Justice et faits divers

Un multirécidiviste de l’alcool au volant arrêté une quatrième fois

Un multirécidiviste de l’alcool au volant qui avait encore son permis de conduire a été arrêté de nouveau, mercredi matin. 

Vers 8h, des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont intercepté un automobiliste qui circulait à 125 km/h dans une zone 70 km/h sur le boulevard Sainte-Anne, à Sainte-Anne-de-Beaupré.

Lors de l’interception, les patrouilleurs ont constaté que le conducteur avait les capacités affaiblies par l’alcool. Il a été arrêté et amené au poste de la MRC de La Côte-de-Beaupré, où il a échoué l’alcootest.

Après vérification, les policiers ont constaté que le conducteur, un résidant de Beaupré âgé de 44 ans, avait déjà été condamné à quatre reprises pour alcool au volant dans le passé.

Son véhicule a été saisi et il a reçu un constat d’infraction pour grand excès de vitesse au montant de 869 $ et 10 points d’inaptitude.

La SQ n’était pas en mesure, mercredi, de préciser à quels types de contraintes de conduite le conducteur était soumis. 

Malgré ses quatre infractions pour alcool au volant, le conducteur possédait toujours un permis de conduire. «Ça suppose que sa dernière condamnation remonte à quelques années», note l’avocat criminaliste Alain Dumas. 

Selon le Code de la sécurité routière, la période de référence pour le calcul de la récidive est de 10 ans. Normalement, la durée pendant laquelle un automobiliste n’a plus le droit de conduire augmente avec le nombre d’infractions. Après une troisième infraction, le permis est révoqué et il est impossible d’en obtenir un nouveau pendant cinq ans. 

L’antidémarreur éthylométrique devient également obligatoire à vie, mais l’appareil peut être sujet à des contournements. Un conducteur fautif peut demander à un juge de se départir de l’éthylomètre après 10 ans, s’il n’a pas cumulé plus de deux condamnations.

Les récidivistes ne sont pas rares en matière d’alcool au volant. Chaque année, ils représentent environ 16 % des contrevenants.  

Justice et faits divers

Frais d'agglomération: la Ville de Québec devra rembourser près de 38 M$

L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin-de-Desmaures sortent gagnantes du combat de l’agglomération. La Cour supérieure ordonne à la Ville de Québec de leur rembourser respectivement 13,9 M$ et environ 20 M$ et force la ville-centre à revenir en arrière avec l’esprit des quotes-parts d’origine.

Trois ans après les défusions, le 16 janvier 2009, les villes de Québec, L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin-de-Desmaures ont signé une entente pour améliorer le fonctionnement de l’agglomération de Québec et régler une longue chicane.

Cette entente fixe la contribution de L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin-de-Desmaures aux dépenses mixtes à 2525 000$ pour 2008. Il est prévu dans l’entente que cette somme sera indexée annuellement selon la moyenne des pourcentages des variations des dépenses du dernier rapport financier déposé par les municipalités, excluant le service de dette.

La quote-part de chacune des municipalités inclut à la fois des dépenses d’agglomération, réparties entre elles selon leur potentiel fiscal, et des dépenses mixtes (par exemple le service de l’ingénierie, de la gestion des immeubles, etc.). Les trois villes payent seules leurs dépenses dites «de proximité».

Dans une seconde entente, le gouvernement du Québec est venu compenser la Ville de Québec pour la perte liée à la fixation de la contribution des deux villes aux dépenses mixtes. La Ville de Québec a reçu 70 M$ en dix ans en guise de compensation.

Un vrai contrat

Les deux villes défusionnées ont entamé des procédures judiciaires lorsqu’elles ont vu la Ville de Québec changer les règles du jeu et hausser les montants réclamés.

L’Ancienne-Lorette a vu sa quote-part gonfler de 86 % en sept ans (entre 2008 et 2015) tandis que Saint-Augustin-de-Desmaures a eu une augmentation de 108,6 % pour la même période.

Au cours du procès qui s’est tenu en février dernier, la Ville de Québec plaidait que l’entente de 2009 entre les maires Régis Labeaume, Émile Loranger et Marcel Corriveau n’était qu’un cadre politique et que l’agglomération (où elle occupe 94 % des voix) pouvait adopter un règlement pour modifier les quotes-parts afin de mieux suivre la réalité financière du territoire.

