en plus d’avoir poignardé sa femme.

La Couronne a conclu sa plaidoirie plus tôt dans la journée après avoir diffusé la dernière partie de la vidéo.

Un agent de la GRC s’est présenté comme un magnat des médias intéressé à l’idée de tourner un documentaire sur la prise d’otage afin d’obtenir des détails de la part de M. Ader.

Il présente cette idée à la fin d’une longue rencontre qui s’est tenue en janvier 2015 à Ottawa, lors de laquelle M. Ader avait déjà signé un contrat pour écrire un livre sur la Somalie.

Ce sont lors des négociations pour le livre qu’il admet avoir reçu 10 000 $.

Justice et faits divers

Nouvelles accusations contre Réjean Lefebvre

Shawinigan — De nouvelles accusations à caractère sexuel ont été portées, lundi, contre l’ancien député du Bloc québécois dans Champlain, Réjean Lefebvre, soupçonné d’avoir fait une deuxième possible victime.

Lors du retour de son dossier au palais de justice de Shawinigan, le ministère public a en effet déposé trois nouveaux chefs contre lui. On lui reproche de s’être livré à des agressions sexuelles, à des attouchements sexuels et d’avoir incité un enfant à avoir des contacts sexuels avec lui. 

Les délits seraient survenus à Saint-Adelphe entre le 1er janvier 2003 et le 31 décembre 2006. La présumée victime n’avait que trois ans lorsque les abus auraient commencé. 

Ces accusations viennent donc se rajouter aux trois autres portées le 14 août dernier, soit attouchements sexuels, incitation à des contacts sexuels et agression sexuelle sur une fillette de neuf ans pour des événements survenus cette fois-ci le 10 juin 2017.

Réjean Lefebvre, 75 ans, n’était pas présent en cour pour cette nouvelle comparution mais plutôt représenté par son avocat, Me Bertrand Jacob. La cause a été reportée au 15 janvier au stade l’orientation 

Rappelons que l’homme avait été maire de Saint-Adelphe avant de se lancer en politique fédérale. Il avait été élu député de Champlain pour le Bloc québécois en 1993 puis réélu en 1997.

En 1999, il avait quitté le caucus de son parti pour siéger comme indépendant en raison de problèmes d’alcool. 

Il s’était notamment fait arrêter trois fois pour conduite avec les facultés affaiblies, dont deux fois en 1994.

En dépit d’une thérapie qui avait suivi ces deux infractions et les amendes, il avait de nouveau été arrêté en octobre 1998 sur l’autoroute 417 ouest par des agents de l’Ontario Provincial Police mais acquitté par un tribunal de l’Ontario.

Justice et faits divers

Procès du policier Simon Beaulieu: témoins sous le choc

De résidents du quartier, des travailleurs, des clients de la caisse populaire, des sans-abri; le parvis de l’église Saint-Roch grouillait de monde le midi du 3 septembre 2014 lorsque le policier Simon Beaulieu a frappé le cycliste Guy Blouin.

La caissière France Bédard profitait de son heure de lunch pour prendre du soleil, juste devant la caisse Desjardins du centre-ville, rue Saint-François Est.

Elle discute avec une collègue et regarde les clients entrer et sortir de l’institution financière.

Soudain, Mme Bédard entend un crissement de pneus. Elle voit une autopatrouille reculer, sans gyrophare ni sirène, et frapper un cycliste qui roulait en direction ouest. «Je suis restée figée sur mon banc, a expliqué Mme Bédard, lors du deuxième jour du procès de Simon Beaulieu. J’ai vu M. Blouin en dessous de la voiture.»

Les deux policiers sortent de la voiture. France Bédard entend Guy Blouin sacrer après les agents.

Un des policiers met un genou dans le dos du cycliste. Selon la témoin, il lui lance : «De toutes façons, tu es arrêté. L’ambulance s’en vient.»

Guy Blouin, 48 ans, va ensuite marcher, avec un peu d’aide, jusqu’au véhicule d’urgence. Son décès sera constaté tout juste après son arrivée à l’hôpital.

