Jusqu'à 25% de rues conviviales à Québec

Près du quart des rues résidentielles de la Ville de Québec pourront perdre un peu d'espace pour les voitures au profit des marcheurs, des cyclistes et des espaces verts, question de les rendre plus conviviales. 
S'inspirant des villes comme Boston, Chicago ou Ottawa, l'administration Labeaume souhaite rétrécir certaines voies de circulation résidentielles pour faire plus de place à la vie de quartier. Comme elle l'a fait par exemple dans le projet-pilote de la rue du Pont, dans Saint-Roch. La rue est devenue un sens unique pour les automobilistes, mais a gagné de la verdure, de larges trottoirs et une piste cyclable. 
Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif, explique que la Ville devait commencer à agir en ce sens en utilisant des projets-pilote. «On est maintenant prêts à déployer ça à une plus grande échelle», a-t-elle lancé. 
En comité plénier à l'hôtel de ville jeudi, la Ville a dévoilé un nouvel outil de cartographie dont elle se servira pour planifier quelles rues peuvent être transformées en rues conviviales et à quelle échéance elle pense pouvoir le faire.
Le maire Régis Labeaume a soutenu que les décisions seront prises de façon rationnelles, par l'administration, selon l'état de désuétudes des infrastructure souterraines. «Ce ne sera pas une opération politique [...] Sinon, on va tomber dans le discrétionnaire et le favoritisme», a-t-il averti. 
En septembre, la Ville dévoilera aux citoyens le catalogue des toutes les rues qui ont un potentiel pour devenir conviviales. Les résidants pourront alors avoir accès à une carte interactive et seront consultés dans ces projets de réaménagement, promet la Ville. 
Le maire Régis Labeaume a précisé qu'il ne s'agissait pas d'une opération «contre l'automobile» et que les rues conviviales ne sont pas un concept qui peut voir le jour sur les grands boulevards, par exemple le boulevard Laurier. Il s'agit plutôt de transformer les plus petites artères.
Sens uniques
Est-ce dire que Québec comptera dorénavant beaucoup plus de rues à sens unique? «Ça peut arriver. Parfois c'est nécessaire, parfois ça ne l'est pas», répond Mme Lemieux. La conseillère explique que les décisions seront prises au cas par cas. Certaines rues sont très larges et ne nécessitent pas que l'on supprime une voie de circulation ou des stationnements. Sur d'autres rues, les résidents doivent être prêts à faire certains «sacrifices» s'ils veulent qu'elle devienne plus conviviale. «Sur le coup, les gens sont un peu frileux [à perdre une voie ou des stationnements], mais finalement à l'usage, ils se rendent compte que c'est pas la fin du monde», indique Mme Lemieux. 
Pour le maire Régis Labeaume, il est clair que la question d'embellir les rues et de faire plus de place aux marcheurs, aux cyclistes et au transport en commun fera partie de la prochaine campagne électorale. «Aux élections, on va prendre des engagements très précis là-dessus», a-t-il lancé. Des engagements en ce qui a trait au nombre de kilomètres de rues à transformer, dans quel secteur de la ville, et à quel coût. Julie Lemieux précise toutefois que comme les travaux se feront dans des rues qui sont de toute façon arrivées à la fin de leur vie utile, parfois, les investissements ne sont pas énormes pour en changer le concept. 
«Les prochaines élections porteront beaucoup sur le raffinement de la qualité de vie», promet M. Labeaume. En plus des rues conviviales, l'élu fera des propositions sur l'aménagement des rivières en milieu urbain, l'embellissement des ruelles et l'implantation de jardins communautaires. 
L'opposition au conseil de ville a applaudi cette initiative de verdir une grande quantité de rues de Québec. «Nos idées font du chemin!» s'est exclamée Anne Guérette, chef de Démocratie Québec, en rappelant que le parti avait soumis une proposition en ce sens à la Ville en 2014, qui avait été rejetée à l'époque.