Le juge Bernard Godbout de la Cour supérieure donne tort à Québec. Cette entente est un contrat civil  et «elle s’impose telle qu’elle est écrite aux trois villes liées», tranche le juge. «Que cette entente soit de nature politique ou non, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue un contrat, écrit le juge Godbout. D’ailleurs, comment pourrait-on considérer que parce qu’elle est de nature politique, une entente n’oblige pas ses signataires?»

La Ville de Québec n’était donc pas en droit de réviser l’approche budgétaire comme elle l’a fait afin d’imputer des dépenses mixtes (celles qui sont payées à la fois par l’agglomération et par les villes) à 100 % à l’agglomération. Entre 2010 et 2015, la Ville de Québec a ainsi déplacé annuellement entre 12 et 16 millions $ de dépenses de la colonne «dépenses mixtes» à la colonne «dépenses 100% d’agglomération».

Cette démarche de la Ville de Québec «ne respecte tout simplement pas l’esprit et la lettre» de la loi sur les agglomérations, estime le juge.

La Ville de Québec se devait et doit toujours, dit le juge Godbout, tenir compte de l’entente entre les trois villes lors de l’adoption d’un règlement par son conseil d’agglomération.

Pour cette raison, écrit le juge Godbout, l’actuel règlement sur les quotes-parts doit être annulé. Le juge accueille donc les réclamations et ordonne à la Ville de Québec de verser 13,9 millions $ avec intérêt légal à L’Ancienne-Lorette en frais payés en trop et approximativement 20 M$ à Saint-Augustin-de-Desmaures.

En tout début du procès, la Ville de Québec avait admis devoir 8 M$ aux deux villes pour corriger des erreurs de calcul, disait-elle.

Taxation équitable requise

Le juge Bernard Godbout en vient aussi à la conclusion que les villes de L’Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin-de-Desmaures n’ont pas à supporter les déficits actuariels des régimes de retraite des employés municipaux pour des obligations antérieures au 1er janvier 2002, date des fusions municipales. 

Le tribunal exige donc de la ville-centre qu’elle mette en place des méthodes de taxation équitables pour financer les régimes de retraite.

Pas de mauvaise foi

Les avocats de L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin-de-Desmaures demandaient que la Ville de Québec soit déclarée de «mauvaise foi» pour avoir, d’un point de vue administratif, détourné l’application de l’entente de 2009 sur l’agglomération et, d’un point de vue législatif, adopté le règlement sur les quotes-parts.

Le maire Régis Labeaume, signataire de l’entente, est imputable de son administration qui fait fi de l’entente, convient le juge Bernard Godbout. Aucune déclaration de mauvaise foi ne sera prononcée à l’égard de qui que ce soit, conclut toutefois le juge. «Distribuer ou saupoudrer ici des torts, quel que soit le niveau de l’administration concernée, n’aiderait aucunement les maires et les officiers des villes liées à poursuivre leur travail qui essentiellement requiert de leur part un minimum d’écoute, de dialogue sincère et de franche collaboration.»

L’important, ajoute le juge Godbout, c’est que le litige aide les administrateurs concernés à mieux comprendre la portée de leur entente et que le jugement soit source d’une meilleure collaboration. «C’est probablement ce que la population de l’agglomération de Québec attend de ses élus», estime le juge.

La Ville de Québec devra aussi payer les frais de justice et les quelque 4 millions $ de frais d’experts comptables de la firme Deloitte engagée par les villes défusionnées dans cette bataille sur les quotes-parts. Environ 9 professionnels ont travaillé durant 12 000 heures à ces procédures épineuses.

Justice et faits divers

Longueuil doit prendre des mesures contre le harcèlement dans ses bibliothèques

LONGUEUIL - La Ville de Longueuil fera installer dans de brefs délais des caméras de surveillance dans ses bibliothèques après que certains de ses employés aient mentionné qu’ils avaient été victimes de formes diverses de harcèlement.

Les autorités municipales ajoutent que les individus qui font l’objet de plaintes répétées du personnel seront exclus du réseau des bibliothèques de Longueuil.

Un registre des usagers suspendus a d’ailleurs été mis sur pied pour partager ces informations entre les différents établissements. Des affiches pour signifier à la clientèle que le harcèlement, la violence verbale et les comportements indécents n’étaient pas tolérés ont également été posées.

Un porte-parole de la Ville de Longueuil, Louis-Pascal Cyr, a fait savoir que la direction de la Ville rencontrera dans les prochains jours les employés qui le souhaitent afin d’apporter un éclairage supplémentaire sur la situation et pour trouver des solutions qui pourront assurer à tous un milieu de travail exempt de harcèlement.