Jean Fortin, gardien de nuit dans une maison de thérapie et résidant du quartier Saint-Roch, a entendu plutôt que vu la collision. Mais quelques secondes plus tôt, il avait bien vu l’autopatrouille reculer rapidement, dit-il. «Il a eu un bon départ», a commenté M. Fortin.

Le cycliste Guy Blouin, lui, roulait normalement, sans faire mine de se sauver, ajoute-t-il.

Jean Fortin se rappelle encore de la colère et du choc des dizaines de personnes qui ont quitté le parvis pour s’aligner le long de la rue Saint-François. Il a lui-même participé à la création du Comité du 3 septembre, un regroupement de citoyens qui vise à dénoncer les infractions commises par les policiers.

Preuve close pour la poursuite

Après le témoignage du reconstitutionniste de la SQ, d’un mécanicien et des deux témoins civils, le procureur de la Couronne Me Michaël Bourget a déclaré sa preuve close lundi midi.

La défense a commencé sa preuve en déposant le rapport d’un expert en traumatologie. Ce médecin évalue que Guy Blouin est décédé d’une «super-fracture» de côte, qui empêchait ses poumons de se gonfler et de se dégonfler normalement.

Une expertise toxicologique déposée par la défense démontre que Guy Blouin avait dans son urine des résidus de cocaïne, de métamphétamines et de cannabis.

Jugement du policier

La défense a fait témoigner l’officier superviseur de Simon Beaulieu concernant les nombreuses plaintes visant les piétons et les cyclistes au centre-ville. «On demande aux patrouilleurs d’être très interventionnistes au niveau du partage de la route lorsqu’ils constatent des infractions», a indiqué l’inspecteur David Fillion.

Le juge René de la Sablonnière qui entend le procès a pu apprendre que sur les 120 directives administratives et procédures opérationnelles de la police de Québec, aucune ne concerne les interceptions de cycliste.

Et de toutes façons, s’il y avait une procédure, le patrouilleur devrait l’adapter aux circonstances, a affirmé le lieutenant Marko Mercier.

«Les directives n’ont pas pour but d’empêcher de réfléchir le patrouilleur?» lui a demandé le procureur de la Couronnne, Me Michaël Bourget. Non, concède l’officier.

«Ça ne l’empêche pas de juger de ce qui est dangereux?» Non à nouveau.

«Et vos directives ne viennent pas supplanter le Code de la sécurité routière?» Pas du tout.

Le procès sera suspendu jusqu’à mercredi pour donner le temps à la Couronne de lire l’expertise de l’ingénieur Jean Grandbois, mandaté par la défense pour reconstituer l’accident, et préparer le contre-interrogatoire.

Le policier Simon Beaulieu et son ancien partenaire de patrouille témoigneront par la suite.

JUSTICE

Une hausse significative des trains de pétrole brut à Lac-Mégantic

Michael Horan avait remarqué une augmentation significative de la fréquence des trains de pétrole brut qui circulaient sur la voie ferrée de la Montréal, Maine & Atlantic (MMA).

Le témoignage de l’homme de 51 ans se poursuivait pour une troisième journée, lundi, au palais de justice de Sherbrooke au procès devant jury de Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie.

Les trois hommes sont accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes lors du déraillement de train de la MMA le 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic.

Michael Horan confirme que le nombre de convois de pétrole brut qui passait par Lac-Mégantic avait augmenté de façon importante au cours des mois précédents la tragédie du 6 juillet 2013.

« Il y avait effectivement une augmentation du trafic de pétrole brut. Tout dépendant des semaines, nous sommes passés de trois à sept convois par semaine. Le poids des trains avait augmenté (...) Tout dépassement de poids par train ou par wagon devait être autorisé par Bangor. Il y avait sûrement des dépassements. Mais ils étaient approuvés par Bangor », soutient le témoin Horan.