Ces mesures ont été annoncées après la publication par le journal Le Courrier du Sud d’un dossier démontrant que des employés des bibliothèques ont subi ou ont été témoins de gestes indécents.

Justice et faits divers

La lutte au pot illégal se poursuivra après la légalisation

La légalisation du cannabis à des fins récréatives ne signifie pas que la Sûreté du Québec (SQ) en aura terminé avec la lutte contre la production illégale de cette drogue.

C’est que la légalisation s’accompagne de nouvelles infractions, de nouveaux articles de loi qui viennent complexifier le travail des policiers.

«Le cannabis est une drogue, et c’est quand même relativement simple au niveau de l’application. Vous n’avez ni le droit d’en posséder ni le droit d’en consommer, ni d’en vendre, ni d’en produire, ni d’en faire le trafic. Donc l’application est relativement simple», a expliqué le capitaine Dany Dufour, responsable du Service des enquêtes sur la criminalité contre l’État.

«Toutefois, en légalisant une substance [...], elle devient encadrée par différentes lois. Pour ce qui est du cannabis, il y aura une loi fédérale, mais également une loi provinciale. Certains règlements municipaux pourront également être appliqués dans certaines municipalités. Plusieurs nouvelles infractions, plusieurs nouveaux articles de loi vont encadrer cette substance-là. D’où l’importance de maximiser nos efforts et d’augmenter les effectifs.»

La SQ a donc annoncé mardi la création du nouveau programme ACCES Cannabis (action concertée contre l’économie souterraine), qui s’attaquera à la contrebande de cannabis à toutes les étapes de l’approvisionnement, que le produit vienne de l’intérieur du Québec ou d’un autre pays.

Le programme ciblera aussi la production illégale et toute distribution illicite, qu’il s’agisse d’un grand réseau ou de simple contrebande de quartier.

En recrutement

Le programme réunira 54 nouveaux employés, notamment des policiers, mais aussi des analystes et autres employés civils, a indiqué Dany Dufour.

«On est en période de recrutement, qui va bon train, donc on sera opérationnel pour le 1er octobre», a-t-il ajouté.

De ce nombre, trois équipes mixtes composées de policiers de la SQ et de services de police municipaux ont été mises sur pied. Les interventions se feront sur l’ensemble du territoire québécois de même qu’en ligne.

«La contrebande en ligne sera un axe d’attaque important. La cybercriminalité est une priorité organisationnelle à la Sûreté du Québec depuis plusieurs années, et ce, dans différents types d’activités illicites, donc on aura également des ressources qui seront spécifiquement attitrées à la contrebande de cannabis en ligne», a souligné le capitaine Dufour.

Malgré l’entrée en vigueur de la Loi sur le cannabis, le 17 octobre, certaines activités demeureront des infractions criminelles ou pénales, comme la production, la possession dans un but de trafic, la vente sur le marché noir, l’importation et l’exportation.

La Loi encadrant le cannabis adoptée par le gouvernement du Québec interdit par ailleurs la culture de cannabis à des fins personnelles.

Justice et faits divers

Deux ans moins un jour pour la chauffarde Cynthia Gaulin

Cynthia Gaulin a été condamnée à deux ans moins un jour de prison pour avoir conduit en état d’ébriété et causé la mort de son amie Valérie Gagné en octobre 2011 à Québec.

Juste avant de connaître sa peine, la jeune femme de 27 ans a offert ses plus sincères excuses à la famille de la victime. Elle a dit qu’avant ce jour, elle se sentait incapable de leur parler. 

Cynthia Gaulin a précisé qu’elle pensait tous les jours à Valérie et s’était fait tatouer dans le dos un ange en son honneur.

Avec un taux d’alcoolémie de près du double de la limite légale, Cynthia Gaulin a perdu le contrôle d’une petite Fiat 500 près du Colisée de Québec. Sa passagère Valérie Gagné est morte sur le coup. Cynthia Gaulin avait quitté la scène.

Le juge Jean-Paul Decoste de la Cour du Québec estime sincères les remords de l’accusée et tient compte de son mode de vie sain et de son faible risque de récidive.

Le juge Decoste ne donne pas de crédit sur la peine à l’accusée parce qu’elle a dû attendre sept ans l’issue des procédures judiciaires. Elle a d’abord été acquittée lors d’un premier procès et a vu la Couronne porter la décision en appel.