Une bonne partie de l’avant-midi a été consacrée au contre-interrogatoire de Michael Horan par les avocats chargés de la défense de Thomas Harding, Me Thomas Walsh et Me Charles Shearson.

Stationnement sécuritaire

Me Shearson a résumé la façon sécuritaire de stationner un train sur une pente descendante, ce à quoi le témoin a acquiescé.

Plus tard lors de son témoignage, Michael Horan a répété que l’inclinaison, la température extérieure et le poids du train étaient trois facteurs qui pouvaient influencer le nombre de freins à main à appliquer lorsqu’un train était laissé sans surveillance.

« Il y avait un minimum en fonction de la charte, mais on pouvait en ajouter », a indiqué Michael Horan.

Ce dernier a témoigné qu’il n’y avait pas de formulaire à remplir concernant le nombre de freins à main appliqués sur un convoi ferroviaire laissé à Nantes.

« Nous n’avons pas eu de rapport qu’il n’y avait pas suffisamment de freins à main à Nantes », a précisé le témoin.

L’avocat de Jean Demaître, Me Gaétan Bourassa, a poursuivi le contre-interrogatoire du témoin Horan en lui faisant compléter l’organigramme de la MMA tel qu’il était en juillet 2013.

Michael Horan a ajouté les noms de plusieurs cadres de la compagnie ferroviaire sous leur titre en expliquant sommairement les fonctions de certains d’entre eux.

Il a aussi signalé le nom des trois mécaniciens de locomotive chargés de transporter les convois de pétrole brut de Farnham à Lac-Mégantic, soit Thomas Harding, Luc Ruel et François Daigle.

Le procès présidé par le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure se poursuit, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.


En région

Pêcheur disparu en mer en Haute-Gaspésie

La Garde côtière abandonne les recherches en mer pour trouver le pêcheur de 53 ans de Sainte-Anne-des-Monts en Haute-Gaspésie, tombé du navire Sim Dan dimanche au large de Tourelle. Des policiers continuent d’arpenter les berges et demandent à la population d’ouvrir l’œil, à l’affût du corps ou d’un indice.

«Il n’avait pas de veste de sauvetage, il est quand même tombé à l’eau [dimanche] à 18h30 et un grand secteur a été couvert par les recherches […]. Les chances de survie sont plutôt minces», indique Michel Plamondon, porte-parole de la Garde côtière canadienne. 

Au plus fort des recherches, six navires de pêche, deux de la Garde côtière et un navire commercial ont sillonné le secteur, tout comme deux hélicoptères et un avion Hercules. Les recherches ont duré 18 heures et ont couvert 370 kilomètres carrés pour tenir compte des vents et de la dérive. 

En après-midi lundi, la Garde côtière a réduit les recherches. Elle a levé le «mayday relay» qui demande aux bateaux passant dans le secteur de scruter la surface de l’eau. Le dernier navire sur place, le A. LeBlanc de la Garde côtière, devait quitter la zone vers 18h lundi. 

Le Sim Dan, un bateau de pêche au poisson de fond, était parti dimanche après-midi de Mont-Louis vers le quai de Tourelle où il devait être remisé pour l’hiver. À 800 mètres de l’arrivée, «l’homme de pont manœuvrait une pièce d’équipement quand il a perdu l’équilibre et est tombé par-dessus bord», indique Claude Doiron, de la Sûreté du Québec.

Le deuxième homme à bord a tenté de récupérer son compagnon, mais les forts courants et les grosses vagues l’en ont empêché. Il a rapidement lancé un appel de détresse à la Garde côtière.

La météo n’avait rien, dimanche soir, pour faciliter les recherches. «On avait des vents d’est de 25 à 30 nœuds et des vagues de 2 à 3 mètres», spécifie M. Plamondon.

Les recherches se sont poursuivies toute la soirée et toute la nuit de dimanche à lundi. Tourelle se trouve à sept kilomètres à l’est de Sainte-Anne-des-Monts.