«Ce n’est pas une circonstance atténuante, mais nous sommes d’avis que nous ne pouvons pas ne pas en tenir compte», a dit le juge Decoste.

La suggestion de peine de quatre ans de la Couronne est trop sévère et celle de la défense de 12 mois, trop clémente, évalue le juge.

Le magistrat a placé à 24 mois moins un jour la peine appropriée avec une interdiction de conduire de trois ans à l’issue de la peine de détention.

Justice et faits divers

Centre de soutien l’appart à Lévis: l'intervenant agressé raconte

Deux coupures sur le ventre, une sur le bras. Si la lame du couteau s’était rendue plus loin, Jimmy Côté aurait pu y laisser sa peau

M. Côté, 21 ans, est technicien en travail social à L’Appart, un centre de soutien à la réinsertion sociale de Lévis qui offre des appartements supervisés aux gens qui ont des problèmes de dépendance. Dimanche, il a tenté de convaincre un résident de se rendre dans un centre hospitalier.

«Toute la journée, il avait des comportements bizarres. Mon but, c’était de l’amener à l’hôpital pour se faire aider. J’essayais qu’il y aille de lui-même», raconte l’intervenant.

Le résidant de 21 ans présentait un «comportement bizarre», décrit Jimmy Côté. Il avait uriné dans la salle de lavage. Et il lui faisait des avances sexuelles de plus en plus insistantes. «Il essayait de me pogner le cul. Il m’a dit : “On va faire l’amour, je suis pu capable.”»

Jimmy Côté a mis ses limites, lui a dit qu’il n’acceptait pas ce genre de commentaires.

Durant l’après-midi, il a accompagné le résident au téléphone, afin que celui-ci appelle Info-Social 8-1-1, le pendant d’Info-Santé pour les problèmes psychosociaux. M. Côté aurait souhaité que l’homme de 21 ans puisse parler à un professionnel du service afin qu’un tiers puisse aussi lui conseiller de se rendre à l’hôpital.

«On a attendu une demi-heure et on n’a pas eu de réponse, alors on a fini par raccrocher», dit l’intervenant.

Puis, vers 14h50, Jimmy Côté s’est rendu dans l’appartement du résident pour voir ce qu’il comptait faire.

C’est à ce moment que le suspect s’en est pris au technicien en travail social avec un couteau de cuisine. M. Côté a réussi à se protéger, évitant que le couteau lui transperce le ventre. Il n’a eu que trois coupures mineures.

Il s’est sauvé dans le bureau des intervenants, qui se verrouille automatiquement.

Le technicien en travail social «a réussi à prendre la fuite, amenant l’arme avec lui, et il s’est réfugié dans le bureau des employés pour appeler le 9-1-1», indique Maxime Pelletier, porte-parole de la police de Lévis.

«L’agresseur l’a poursuivi et il a tenté d’entrer dans le bureau, sans succès. Il a causé des dommages dans le hall d’entrée et a exhibé ses parties génitales à la fenêtre du bureau des intervenants», poursuit M. Pelletier.

Les policiers sont arrivés rapidement sur place. Le suspect les a menacés de mort et aussi mentionné vouloir incendier l’immeuble, indique le porte-parole.

Le suspect, Estebann Labonté Verner, a été accusé de tentative de meurtre, lundi, au palais de justice de Québec. Il a aussi été accusé de tentative de meurtre et de non-respect des conditions de probation. 

Jimmy Côté dit qu’il n’a pas appelé la police pour dénoncer son agresseur présumé, croyant qu’il n’aurait pas à se rendre jusque-là. «Je n’ai jamais senti qu’il était agressif envers moi. Quand c’est arrivé, c’était comme [sorti] de nulle part», dit-il à propos de l’attaque au couteau.

M. Côté dit qu’il a réagi à l’agression par instinct de protection, mais qu’il a réussi à retrouver son sang-froid ensuite. En se sauvant dans le bureau et en appelant le 9-1-1, il n’a pas essayé «de jouer les super-héros», en essayant, par exemple, de maîtriser lui même son assaillant, souligne la coordonnatrice clinique de L’Appart, Véronick Giroux.

Jimmy Côté n’est technicien en travail social que depuis cinq mois. Il est conscient que le genre d’agression qu’il a subie est rare dans son milieu de travail, mais que cela fait partie des risques d’une clientèle en toxicomanie.

Intervenante à L’Appart, Paulette Demers dit qu’«aucun» signe n’aurait pu permettre de prévoir que l’accusé aurait tenté de poignarder son jeune collègue. «Tout est parfait dans son intervention», le félicite-t-elle.

L’Appart a permis à de nombreux ex-toxicomanes de se réinsérer socialement, souligne Mme Giroux. Plusieurs ont repris la garde de leurs enfants, ont recommencé à étudier et se sont trouvé du travail. La coordonnatrice clinique dit n’avoir jamais été témoin d’une agression similaire dans son milieu de travail. «En 18 ans, ça ne m’est jamais arrivé!»

Malgré la tentative de meurtre qu’il aurait subie, Jimmy Côté n’a pas l’intention de changer d’emploi. Véronick Giroux l’encourage à recevoir de l’aide des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels.

Pour l’instant, M. Côté s’estime chanceux de ne pas avoir été blessé davantage. Et il a besoin de repos. «Je n’ai pas beaucoup dormi, dit-il. Mais je n’ai pas fait de cauchemar.»

Justice et faits divers

Un prof de math coupable d’abus sur une élève

Noëllie Agboton était amoureuse de son prof de mathématiques, Richard Robitaille. Pour la première fois depuis son arrivée au Québec, l’adolescente originaire du Bénin se sentait aimée, se trouvait belle. Elle ne savait pas encore les profondes marques que cette idylle interdite allait laisser.

Richard Robitaille, 64 ans, un enseignant retraité vivant dans le quartier Lac-Saint-Charles à Québec, a plaidé coupable lundi à une accusation d’incitation à des contacts sexuels. La Couronne a retiré l’accusation d’agression sexuelle.

Noëllie Agboton, 39 ans, qui travaille comme mannequin et comédienne, ne sait pas encore si ce plaidoyer de culpabilité est une bonne chose pour elle. Sans filtre, avec une rage au cœur toujours sur le point de déborder, Noëllie se raconte.

À l’âge de neuf ans, elle quitte le Bénin, en Afrique de l’Ouest. Toute sa famille arrive au Canada comme réfugiés politiques.

Frappée à la maison, Noëllie devient une adolescente rebelle, faisant des allers-retours entre des familles d’accueil et son foyer. À 14 ans, elle étudie dans une classe de cheminement particulier à la polyvalente de Loretteville (aujourd’hui école secondaire Roger-Comtois).

Elle rencontre Richard Robitaille, âgé à ce moment de 40 ans, qui lui enseigne les mathématiques et devient son professeur titulaire. L’enseignant est doux, lui parle gentiment et l’invite à dîner dans des restaurants.

Robitaille montre à son étudiante des photos de sa femme, haïtienne, en bikini. Noëllie, qui endure les quolibets racistes, est touchée que son professeur apprécie les femmes noires.

Justice et faits divers

Conductrice ivre coupable: la Couronne réclame une peine de quatre ans pour Cynthia Gaulin

Sept ans après le drame, Cynthia Gaulin nie toujours que c’est l’abus d’alcool qui lui a fait perdre la maîtrise d’une voiture et tuer sa passagère. La poursuite réclame une peine de quatre ans de prison pour cette accusée qui, dit-elle, a peu cheminé. La défense estime que 12 mois de détention, tout au plus, sont nécessaires.

Une très longue cause de conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool tire à sa fin.

Cynthia Gaulin, 27 ans, saura mardi quelle peine elle devra purger pour avoir conduit la petite Fiat louée par son conjoint et causé la mort de son amie Valérie Gagné, 24 ans.

Cynthia Gaulin part acheter des cigarettes au cours d’un party, le 8 octobre 2011. La jeune femme n’a jamais conduit de véhicule et n’a pas de permis.

Elle roule trop vite sur l’avenue du Colisée et ne réussit pas à négocier un virage près du boulevard Hamel. Une roue avant de l’auto percute violemment le trottoir. La petite Fiat dérape puis fait un tonneau.

Partiellement éjectée du véhicule, la passagère Valérie Gagné meurt quelques minutes après l’accident.

Cynthia Gaulin va quitter la scène lorsque des policiers demandent à tout le monde de s’écarter.

Acquittée de l’accusation de conduite avec les capacités affaiblies ayant causé la mort lors d’un premier procès, Cynthia Gaulin a finalement été déclarée coupable en juin.