Justice et faits divers

Homicide à Sainte-Hedwidge: le mystère plane toujours

Le mystère plane concernant les circonstances entourant le meurtre de l’ex-policier Norbert Fortin.

L’homme de 64 ans a été découvert sans vie dimanche vers 11 h 30 par des proches, dans sa maison du 306 Rang 8 à Sainte-Hedwidge. Pour l’instant aucun suspect n’a été ciblé. La Sûreté du Québec donne très peu de détails sur ce drame qui perturbe la petite localité. « L’enquête a été confiée à l’escouade des crimes majeurs. Ce n’est pas un accident ni un suicide. Je ne peux pas aller plus loin pour l’instant. Des témoins ont été rencontrés et d’autres vont l’être dans les prochaines heures », a mentionné le porte-parole de la SQ Jean-Tremblay.

Ce dernier n’a pas voulu dire si une arme avait été utilisée pour commettre le meurtre et si la mort a été violente.

Afin d’obtenir plus d’informations, le poste de commandement mobile a été déplacé dans le stationnement de l’église afin de recueillir des témoignages de la population. La SQ n’écarte pas que parmi les témoins rencontrés, il puisse y avoir un suspect. « Ce n’est jamais écarté, c’est la poursuite de l’enquête qui nous le dira. Pour l’instant, il est prématuré de spéculer et de donner trop d’informations », a ajouté Jean-Tremblay.  

Norbert Fortin ne semblait pas être très connu à Sainte-Hedwidge. Les personnes rencontrées par Le Quotidien disaient le voir à l’occasion, il ne s’impliquait pas dans les affaires communautaires. Il vivait seul depuis au moins 15 ans dans une maison construite sur la terre familiale. L’ex-policier qui a pris sa retraite en 1999 n’a pas de femme ni d’enfant.

Plus de détails à venir.

Justice et faits divers

Des présumées victimes d’un prêtre apostrophent Monseigneur Lacroix

Des hommes disant avoir été agressés sexuellement par un prêtre décédé depuis plus de 30 ans ont profité de la visite du cardinal Gérald Cyprien Lacroix à Thetford Mines dimanche pour manifester devant l’église Saint-Alphonse et pour présenter leurs doléances à l’archevêque de Québec, qu’ils tentent de rencontrer depuis cinq ans.

Pierre Bolduc, Denis Cloutier, Jean Poulin et Jean-Yves Tardif disent avoir été victimes de sévices sexuels de la part du prêtre thetfordois Jean-Marie Bégin alors qu’ils avaient entre 7 et 13 ans, soit de 1965 à 1980. Ils accusent le diocèse de Québec d’avoir transféré le prêtre de paroisse en paroisse, lui permettant de faire d’autres victimes. Le prêtre s’est enlevé la vie en 1986 à son chalet du lac de l’Est, à Disraeli.

Juste avant la célébration dominicale, MM. Bolduc, Cloutier et Poulin et leur porte-parole Roger Lessard sont entrés dans l’église Saint-Alphonse avec leurs pancartes pour s’adresser directement à Mgr Lacroix. «C’est la première fois qu’on lui parle. Il a toujours refusé de rencontrer les victimes. On voulait le rencontrer depuis 2012 et il nous a plutôt fait rencontrer par un avocat. On voulait lui dire que c’était immoral et hypocrite, et que le diocèse avait eu du front d’avoir fait changer de paroisse un prêtre qui a fait au moins quatre victimes», a expliqué Roger Lessard au Soleil.

«Il nous a serré la main, il a eu l’air d’être figé. Il a dit que ce n’était pas vraiment la place pour en parler. Nous sommes quand même très satisfaits de lui avoir dit en pleine face sa malhonnêteté et qu’on n’avait pas confiance en lui et qu’il se cachait derrière le délai de prescription [qui empêche les victimes d’agressions de poursuivre au civil après une certaine période de temps]», poursuit M. Lessard.