Pour la procureure de la Couronne Me Geneviève Bédard, Cynthia Gaulin mérite une peine de détention de quatre ans, avec une interdiction de conduire de cinq ans.

Vrai que la jeune femme est sans antécédent judiciaire, bien entourée et dénuée d’une personnalité criminelle. Mais encore faut-il qu’elle soit consciente que, pour le reste de sa vie, elle ne pourra pas boire et conduire, ajoute la procureure.

«Elle continue de dire encore aujourd’hui que même à un taux d’alcoolémie de 0,15 à 0,18, elle, elle était correcte pour conduire», fait remarquer Me Bédard.

En raison du bon rapport prédécisionnel et de l’écoulement du temps, l’avocat de Cynthia Gaulin, Me Sébastien Saint-Laurent, estime qu’une peine de 12 mois de détention est adéquate. «Ça peut paraître clément, mais ce n’est pas non-indiqué», soutient l’avocat de défense.

Conductrice muette

Jamais, en sept ans de procédures, la conductrice ne s’est adressée à la famille de Valérie Gagné, toujours présente en salle d’audience, pour exprimer ses regrets.

«J’aurais aimé ça qu’elle s’exprime», confie la grand-mère de la victime, Liliane Belleau. «Encore là, elle n’a rien à dire.»

L’avocat de Cynthia Gaulin a dit que sa cliente parlera «probablement» lorsqu’elle sera invitée à le faire par le magistrat.

À l’agente de probation qui l’a rencontrée durant l’été, Cynthia Gaulin a dit penser tous les jours à son amie Valérie et vivre un profond malaise d’être responsable de la mort d’une personne. Elle se disait consciente de la douleur causée aux proches de la victime.

Liliane Belleau, elle, avait une chose à dire au juge Jean-Paul Decoste. «Je demande la justice pour la famille», répétera l’octogénaire, quatre fois plutôt qu’une.

Justice et faits divers

Corps retrouvé dans la Saint-Charles: l'identité de la victime dévoilée

Le corps qui a été retrouvé sur les berges de la rivière Saint-Charles, à la hauteur de la White Birch, lundi, est celui de Jean-Marie Drapeau.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a dévoilé ce matin l'identité de la victime. 

«L’enquête tend à démontrer qu’aucune incidence criminelle ne serait liée à son décès», indique le porte-parole de la police de Québec, David Poitras.

Lundi, la police avait reçu un appel vers 13h10 pour signaler la présence du corps à la hauteur de la White Birch.

Le SPVQ confirme qu'il s'agit du corps aperçu mercredi dernier dans la rivière Saint-Charles.

Rappelons que le SVPQ avait demandé l'aide de l'unité nautique du Service de prévention contre les incendies de la Ville de Québec pour effectuer des recherches dans la rivière mercredi et jeudi derniers. Ces recherches n'avaient toutefois pas abouti.

Les pompiers de Québec avaient été alertés par un citoyen, mercredi vers 10h30. Celui-ci avait mentionné avoir aperçu un corps dans la rivière à la hauteur du viaduc de l’autoroute Dufferin-Montmorency.

Justice et faits divers

Un iPad oublié aide à retrouver une voiture volée

Les policiers ont arrêté le suspect d'un vol de voiture, lundi matin, grâce à un iPad oublié dans l'habitacle et à un service de géolocalisation dans le véhicule.

Vers 9h15, un citoyen de Lévis a appelé la police pour signaler le vol de sa voiture sur la rue Napoléon, dans le secteur de Lauzon.

Lorsque le policier s'est rendu sur les lieux du vol, le citoyen s'est aperçu qu'il avait laissé son iPad dans la voiture volée. «Avec l'application de localisation, ils ont pu localiser l'appareil», relate Maxime Pelletier, porte-parole de la police de Lévis. 

La zone délimitée était cependant floue. Et le propriétaire du véhicule d'entreprise a utilisé un autre appareil de géolocalisation qui se trouvait dans sa voiture pour situer plus précisément l'emplacement du véhicule volé. 

À un moment, les policiers de Québec ont été appelés en renfort, car le suspect roulait vers la capitale. Mais celui-ci est revenu vers Lévis.

Il a finalement été intercepté sur l'autoroute 20, à la hauteur de l'avenue Taniata, par des policiers de Lévis à moto. Le suspect ne s'est pas opposé à son arrestation. 

Le propriétaire pourra maintenant retrouver son véhicule... et son iPad.