En mode accusation

L’archevêque de Québec a pour sa part affirmé au Soleil qu’il avait été un peu bouleversé quand il avait entendu à la radio qu’il y aurait une manifestation pour sa visite à Thetford Mines. «Je me suis dit que j’allais faire comme avec tout le monde, c’est-à-dire les accueillir. Je les avais vus une fois à Québec, mais je n’avais pas eu de contact avec eux, c’est le porte-parole du diocèse qui leur avait parlé», a expliqué le prélat.

«Je leur ai tendu la main et ils y allaient pas mal fort en me disant ‘’reconnaissez-vous ces photos? Cet enfant, c’est moi et j’ai été abusé!’’. Il n’y avait pas vraiment de place pour le dialogue, ils étaient en mode accusation», a poursuivi l’archevêque de Québec. «J’aurais aimé leur dire ‘’assoyez-vous, on va jaser’’, mais ce n’était pas la place. Je suis disponible à la cathédrale un dimanche par mois pour rencontrer les gens. Toute personne qui se présente sera rencontrée. Cependant, les personnes qui veulent de l’argent, qui veulent faire des réclamations, on les redirige vers le système judiciaire, car on ne peut pas faire grand-chose pour elles.»

Mgr Lacroix a dit avoir fouillé attentivement le dossier du prêtre Jean-Marie Bégin et n’y avoir rien trouvé. «C’est difficile d’aller plus loin, car ce prêtre est décédé depuis longtemps et qu’il n’est pas là pour se défendre», affirme l’archevêque, qui n’est cependant pas prêt à dire que ces trois hommes ne disent pas la vérité. «Nous n’avons malheureusement aucun moyen de juger de cela présentement. Si eux disent qu’ils ont souffert, si ces gens veulent de l’aide psychologique, de l’accompagnement ou des thérapies, nous pouvons les aider», a-t-il résumé.

Il a ajouté que les personnes intéressées à rencontrer l’archevêque doivent d’abord rencontrer un bénévole du comité-conseil diocésain. «Si les bénévoles voient qu’il y a une possibilité de dialogue, je rencontrerai ces personnes, car oui, j’ai déjà rencontré des victimes. Par contre, s’ils veulent accuser ou avoir de l’argent, et il semble que ce soit le cas, je ne suis pas la bonne personne à qui ils doivent s’adresser…»

MM. Bolduc, Cloutier, Tardif et Poulin disent ne pas avoir apprécié que le bénévole du comité diocésain que le diocèse leur a déjà fait rencontrer ait été un avocat spécialiste en recours collectifs, depuis nommé juge à la Cour supérieure. Ils affirment pourtant ne pas réclamer d’argent du diocèse, même s’ils ont approché les partis d’opposition à l’Assemblée nationale pour demander l’abolition du délai de prescription, qui leur empêche d’avoir un recours légal contre leur agresseur un certain nombre d’années après les sévices.

«Nous avons formulé certaines demandes, dont de rencontrer l’archevêque, d’avoir le dossier complet du prêtre, qu’une information appropriée à son sujet soit diffusée dans le diocèse, que son cas soit signalé à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, que le diocèse admette sa responsabilité concernant les prêtres pédophiles, et qu’ils appliquent une directive du pape François aux cardinaux, les enjoignant à être humbles et à travailler pour la justice», termine Roger Lessard.

Justice et faits divers

Mort suspecte d'un ex-policier au Lac-Saint-Jean

La Sûreté du Québec (SQ) enquête sur la mort suspecte d’un homme de 64 ans, un ancien agent du service de police, survenue à Sainte-Hedwidge-de-Roberval, au Lac-Saint-Jean.

Le corps de l’homme a été retrouvé vers 15 h 30 dans une résidence de la petite municipalité de quelque 800 âmes, située à l’ouest de Roberval. Le porte-parole régional de la Sûreté du Québec, Jean Tremblay, a indiqué dimanche en soirée que la mort de l’homme était considérée comme étant suspecte.

Selon les informations du Quotidien, la victime est un ancien membre de la SQ, et la scène de crime laisse fortement croire qu’il s’agit d’un assassinat. Personne n’avait été arrêté en lien avec les événements, dimanche soir.

Enquête

Le porte-parole Jean Tremblay a indiqué que l’enquête a été confiée à l’Unité des crimes contre la personne ainsi qu’au Service d’identité judiciaire de la SQ. Des enquêteurs de Saguenay et de Québec ont été mis sur le dossier.

En fin de soirée, dimanche, les enquêteurs se trouvaient toujours sur les lieux. Une autre équipe se trouvait au quartier général de la SQ à Roberval pour travailler sur l’affaire, les communications par cellulaire étant parfois difficiles dans le secteur de Sainte-Hedwidge. L’enquête en étant à ses débuts, Jean Tremblay ne pouvait en divulguer davantage. Les circonstances de l’événement ne sont pas connues pour l’instant et les policiers tentent de refaire le fil des derniers moments de la victime.

L’adresse de la résidence où le corps a été retrouvé ne pouvait être divulguée, puisque les proches du sexagénaire n’avaient pas encore tous été joints.

Actualités

Collision entre un avion et un drone: une première qui inquiète

MONTRÉAL — Le ministre fédéral des Transports se dit «extrêmement soulagé» qu’une collision entre un drone et un avion commercial — une première au Canada — n’ait pas causé de dommage important à l’appareil. L’avion a pu se poser sans problème à l’aéroport Jean-Lesage à Québec, jeudi dernier.

Le ministre Marc Garneau a annoncé dimanche matin dans un communiqué qu’un accident était survenu entre un appareil commercial de la compagnie Skyjet et un drone, ces aéronefs sans pilote qui sont contrôlés à distance.

Selon le ministre, il s’agirait du premier accident du genre au Canada.

M. Garneau dit suivre la situation de près et être en contact avec tous les intervenants impliqués, dont le Service de police de Québec et le Bureau de la sécurité des transports (BST), qui n’a pas encore annoncé s’il allait ouvrir une enquête.

Chris Krepski, porte-parole au BST, a affirmé que le BST évaluait en ce moment la situation et qu’il déterminerait dans les prochains jours s’il enquêtera sur l’incident.

Selon les nouvelles règles de Transports Canada, l’usage d’un drone à des fins de loisirs est interdit dans un rayon de moins de 5,5 kilomètres autour de tout aéroport et à plus de 300 pieds au-dessus du niveau du sol (environ 90 mètres).

Justice et faits divers

Un homme en crise secouru sur le pont de Québec

Le pont de Québec a été fermé à la circulation pendant près de deux heures, samedi après-midi, après qu’un homme en crise soit descendu dans la structure sous le tablier. Le trentenaire a finalement été rescapé par les secours.

La Sûreté du Québec (SQ) a été avisée un peu avant 15h15, samedi, de la présence de l’homme en crise dans la structure sous le pont de Québec. 

Un périmètre de sécurité a rapidement été érigé par les policiers, bloquant le pont dans les deux directions alors que différents corps de sauvetage unissaient leur force pour intervenir. 

En plus de l’escouade nautique et des agents de la SQ, des policiers de Québec et Lévis, des ambulanciers et l’escouade de sauvetage GRIMP des pompiers de Québec se sont rendus sur les lieux.  «C’est un bon travail d’équipe», a salué la porte-parole de la SQ, Hélène Nepton, en fin de journée, samedi.

L’homme d’une trentaine d’années a finalement accepté l’aide des secours et il a été rescapé un peu avant 17h par l’escouade GRIMP, étant rapidement conduit au centre hospitalier. Le pont a été rouvert à la circulation une dizaine de minutes plus tard.

Il s’agissait de la deuxième fois en quelques jours, à Québec, qu’un pont devait être fermé en raison d’un homme en crise.  

Mercredi matin, la présence d’un homme dans la structure du pont Pierre-Laporte avait forcé sa fermeture complète en pleine heure de pointe.